Le peuple libanais face à Bush et ses laquais (1/2)

lundi 18 décembre 2006
par  El Houssine
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Le Liban traverse une période cruciale de son histoire. Ce qu’il vit, actuellement, résulte, en bonne partie, des épisodes ayant jalonné son parcours depuis les premières années de son indépendance. De par sa nature multiconfessionnelle conjuguée aux convoitises des états colonialistes et de l’état sioniste, ce pays a toujours été la proie des luttes entre les tenants du projet impérialiste et sioniste d’une part et les forces nationalistes et panarabes d’autre part. Et ce sur le fond d’un équilibre arbitraire des forces hérité du temps de la colonisation française en faveur de la communauté chrétienne et aux dépens des autres communautés confessionnelles et se basant sur le recensement de la population de 1943. C’est dire combien ce legs colonialiste est anachronique par rapport à la réalité libanaise en ces débuts du 21ème siècle.

Malgré toutes ces injustices, la coalition américano – franco - sioniste et ses alliés se complaisent dans leurs attitudes foncièrement colonialistes pour présenter la question libanaise sous les aspects d’une lutte entre les « légitimistes » et ceux qui contestent la légitimité du gouvernement institué selon les préceptes colonialistes d’antan. Au lieu d’œuvrer en sorte qu’il y ait une certaine actualisation de la représentation politique conformément aux données réelles de la société libanaise, cette coalition s’acharne, en fait, à pérenniser les équilibres confessionnels légués par le colonialisme français. Pour voiler leurs desseins, ils essayent de contourner le fond du problème en scandant « en chœur » les mêmes assertions quant à un « complot » au profit de la coalition pro - syrienne. Un tel discours, sur la forme et sur le fond, n’est, en vérité, qu’un paravent masquant les objectifs de cette coalition hétéroclite. Il rime à disculper toute cette pagaille d’états sur ces véritables intentions. Il n’y a pour cela qu’à s’interroger sur les mobiles qui incitent les USA, la France, Israél, l’Arabie Séoudite, l’Egypte, la Jordanie, … à s’accrocher au gouvernement en place au Liban. Il va sans dire que chacun de ses états a ses raisons et ses intérêts propres qui justifient son soutien à ce gouvernement. Pourtant, tous ces états évitent d’étiqueter ce gouvernement qu’ils soutiennent de pro – américain, de pro – français, de pro – sioniste, de pro – séoudien, … alors qu’ils s’empressent de taxer l’opposition nationale libanaise de pro – syrienne.

Que veulent Bush et ses laquais nous faire croire ? Qu’ils s’alignent sur ce gouvernement rien que « pour les beaux yeux » du Liban ? Que leur alignement se justifie seulement par leur attachement aux principes démocratiques ? Ce sont là des couleuvres vraiment difficiles à avaler ! Dans un cas comme dans l’autre, leurs justifications ne tiennent pas debout et des gens comme Bush, Chirac, Olmert, … ne peuvent aucunement convaincre l’opinion publique internationale de leur « innocence » face aux événements qui se déroulent au Liban.

Les libanais et tous les humains épris de paix et de justice vont – ils de sitôt oublier que Bush, par l’entremise du sioniste Bolton second bouc émissaire et de Rice, a fait tout ce qui est en son possible pour prolonger la guerre d’agression sioniste sur le Liban tout en dotant l’armée sioniste d’armes sophistiquées et tout en ayant connaissance de l’intensité des massacres des vies humaines et des destructions perpétrées par les sionistes ? Tout le monde se rappelle les paroles qu’a proférées Rice au sujet des douleurs annonciatrices du Nouveau Moyen Orient avec une telle froideur caractéristique de cette espèce d’inhumains aux cœurs de pierres. Dans le temps, le sort du Liban n’entrait pas en ligne de compte. Tout ce qui importait est d’apporter tous les appuis à l’état sioniste en répétant, à chaque fois, que « Israél a le droit de se défendre ». Peut être que Bush et son gang, en agissant de la sorte et en donnant le feu vert à l’état sioniste pour mettre le Liban à feu et à sang, entendaient préparer le terrain à la consécration de l’hégémonie sans partage du gouvernement libanais actuel sur les décombres du Liban. Il se trouve que le cours des opérations militaires a mal tourné, que l’armée sioniste a subi de lourdes pertes humaines et en matériel et que l’état sioniste a subi, en fin de compte, un échec cuisant. Ce qui a amené Bush et ses laquais à précipiter l’arrêt de la guerre pour sauver leur cher « ami » Israél. La débandade de l’état sioniste est synchrone de l’avortement du projet du Nouveau Moyen Orient. Les effets de cet échec ont, bien entendu, été ressentis par le gang Bush, l’état sioniste et le gouvernement libanais en place qui est sorti affaibli par cette guerre d’agression sioniste précisément à cause de ses déclarations, au tous débuts de l’offensive sioniste, dans lesquelles il accusait la résistance libanaise d’avoir déclenché les hostilités. L’opinion publique libanaise doit se remémorer aussi le déjeuner de l’équipe gouvernementale avec Rice alors que le Liban était martyrisé par les armes américaines. De ce point de vue, le soutien de l’administration américaine au gouvernement en place s’explique aisément du fait que si elle perd une telle équipe « modérée » et collabo s’entend, il y a de fortes chances que les prochains gouvernements au Liban veuillent « casser la baraque » et fondent leurs relations avec le gang Bush sur d’autres bases plus indépendantistes et moins asservissantes vis-à-vis de cette administration déclinante.

Pour les gouvernants français, ces nostalgiques du colonialisme, la tutelle sur le Liban demeure un leitmotiv qu’ils ne sont pas en mesure d’oublier. Ils ne peuvent, aucunement, voir le Liban échapper à leur prise surtout que cette puissance tutélaire qu’est la France a d’abord vu naître « le petit Liban » et l’a « couvé » pour devenir « son protecteur » après les accords de Sykes – Picot. De ce fait, pour les gouvernants français, il est inacceptable que certaines forces politiques patriotiques s’élèvent contre cette réalité qu’elles doivent, au contraire, considérer comme un fait accompli et immuable. Toute contestation du « protectorat » français ne peut que s’intégrer dans la case des « péchés » impardonnables que les gouvernants français ne sont pas prêts de digérer. Par ailleurs ce qui est choquant, dans ce soutien gouvernemental français qui ne prend pas en considération les intérêts de la France, s’avère être que le président français fait de l’appui au gouvernement libanais en place une question personnelle parce qu’il en va du sort du clan de la famille de son défunt ami Rafik Hariri. Ce qui laisse planer le doute sur le sérieux de la position française. Par ailleurs, pour bien prouver leurs bonnes intentions et montrer que ce qui leur tient à cœur est l’indépendance du Liban, les gouvernants français n’ont qu’à montrer qu’ils optent vraiment pour le choix de la défense du Liban. Pour cela, il ne s’agit, ni plus ni moins, que d’obliger l’état sioniste à arrêter les survols continuels de ses avions militaires violant l’espace aérien du Liban sans parler des provocations auxquelles sont soumises leurs propres troupes, stationnées dans ce pays dans le cadre de la Finul, par l’aviation sioniste. Ainsi, les gouvernants français donneront la preuve qu’ils assument leurs responsabilités en matière de veiller à la non violation des articles de la résolution 1701. Agir dans ce sens parait bien loin de la protection du Liban et bien loin, également, des prises de position courageuses du général De Gaulle qui a osé tenir tête à Israél pour défendre le Liban en 1968. Ainsi, comme l’écrit Alain Gresh : « parmi les premières cibles de l’opération d’« autodéfense » israélienne, l’aéroport civil de Beyrouth.

L’histoire se répète. A la fin de l’année 1968, alors que le Proche-Orient ne se remettait pas de la guerre de juin 1967, la résistance palestinienne s’organisait. Le Front populaire pour la libération de la Palestine, un groupe radical, attaquait, le 26 décembre 1968, sur l’aéroport d’Athènes, un appareil d’El-Al, tuant un officier israélien à la retraite. Un des membres du commando était originaire du Liban et l’opération fut revendiquée à partir de ce pays. Deux jours plus tard, un commando israélien détruisait treize avions de ligne sur l’aéroport international de Beyrouth. Le Conseil de sécurité condamna à l’unanimité cette action et demanda à Israël de payer les dégâts, ce qu’il ne fit jamais. La France déclara que le principe des « représailles » était inacceptable et le général de Gaulle décréta l’embargo sur les armes à destination d’Israël, refusant de livrer 50 Mirages qu’Israël avait déjà payés. Le communiqué du conseil des ministres français du 8 janvier observait : « On a fait la comparaison entre l’attentat d’Athènes contre un avion israélien et l’opération contre l’aéroport de Beyrouth : en fait, ces deux opérations n’étaient pas comparables. A Athènes, il s’agissait d’un coup de main organisé par des hommes appartenant à une organisation clandestine. A Beyrouth, l’opération a été montée par un Etat avec son matériel militaire, en particulier des Super-Frelon et des Alouettes de fabrication française contre des installations civiles d’un autre Etat. » Et le gouvernement n’hésita pas à mettre en cause « les influences israéliennes [qui] se font sentir d’une certaine façon dans les proches milieux de l’information ». En ce temps là, le gaullisme ne mâchait pas ses mots »(1). De nos jours, les gouvernants français ne ripostent même pas aux provocations auxquelles sont confrontées leurs troupes militaires par les sionistes de peur de nuire à leurs relations avec l’état sioniste. Devant ce tableau démuni de toute teinture gaulliste, le Liban ne peut aucunement s’attendre à être défendu par l’état français surtout que ses gouvernants sont devenus les échos de leur seigneur Bush pour qui Israél constitue le seul « pays ami » fiable dans la région.


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