Le peuple libanais face à Bush et ses laquais (2/2)

mardi 19 décembre 2006
par  El Houssine
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Quant à l’état sioniste, ses convoitises territoriales, depuis des décennies, sont de notoriété publique. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à se souvenir des guerres fomentées contre le Liban pour occuper la partie sud de ce pays jusqu’au fleuve Litani. La preuve en est qu’Israél occupe, toujours, les fermes de Chebaa et d’autres territoires qu’il n’a pas encore quitté contrairement à ce que stipule la résolution 1701 du conseil de sécurité de l’ONU.

Alors qu’on ne vienne pas nous raconter des balivernes sur le bien fondé d’un quelconque soutien qui prenne en considération les intérêts du Liban de la part de l’état sioniste. Ce dernier, rongé par son expansionnisme viscéral, ne voit pas d’un bon œil l’avènement d’un gouvernement libanais soucieux de veiller à l’indépendance, à la souveraineté et à la dignité de son pays et disposé à dégager sa patrie du giron américano – franco - sioniste. Au contraire, l’état sioniste ne cache pas ses préférences pour le gouvernement en place qu’il ne s’arrête jamais de louer même pendant la dernière guerre d’agression d’Israél sur le Liban. Les dirigeants sionistes ont maintes fois dit et répété qu’ils n’ont aucun problème avec le gouvernement et qu’ils n’en ont qu’avec le Hizbollah et la résistance du peuple libanais. Pire encore, ces derniers temps, le conseil de sécurité restreint d’Israél s’est réuni pour discuter des modalités de soutien au gouvernement libanais en place contre l’opposition nationale libanaise. Ceci sans parler du suivi quotidien de l’évolution de la situation au Liban. Toutes ces préoccupations quotidiennes ne peuvent que soulever des doutes quant à ce qui fait courir l’état sioniste qui n’arrête pas de clamer ouvertement qu’il se creuse les méninges pour apporter son soutien au gouvernement libanais en place.

Pour ce qui est des dirigeants d’Egypte, d’Arabie Séoudite et de Jordanie, il suffit d’avoir en mémoire les positions de ces gouvernants lors de la guerre d’agression de l’état sioniste sur le Liban en juillet – août 2006 et, en particulier, leur attachement à entonner ensemble des propos semblables à ceux propagés par Israél au sujet de la partie responsable du déclenchement des hostilités. Ce qui revient à dire que « Israél a le droit de se défendre » comme l’a voulu leur seigneur Bush. Pour ces gouvernants, c’est bien connu, leur prise de position se confond à celle de Bush qui les qualifie d’états « modérés » alors que tout un chacun sait combien ces gouvernants sont éloignés des principes et des pratiques démocratiques et que, dans le jargon du gang Bush, ce qualificatif de « modéré » ne peut être compris qu’en tant que gouvernants pro - américains. Par conséquent, il n’est pas surprenant de découvrir ces gouvernants parmi les gouvernants ligués contre l’opposition nationale libanaise. Ainsi, comme ils se sont opposés à la résistance libanaise contre l’agression sioniste, ils s’opposent, maintenant au peuple libanais qui se mobilise pour un gouvernement d’union nationale. Ce positionnement n’a rien d’étonnant. Ces gouvernants ne sont là que pour renforcer les positions du gang Bush et ses laquais.

Tous ces gouvernants cités précédemment et d’autres encore d’Italie, d’Allemagne, d’Angleterre, … entonnent en chœur qu’ils soutiennent le gouvernement en place « élu démocratiquement ». D’autre part, ils considèrent que le mouvement populaire d’opposition n’est, en tout et pour tout, qu’un « complot » contre la clique gouvernementale. En prenant de tels parti – pris, ces gouvernants ne sont concernés ni par la démocratie, ni par les intérêts du peuple libanais, ni par les intérêts supérieurs de la nation libanaise. Sinon, comment osent – ils parler d’un gouvernement élu démocratiquement alors que sa première trouvaille est de mettre fin aux activités du conseil constitutionnel en tant qu’institution constitutionnelle ayant comme attributions de statuer sur le caractère démocratique ou non des élections ? En prenant une telle initiative, le gouvernement libanais en place a tout simplement voulu mettre un terme aux soupçons planant sur la véracité de ces soit – disantes élections démocratiques qui ont accouché de ce gouvernement. De toute façon, l’enjeu, aujourd’hui, n’est pas tellement de dire que ce gouvernement est élu démocratiquement ou non. Il réside, plutôt, dans sa nature antidémocratique, anticonstitutionnel et antipopulaire étant donné que le partage du pouvoir se base des accords consensuels entre les différentes communautés confessionnelles et politiques au Liban en conformité avec la charte de la vie commune.

Le problème est que le groupe du 14 mars est ultra – majoritaire(20 membres) dans le gouvernement en place alors que les équilibres au parlement sont de 55 % pour ce groupe et 45 % pour l’opposition. Sur le plan constitutionnel, avec la démission des membres de l’opposition, le gouvernement en place perd sa légitimité puisque l’une des communautés(les Chiites), d’environ 40 % de la population, n’est pas représentée. En ce qui concerne la popularité de ce gouvernement, les rassemblements du peuple libanais, mobilisant des millions de libanais des diverses confessions et courants politiques, témoignent, s’il en est besoin, du crédit populaire dont jouit l’opposition nationale libanaise et du discrédit envers ce gouvernement. Ce sont ces rassemblements qui font enrager les gouvernants soutenant le gouvernement en place qui ne se lassent pas de lui signifier, quotidiennement, leur protection de peur que ces raz – de – marée humains ne l’emportent. A ce niveau, les gouvernants occidentaux, plus spécifiquement, dévoilent leurs desseins hypocrites.

D’un côté, ils complotent pour mettre en marche ce qu’ils appellent les « révolutions oranges » en Ukraine, … De l’autre, lorsque des millions de libanais se soulèvent pour réclamer un gouvernement d’union nationale, ces dirigeants ne donnent aucune importance à ce soulèvement populaire et s’accrochent à leur gouvernement « élu démocratiquement » impopulaire. En s’en tenant à l’adage populaire arabe « suis le menteur jusqu’à la porte de la maison », on est en droit de poser à ces dirigeants cette question : pourquoi soutenez – vous le gouvernement « élu démocratiquement » au Liban mais pas le gouvernement élu démocratiquement en Palestine ? Tout ceci démontre la côte d’hypocrisie dans laquelle baignent ces dirigeants occidentaux qui n’ont aucune honte à appeler démocratique ou légitime ou constitutionnel ou populaire ce qui ne l’est pas au service de leurs propres intérêts. Ces dirigeants hypocrites nous assourdissent par leurs paroles démagogiques sur la bonne gouvernance et ses bienfaits. Il se trouve que, ici également, le gouvernement libanais en place est perdant. Le président de ce gouvernement ne peut être « apprécié » en matière de gouvernance que de lamentable au vu des dettes qui s’élèvent à plus de 40 milliards de dollars et que le Liban a accumulées quand cette même personne détenait le poste ministre des finances pendant 15 ans. C’est ce qui a fait dire à Michel Aoun, président du courant patriotique libre, qu’avec de tels records le président du gouvernement est un génie que les libanais peuvent offrir comme cadeau à Bush et à ses laquais !

Bush et ses laquais ont beau mentir comme à leur habitude en essayant de ternir l’image de l’opposition nationale libanaise et en exerçant toutes leurs pressions pour consacrer le gouvernement en place, ils finiront par se plier aux revendications du peuple libanais relatives à un gouvernement national unifié. Car le peuple libanais, qui a mis fin au mythe de « l’armée invincible » d’Israél, est capable de mettre en échec les plans de cette alliance anti – libanaise.

1 - Alain Gresh, Quand la France défendait le Liban, Le Monde diplomatique, Vendredi 21 juillet 2006.


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