De la précarisation à la paupérisation

samedi 15 septembre 2007
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Le 28 septembre, quatre précaires sont convoqués au tribunal
correctionnel de Bobigny. Quatre parmi tous ceux qui, un soir de 2003
s’étaient invités à la Star Academy, pour dénoncer la réforme de
l’assurance chômage et notamment celle des annexes concernant les
intermittents du spectacle.

En ce même mois de septembre, la « réforme » est toujours à l’ordre du
jour, le MEDEF et les syndicats dits représentatifs se réunissent à
nouveau chaque semaine à l’UNEDIC.

Depuis 2003 la « réforme » n’a cessé de s’étendre.

A l’époque, on intimait aux chômeurs de ne pas se solidariser avec les
intermittents du spectacle, et la présidente de l’UNEDIC comme le
gouvernement expliquaient sur TF1 que la destruction des annexes 8 et 10
permettrait de mieux indemniser les chômeurs du régime général.

Entre 2004 et 2006, la « réforme » , cette fois , par le biais de la loi
instituant notamment le RMA, puis par une nouvelle convention
d’assurance chômage, détruisait un peu plus l’accès à l’indemnisation
chômage, et tentait d’imposer à ceux qui en sont exclus, déjà réduits
aux minima sociaux, des emplois non choisis et sous payés. Sans
interruption et notamment sur TF1, les ministres, les dirigeants du
MEDEF et de la CFDT intimaient aux salariés d’applaudir ces réformes qui
ne visaient, selon eux, qu’à alléger leurs épaules du poids de ces
millions de demandeurs d’emploi qu’il était urgent de moins indemniser
pour qu’ils aillent travailler plus.

En cette rentrée 2008, cette fois la « réforme » concerne l’ensemble des salariés, en emploi ou au chômage, en CDI ou pas.

Ce qui se décide, cette fois ce n’est pas seulement la fusion entre
l’ASSEDIC et l’ANPE, mais aussi ce qui va advenir de l’ensemble des
droits afférents au contrat de travail.

Il sera cette fois bien difficile au MEDEF , au gouvernement ou à la
CFDT , même invités toutes les semaines au 20H d’aller convaincre les
millions de concernés par cette nouvelle offensive que cela ne les
regarde pas. Alors il est d’autant plus urgent de faire taire tous ceux,
chômeurs, précaires, salariés, intermittents ou pas qui n’ont pas
renoncé , toutes ces années à défendre, ensemble et pour tous, le droit
de vivre décemment avec ou sans emploi.

Ce procès qui intervient quatre ans après les faits, comme les
poursuites engagées par la CFDT contre des précaires qui ont osé
protester publiquement contre la destruction de leurs droits entérinée
par la convention UNEDIC de 2006, n’ont qu’une raison d’être : intimider
, par la répression qui s’abat sur quelques uns, les millions d’autres
qui pourraient bien s’aviser qu’il est grand temps, effectivement,
d’éteindre la télé….

Nous n’étions pas tous à la Star Ac, ce soir de 2003, mais nous sommes
nombreux à nous être pour une fois reconnus à l’écran, ou le réel , nos
précarités et nos luttes, a fait enfin irruption dans le flot des mythes
nauséabonds dont les médias nous inondent , du privilégié intermittent
ou fonctionnaire à l’assisté et au profiteur,

Nous appelons donc à être tout aussi nombreux à exiger la relaxe des
quatre inculpés le 28 septembre.

A tous ceux qui nous veulent spectateurs passifs de la destruction de
nos droits, venons rappeler que nos révoltes sont, elles, loin d’être
éteintes.

Plus d’infos
http://www.cip-idf.org

Pétition en ligne ici


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