Le GSM "est" (?) cancérigène

mercredi 29 octobre 2008
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Les premiers résultats de la plus grande enquête épidémiologique jamais menée à ce jour confirment qu’à long terme, le portable nuit à la santé. Des résultats inquiétants qui doivent encore être confirmés. Le risque cancérigène serait « significativement accru » pour ceux qui utilisent un GSM depuis plus de dix ans. « L’usage du GSM peut nuire à la santé »…

Par Christophe Schoune

(Photo Thienpont)

Ce raccourci paraît aujourd’hui davantage conforté par la publication partielle des nouveaux résultats de l’étude Interphone [1]. Conduite par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), l’étude, menée dans treize pays industrialisés, établit la relation entre certaines tumeurs et l’usage régulier des téléphones portables. Ces résultats synthétiques, qui doivent être confirmés et nuancés à la lumière de certains biais probables, sont d’importance. Utilisant un protocole commun pour étudier quatre grands types de cancers, Interphone est la plus grande étude épidémiologique réalisée à ce jour sur le sujet.

Quelque 2.600 cas de gliomes, 2.300 méningiomes, 1.100 neurinomes de l’acoustique et 400 tumeurs de la glande parotide ont été pris en considération dans ce panel qui n’englobe pas la Belgique. À propos du gliome, le cancer du cerveau pour lequel le facteur de risque de mortalité est le plus élevé, l’étude note que « la mise en commun des données des pays scandinaves et d’une partie du Royaume-Uni a permis de dégager un risque de gliome significativement accru en relation avec l’utilisation des téléphones portables pour une période de 10 ans ou plus, du côté de la tête où la tumeur s’est développée ». Selon le récapitulatif des résultats, la probabilité de développer un tel cancer est jusqu’à 60 % plus élevée dans les pays scandinaves, de près de 100 % en France et de 120 % en Allemagne pour les utilisateurs de plus de dix ans.

En ce qui concerne le méningiome et le neurinome de l’acoustique, les résultats sont plus contrastés : « Les analyses d’ensemble des données des pays scandinaves et du Royaume-Uni n’ont mis en évidence aucun risque accru de méningiome lié à une durée d’utilisation à long terme ou intensive, poursuit l’étude, mais un risque significativement accru du neurinome de l’acoustique lié à des durées d’utilisation de dix ans ou plus du côté de la tumeur. »

Pour les tumeurs de la glande parotide, aucune augmentation du risque n’a été observée globalement. En revanche, note la synthèse, « dans l’étude israélienne, où les sujets avaient tendance à rapporter une utilisation plus intense des téléphones portables, les résultats laissent penser qu’il existe un rapport entre cet usage et ce risque de tumeurs… » Des investigations supplémentaires de cette association, avec des périodes de latence plus longue et un grand nombre d’utilisateurs intensifs, sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Résultats définitifs en 2009

« L’utilisateur régulier » ? Encore faut-il s’entendre sur une définition correcte. Et les associations qui militent pour durcir les normes ne manquent pas de relever, sur ce plan, que le profil de l’utilisateur régulier retenu dans l’étude Interphone (au moins une fois par semaine pendant six mois) minimiserait la portée de certains résultats…

Des résultats à prendre avec réserve en attendant la publication définitive, sans doute en 2009, de cette étude clef. C’est notamment sur cette base que les pouvoirs publics européens et belges en particulier devraient ajuster les normes d’exposition aux ondes électromagnétiques.

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