Un lycéen blessé par un tir de Flash-Ball attend réparation

lundi 30 juin 2008
par  Luc Douillard
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Cet article paru dans "Le Monde" daté d’aujourd’hui samedi 28 juin, page 11,
propose une lecture distanciée et tranche avec un certain climat d’intimidation locale policière, par sa mise en perspective des faits et son indépendance vis à vis des pouvoirs locaux.

N’a-t-on pas vu, tout dernièrement, cet abus manifeste : Un syndicat d’officiers de police qui obtient d’un grand journal nantais qu’un élu de la République soit honteusement accusé et humilié pour avoir exercé une prérogative pourtant parfaitement légale et légitime ? (Sa faute : ce député de gauche avait osé demandé à visiter en garde-à-vue l’instituteur dernièrement arrêté à la suite d’une manifestation syndicale devant l’Inspection académique.)

Merci de faire passer ce message.

--- article intégral ---

LE MONDE : Un lycéen blessé par un tir de Flash-Ball attend réparation

Le lycéen blessé il y a sept mois à Nantes par un tir de Flash-Ball lors d’une manifestation contre la loi Pécresse n’a pas recouvré l’usage de son oeil droit et sa famille dénonce "l’opacité" de l’enquête.

Le mardi 27 novembre 2007, la manifestation des opposants à la loi sur l’autonomie des universités était longtemps restée bon enfant : "CRS avec nous, des câlins et des bisous", ont scandé des participants. Au départ, le cortège comptait 3 500 personnes en centre-ville. Ils étaient encore un millier à avoir investi en fin d’après-midi le parc du rectorat et ses abords quand les policiers ont reçu l’ordre d’évacuer le site. La charge a
été menée de façon éclair. Dans la mêlée, un tir de Flash-Ball a blessé à l’oeil Pierre, 17 ans.

Deux opérations chirurgicales plus tard, ce jeune lycéen "a quasiment perdu son oeil", rapporte son père, Luc Douillard. "Selon les médecins, son acuité visuelle n’est plus que de deux dixièmes et seulement sur les côtés. Le fond de la rétine est abîmé de façon irrémédiable."

Convaincue qu’il y a eu "recours à la force disproportionné", la famille a déposé plainte contre X... pour "violences volontaires avec armes". L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été chargée de l’enquête. "La question est de savoir si la force employée a excédé les limites de ce qui était nécessaire, indiquait fin novembre, Martine Valdes-Boulouque, procureur de la République alors en poste à Nantes. En
l’état, rien ne permet d’affirmer qu’il y a eu des violences illégitimes de la part des policiers
."

À la demande de la famille du jeune blessé, le sénateur François Autain, rattaché au Groupe communiste républicain et citoyen, a saisi la Commission nationale de déontologie et de sécurité.

RAPPORT CONFIDENTIEL

La police des polices a rendu son rapport au début du printemps. Il demeure confidentiel. La famille du lycéen dénonce la lenteur de l’enquête. "Nous ne sommes pas dans des délais déraisonnables", rétorque un représentant du parquet de Nantes, rappelant que le nouveau procureur de la République, Xavier Ronsin, vient à peine de prendre ses fonctions. "Une décision sera prise avant la mi-juillet", assure-t-on. "Le Flash-Ball, remarque-t-on, est un instrument de dotation légale de la police. Il n’y a pas eu usage disproportionné. Les policiers ont été la cible de jets de pierres."

"L’utilisation du Flash-Ball, dans ce cadre précis, était illégale, soutient pour sa part Me Franck Boezec, avocat de la famille. La thèse de la légitime défense, énoncée par la police, est complètement dérisoire. Il n’y avait aucune situation de péril. L’évacuation était achevée, les jeunes déjà poussés vers la sortie." "Le droit de manifester est un droit légitime. On doit pouvoir en jouir sans revenir mutilé", dénonce M. Douillard. Il prévient : "Si besoin, on ira jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme pour obtenir réparation."

Yan Gauchard

Article paru dans l’édition du Monde du samedi 28.06.08


Commentaires

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Un lycéen blessé par un tir de Flash-Ball attend réparation
lundi 30 juin 2008 à 07h35 - par  Patrick MIGNARD

Ne nous faisons aucune illusion, dans l’état actuel de notre société, la Police et la Gendarmerie, deviennent un des piliers essentiels du régime. En effet,, la régulation ne se faisant plus sur le plan social,... tout étant laissé aux aléas des lois du marché, l’Etat pour maintenir la "cohésion sociale" va avoir de plus en plus recours à la répression.

Ces forces de répression dévoilent de ce fait ce qu’elles sont réellement : des mercenaires défendant un système d’inégalité et d’oppression. Le mythe ridicule de la Police/Gendarmerie soit disant "service public", tombe.

Dans cette lamentable et scandaleuse affaire, l’attitude de l’Etat est tout à fait logique : il protège ses mercenaires. Entrer, pour lui, dans une remise en question de la "probité" de ses troupes, c’est scier la branche sur laquelle il est assis.

Il y a fort à parier que ce genre d’affaires va se multiplier,... et ce n’est pas l’attitude lâche et ambiguë des syndicats de Police qui va arranger les choses.

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