Principe de précaution

dimanche 17 février 2008
popularité : 1%

Par Petaramesh

Dans notre belle ville de Lyon, la municipalité socialisse a trouvé depuis des années un bon moyen de faire entrer un peu d’argent facile dans les caisses municipales : Faire surmonter les toîts de nombreux bâtiments publics de belles antennes-relais de téléphonie mobile, ceci incluant comme de bien entendu les écoles primaires afin que nos charmants bambins soient cuits aux micro-ondes du matin au soir.

Puisqu’on vous dit que c’est pas dangereux !

Depuis plusieurs années, une poignée de parents s’en inquiétaient, devant de nombreux indices laissant à penser que ce ne serait pas si inoffensif que cela, voire même carrément dangereux.

Ces parents se sont donc renseignés sur la question, ont contacté diverses associations, (1), ont tenté des démarches auprès de la municipalité pour demander le retrait de ces antennes par mesure de précaution, informé les autres parents... et ont rencontré en face d’eux le mur d’une formidable indifférence.

Puisqu’on vous dit que c’est pas dangereux !

Quand on se mèle de ce genre de combat, on a l’impression de passer aux yeux d’autrui pour un technophobe rétrogrado-paranoïaque voyant des petits hommes verts partout, et qui passerait ses journées à se balader coiffé d’un tinfoil hat. Propos lénifiants de la municipalité, négation pure et simple de tout danger par les opérateurs qui font tout pour décrédibiliser les études indépendantes n’allant pas dans leur sens, indifférence de la plupart des dirigeants d’établissement et de nombreux parents d’élèves... On passe vraiment pour l’hurluberlu de service qui vient faire chier son monde quand on ne lui a rien demandé. Les gens détestent par-dessus tout qu’on les dérange, qu’on les inquiète. Ils préfèrent de loin penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, qu’on prend grand soin d’eux, et que seuls quelques paranos vont s’inquiéter pour tout, pour rien, ou pour le reste.


A Lyon, donc, 5 écoles concernées à ma connaissance : trois avec des antennes directement sur leur toît, deux arrosées par des antennes pile en face montées sur d’autres bâtiments, mais être dans le faiceau, c’est plutôt pire.

Parmi les parents des écoles concernées, un petit groupe très actif s’est dépensé sans compter sur la question, et sans résultat jusqu’à ces derniers temps. Une liste de diffusion a été montée au début de l’année scolaire 2006-2007 pour discuter de la question et informer les parents, à laquelle "seulement" 60 familles se sont inscrites, sur 5 écoles, c’est pas des tas. Les autres : pas intéressés.

Les occupations des uns et des autres ne laissant pas toujours le temps de "se battre pour tout", et devant l’indifférence générale ou presque, on en vient à finir par se dire que bon, puisque les gens s’en foutent, ils s’en foutent, que nos mômes grandissent et qu’ils ne resteront plus bien longtemps la tête sous l’antenne, qu’ils auront quitté l’école avant que la question n’ait avancé d’un pouce.
Au début de cette année scolaire, les choses étaient un peu plus en sommeil, situation bloquée.

Et puis voilà du nouveau : deux enfants de l’école Victor-Hugo développent un cancer. Deux enfants ayant occupé la même classe de CM2, pratiquement à la même place (pour ce que j’ai entendu). C’est fâcheux. Du coup, on se réveille, on s’émeut, on s’inquiète. Oh, les antennes relais ne sont toujours pas dangereuses, c’est sûrement une pure coïncidence.

Les antennes de Victor-Hugo viennent d’être désactivées. Dans quelques jours, elles seront démontées.

Pour les autres écoles ? Ah non, les antennes des autres écoles ne sont pas (assez) dangereuses, d’ailleurs, aucun enfant n’y a encore fait de leucémie cette année. La municipalité organisera une "grande conférence" au mois d’avril pour étudier "objectivement" la question et déterminer "ensemble une « nouvelle charte de la téléphonie mobile »". On nommera sans doute une commission chargée de préparer un rapport ? Nous voilà bien avancés.

En attendant, les antennes de l’école où mes enfants bronzent de l’intérieur émettent toujours. Pour cette école, la municipalité a renouvellé le contrat la liant à l’opérateur téléphonique en novembre 2007. C’est ballot. Et pour une période de 8 ans. Un contrat, c’est un contrat mon bon monsieur !

Mais maintenant, on a trouvé le truc pour faire enlever les antennes vite-fait bien-fait : il suffit de trouver dans chaque école deux enfants volontaires pour développer une leucémie. De préférence dans la même classe, ça a plus de poids.
Alors, on cherche des volontaires. N’hésitez pas à vous faire connaître !

On appelle ça : le principe de précaution.

Sinon, le maire actuel de la ville va solliciter nos suffrages dans quelques petites semaines. C’est aussi l’un de ceux qui se sont courageusement abstenus le 4 février dernier à Versailles. Le champion de France de l’installation de caméras de surveillance. Le monsieur aime visiblement les technologies modernes ! Un socialisse, quoi.

(’reusement, à Lyon, on a aussi une vraie liste de vraie gauche pour les municipales. Avec des écolos pur sucre dedans, ce qui ne gâche rien. Parions que leur point de vue sur les antennes serait légèrement différent de celui de la municipalité actuelle...)

Notes
(1) (riirem, Robin des toîts, Next-up)

petaramesh.org


Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Annulation essais OGM de 2006

dimanche 30 novembre 2008

La Confédération paysanne vient enfin de se voir notifier à la suite des
recours déposés par le syndicat et d¹autres intervenants l¹annulation par
des arrêts successifs du Conseil d’État dans les dernières semaines de
toutes les autorisations d’essais OGM accordées en 2006.

Ainsi, Biogemma, Monsanto, Pioneer et Syngenta ont semé en 2006, 2007 et
pour certains en 2008 des essais aujourd’hui dépourvus de base légale.

Plus d’infos :
confederationpaysanne.fr

Le Collectif des Faucheurs Volontaires Rhône-Loire