Cannabis : en route pour l’amour et l’amitié ? (4/8)

samedi 12 janvier 2008
par  Augustin Milano
popularité : 1%

La dernière fois nous étions restés sur cette question : le cannabis permet-il l’accès au bonheur ? Permet-il d’être aimé, d’aimer, d’être plus ouvert aux autres, etc. ? Dans un premier temps on a l’impression que oui car le cannabis lève les inhibitions, fait oublier un temps les pressions d’un quotidien devenu exaspérant, stressant, nuisible (que ce soit la pression des parents sur leur gosse pour qu’il réussisse en classe et devienne l’enfant rêvé, l’exploitation du monde du travail, le rouleau compresseur du profit à tout prix, le saccage de la nature, etc.). Mais si on y regarde de plus près, on s’aperçoit que ceux qui persévèrent dans le cannabis finissent souvent par s’isoler, s’enfermer sur eux-mêmes, croire qu’eux seuls ont raison. Comment cela se fait-il ?
On peut essayer d’aborder quelques éléments de réponse au plan philosophique (et non médical) en essayant de comprendre les effets (qui sont plus ou moins rapides ou visibles suivant les personnes) du cannabis sur l’intelligence et la volonté.

Cannabis et intelligence

Pour savoir ce qu’est l’intelligence, il faut savoir quel est son acte propre. Quelle est donc l’action fondamentale de l’intelligence ? Connaître ce qui est, à travers et par les sensations, en interrogeant. L’intelligence présente aux sensations et au corps connaît ce qui est. Elle commence par reconnaître que quelque chose existe, en dehors d’elle-même. Elle « touche » l’exister de la chose, son être. On appelle cela le « jugement d’existence » (le terme « jugement » ayant le sens d’adhésion, de « toucher »). Et à partir de là, elle interroge cette réalité pour la connaître, savoir ce qu’elle est, découvrir l’intelligibilité de la chose. Elle l’appréhende. L’intelligence forme alors une idée. Les affirmations que l’intelligence produit en composant cette idée avec d’autres sont vraies, si elles correspondent à la réalité.

Le cannabis fait tout de suite décoller (on en a plus ou moins conscience, cela dépend des personnes, du taux de THC dans le cannabis, de son acclimatation ou non aux effets du cannabis). Il installe dans une espèce de nuage. La vie devient rose. Je deviens cool. Je me sens mieux dans mes baskets. Je peux plus facilement aller vers les autres. Bref, je suis sur mon petit nuage et je vois la vie en rose. Je ne rejoins plus le réel, mon intelligence y adhère moins. Je le connais non pas tel qu’il est, mais à travers une émotion, celle que le cannabis me procure. Le cannabis coupe mon intelligence du réel aussi parce qu’il développe une totale indifférence pour les autres et le monde extérieur. Mon petit monde, mon petit nuage est bien plus intéressant que le monde réel. Je n’ai plus d’intérêt à rien d’autre qu’à mon joint. C’est l’attitude « bof-bof » qui fait que je n’interroge plus. En effet, l’intelligence interroge si elle est étonnée, si elle est curieuse, intriguée et qu’elle a envie de connaître. Si je ne désire pas connaître ce qui est, eh bien !, je ne vais pas le connaître. Si je ne désire pas être présent, si je préfère m’évader dans l’imaginaire, il devient de plus en plus difficile d’adhérer à ce qui est. Le cannabis coupe cette curiosité de l’intelligence et l’enferme dans l’imaginaire en la coupant des sens. Je m’y sens bien, en paix : je n’ai même plus le désir d’en sortir. Plus j’y suis enfermé, plus j’y reste, je ronronne. C’est terrible : le cannabis empêche mon intelligence d’adhérer au réel, donc d’être elle-même, de vivre ! Le cannabis affaiblit donc l’intelligence comme telle, puisqu’elle l’empêche de s’exercer dans ce toucher avec le réel. Et du coup je ne peux plus être vrai. C’est le mélange. Et je commence à raconter des tas d’histoires, que je finis par croire. Je m’enfonce dans le mensonge… Je peux continuer de raisonner, de faire des maths, et d’être bon à l’école, puisque les maths, l’école, cela repose surtout sur la capacité de l’intelligence à raisonner, et non sur sa capacité à être vraie.

La maturité affective

Notre étude de l’intelligence a montré les sensations comme un niveau fondamental de connaissance. Intelligence et sensations constituent deux niveaux de connaissance distincts à partir desquels se développe la vie affective. La connaissance sensible, en nous représentant des biens sensibles, réels ou apparents, éveille en nous ces appétits sensibles qu’on appelle les passions – celles-ci en se combinant forment les sentiments. Parce que l’intelligence atteint le réel à travers et au-delà du sensible, elle atteint un autre type de bien, un bien spirituel [1] qui peut éveiller en nous un amour spirituel, volontaire. La maturité affective désigne la capacité à mettre un ordre entre ces deux dimensions de notre affectivité, tout en assumant bien sûr nos instincts. Il ne s’agit pas de supprimer l’une de ces dimensions, mais de faire en sorte que l’appétit spirituel qu’est la volonté donne son orientation à l’affectivité tout entière. L’appétit spirituel est capable d’intégrer et d’accueillir l’éclat des passions et la force des instincts. Parce qu’il est un amour supérieur, il peut les assumer, les maîtriser, les réguler pour leur donner un exercice lucidement choisi et personnel.

Au contraire, laisser la vie passionnelle prendre le dessus, entraîner la volonté et déterminer ainsi toute la vie affective conduit à des actes et des comportements erronés, qui apporteront souffrance, tristesse, dégoût, regret. La tentation pourrait être grande de vouloir éliminer les sentiments, les passions, et tout le domaine sensible. Mais celui-ci fait partie de ce que nous sommes. On ne peut pas faire comme si cela n’existait pas. Il s’agit donc d’accepter sa sensibilité et de lui donner sa juste place, c’est-à-dire ni l’éliminer, ni l’exalter, mais l’intégrer dans la vie de l’intelligence et de la volonté en quête de vérité et de bonheur. Pour cela la sensibilité doit être purifiée, éduquée, pour être mise au service de l’intelligence et de la volonté.

Cannabis et maturité

Le cannabis, nous l’avons vu, me coupe peu à peu du réel, et m’enferme dans mes rêves et mes impressions que je finis par confondre avec la réalité. Le cannabis empêche donc la maturité de la sensibilité, une réelle connaissance du réel, de ce qui est bon, des biens véridiques. Le cannabis bloque ma capacité de choisir et donc de grandir ! Si à douze, treize ans, à l’âge du passage plus réfléchi et personnel du monde imaginaire de l’enfance au monde réel, je fume du cannabis, j’arrive à l’âge adulte avec un comportement de gamin. Nous voyons donc pourquoi le cannabis maintient dans un état immature. Il coupe l’accès au réel, bloque l’acquisition des vertus, empêche de faire de véritable choix puis de les réaliser. Il est donc un obstacle à la maturité affective. Il freine la croissance de la personne. Cela apparaît avec une évidence criante dans le domaine de l’amitié qui suppose un véritable choix ferme et personnel de l’autre, et qui donne tout son épanouissement à la personne.

L’amitié

Nous arrivons au point essentiel de notre réflexion sur le cannabis. La maturité humaine dont nous avons parlé est en vue de nouer des relations humaines vraies, seules capables de remplir ce vide affectif auquel les fumeurs de cannabis tentent de répondre, mais en vain.

Aristote a su discerner trois types d’amitié [2] : l’amitié utilitaire, l’amitié de plaisir, l’amour d’amitié (ou amitié spirituelle). Quand nous aimons l’autre parce que nous avons besoin de lui, il s’agit d’une amitié utilitaire. C’est le cas des relations qui s’établissent dans le travail, entre l’acheteur et le vendeur. Relations parfois sympathiques, mais relations fondées sur des avantages que l’un et l’autre tirent de cette relation. En fait, la couleur de l’amitié vient de ce que nous cherchons et donc de ce que nous échangeons. Dans certaines relations, nous retirons de l’autre un service, un avantage, et c’est ce que nous recherchons en allant vers l’autre. Et si nous ne retirons pas l’avantage escompté, la relation s’achève. Mais nous pouvons aussi attendre de l’autre du plaisir, de la jouissance, de l’agréable, et non d’abord un service. Il s’agit de la deuxième sorte d’amitié : l’amitié de plaisir. C’est, par exemple, lorsque nous aimons fréquenter des personnes dont la compagnie nous est agréable, parce que leur humour nous plaît ou que la beauté de leur corps, de leur visage nous ravit. Dans ces deux sortes d’amitiés nous aimons l’autre uniquement dans la mesure où nous en retirons quelque chose : soit une utilité, soit un plaisir. Reste le troisième type d’amitié, l’amitié spirituelle dans laquelle l’autre est aimé pour lui-même. Et donc seul ce type d’amitié, l’amour d’amitié qui place l’autre en premier et non relatif à notre plaisir ou à notre utilité, est une véritable amitié. Elle seule mérite le nom d’amitié. L’autre n’est pas réduit à son utilité ou au plaisir qu’il peut donner, mais il est accueilli avec toute sa personne humaine. Il est aimé pour lui-même. Cette amitié touche le cœur de l’autre, sa profondeur, son intériorité.

Maturité humaine et amitié

Pour vivre de cette véritable amitié, la maturité des sentiments est nécessaire. L’amitié de type passionnel, de plaisir, n’est pas la véritable amitié. Le déchaînement des passions aveugle et empêche d’aimer l’autre pour lui-même. C’est d’ailleurs une erreur courante que de confondre la violence du sentiment avec l’intensité de l’amour. Nous pensons souvent, mais à tort, que l’amour se mesure à son sentiment, à ce que nous en ressentons, au plaisir, à la joie, à la jouissance éprouvée. Alors que le vrai amour se mesure à sa capacité de rejoindre l’autre et de l’aimer pour lui-même. Plus le cœur de l’ami est tourné vers l’autre, plus il cherche le bien, le bonheur de son ami, plus l’amitié est forte. Ajoutons que seule une intelligence qui cherche le réel peut atteindre et connaître l’autre tel qu’il est : sa capacité d’aimer, son intelligence, bref le cœur de sa personne. L’amour vrai est utile et éminemment agréable, mais il ne se limite pas à ce qui n’en est que ses effets : il aime l’autre pour lui-même.

Or le cannabis, coupant ce lien de l’intelligence avec le réel, la réduit et empêche la maturité des sentiments et donc rend l’amitié vraie difficile, voire impossible. On le voit bien dans un couple : le cannabis risque de séparer ceux qui s’aiment.

Cannabis et vérité de l’amitié

Le cannabis donne l’illusion de vivre une véritable amitié, une telle complicité, un tel échange. En effet, il situe la relation au niveau du plaisir : nous fumons ensemble notre « pet », nous avons ensemble notre petit plaisir, nous passons une soirée cool, nous rigolons bien, c’est sympa. Mais l’autre, qui est-il ??? Alors, là, je m’en fiche pas mal. Je n’ai pas découvert l’autre, j’ai vécu pour moi, pour ma gueule. Et cela ne peut me conduire au bout de quelques années qu’à me rendre compte que je suis vide et seul à l’intérieur !

Le cannabis situe aussi la relation au niveau de l’intérêt : je fréquente untel car il a du bon « matos » ; il en a toujours sur lui, avec lui on est sûr de passer une bonne soirée car il en distribuera à tout le monde, etc. Bref, tout finit par tourner autour du cannabis et je ne sais plus vraiment si l’autre m’aime vraiment. Ou bien s’il m’aime parce que je viens toujours avec de la bonne herbe. C’est très angoissant, si on y regarde de près. Je ne sais plus si je suis aimé, si j’ai de la valeur aux yeux de quelqu’un, si je compte pour quelqu’un… Alors je me réfugie encore plus dans le cannabis et c’est le cercle vicieux. Telle est la véritable escalade : l’escalade dans la solitude, la chute en spirale dans un enfermement toujours plus angoissant. Et même si je pense gérer, même si je pense que je suis un gars bien parce que je ne touche pas à d’autres produits réputés plus dangereux, et bien je me mens à moi-même. Car je suis en train de tuer mon intelligence, de vivre uniquement de mes émotions, et finalement de tuer mon cœur et de sombrer dans une solitude et un vide intérieur qui peut me conduire à la folie, au suicide, à l’angoisse, à la déprime.

C’est terrible. Après avoir cru naïvement que le cannabis me permettait de créer des liens, en me désinhibant, en m’aidant à faire rire tout le monde, en m’intégrant à un groupe ou à une bande, en me donnant une identité de rêveur ou d’artiste, me voilà enfermé en moi-même : terrible supplice. Ces premières joies n’étaient-elles donc qu’illusoires ? Ce paradis n’était-il donc qu’artificiel ? Quelle hypocrisie ! Quelle farce ! Quel mensonge ! Et me voilà en enfer. L’enfer, c’est soi-même pour soi-même. Et du paradis artificiel à l’enfermement cela peut aller très vite.

Dans un prochain article nous étudierons la politique de l’Etat à travers la MILDT, et notamment son dernier revirement avec M. Lapaire.


[1Spirituel ne signifie pas religieux mais connu par l’intelligence

[2Voir ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, Livre VIII, chapitres 3 et 4.


Commentaires

Logo de JuL
Cannabis : en route pour l’amour et l’amitié ? (4/8)
dimanche 2 novembre 2008 à 17h03 - par  JuL

Tu parles de maturité dans ton article et c’est très bien !

La maturité c’est justement savoir choisir ce qui est bon pour soi ; mais il faut que cela se fasse natuerellement.

Personnellement je fume depuis l’age de 13 ans, je suis passé par une période de grosse consommation jusqu’a 7g par jour à peu près qui a duré jusqu’à mes 19 ans ; année ou j’ai commencé à travailler ce qui a tout changé !!
Ma consommation s’est ralentie d’elle même quand j’ai commencé à travailler ... j’avais simplement trouvé ce qu’il me plaisait dans la vie.
Maintenant mes 2/3 pets par semaine avec des potes me suffisent amplement !
Fumeur ou pas il faut remplir sa vie si t’es incapable de t’occuper à autre achose quand tu fumes alors arrêtes !!!

Logo de comment arreter cet merde !
Cannabis : en route pour l’amour et l’amitié ? (4/8)
lundi 27 octobre 2008 à 23h10 - par  comment arreter cet merde !

SA ME FAIT MAL C’EST DURE MAIS C’EST MALHEUREUSEMELENT VRAI ET TOUS LES FUMEURS LE SAVENT AU FOND D’EUX CANNABIS AUTREFOIS DOUCE TODAY POUR MOI DROGUE DURE ! a tous bon courage

Logo de andré974
Cannabis : en route pour l’amour et l’amitié ? (4/8)
samedi 23 février 2008 à 18h07 - par  andré974

les articles abordant des sujets traitants de drames humains ,de situations de détresse épouvantables ,d’injustices flagrantes,de famine,de guerres suscitent peu voire aucune réaction ,par contre la fumette inspire, le sujet semble inépuisable à me dégouter de lire Altermonde ,c’est ça les lecteurs d’Altermonde ? je me sais très fatigué en ce moment mais quelques chose m’échappe c’est ça votre préoccupation première ,pincez moi !

Cannabis : en route pour l’amour et l’amitié ? (4/8)
jeudi 24 janvier 2008 à 04h21

Petite question...? Ici, c’est une succursale de l’Eglise de scientologie ou des témoins de Jehovah ?
Cannabiquement votre.

P.S. : pensez quand même à calmer les doses parce que çà à l’air un peu fort ce que vous prenez...

Logo de augustin milano
samedi 23 février 2008 à 12h46 - par  augustin milano

on peut dire que le cannabis est dangereux sans rejeter ceux qui fument et les mettre de coté, non ?
Une chose est l’acte, l’autre la personne humaine. C’est sur cette distinction que se fonde, me semble-t-il, une juste magnanimité et une juste tolérance qui est accueil de tous mais pas justification de toutes les idées erronées et de tous les actes.

Logo de augustin milano
samedi 23 février 2008 à 12h43 - par  augustin milano

l’amitié et l’amour, la recherche du bonheur, c’est pas réservé aux cathos ni aux témoins de Jéovah j’espère ???

Logo de augustin milano
jeudi 24 janvier 2008 à 08h25 - par  Michel Berthelot

Voyez, Cher Anonyme... Comme le fait de ne pas partager un avis, une idée, une façon de penser, une appréciation, une analyse, une théorie peut rendre suffisamment sectaire pour qu’on en arrive immédiatement à tenter de déconsidérer, discréditer, et nuire à la réputation de l’autre... le divergent, le discordant, le différent, le dissemblable !...

Meilleurs voeux de prompt rétablissement en magnanimité !

Logo de sam telam
Cannabis : en route pour l’amour et l’amitié ? (4/8)
samedi 12 janvier 2008 à 14h23 - par  sam telam

comme le démontre Joëlle Bordet, "on le saurait si il y avait une vérité révélée en sciences de l’ éducation, ", il est inutile, à mon sens de faire appel au "réel" pour provoquer un débat sur un psychotrope...si nous convoquons les physiciens de la mecanique quantique pour nous expliquer ce qui se passe dans l’ infiniment petit, c a d aussi , ds nos neurones, ds notre foie et dans le sang qui véhicule l’ enzyme que le foie fabrique en réaction à l’ ingestion de THC....nous nous apercevons que le "réel" n’ est qu’ une illusion, c’est aussi la conclusion de Krishnamurti et de la pensée philosophique orientale.
Donc, merci pour l’ effort, mais la science a déjà un temps d’ avance et comme l’ espace et le temps n’ existent pas,je vous laisse conclure.....
Don’t worry, be happy !!!!
http://www.dailymotion.com/relevance/search/samtelam/video/x3jvar_joelle-bordet_politics
S.

Logo de Mrpolo
dimanche 14 septembre 2008 à 16h39 - par  Mrpolo

Suite du post précédent :

Entretien avec. . .

Abderrahmane Merzouki, Enseignant-chercheur à la faculté des sciences de Tétouan

Le professeur Abderrahmane Merzouki, scientifique biologiste et enseignant- chercheur à la faculté des sciences de Tétouan, se penche depuis des années sur les vertus scientifiques de la plante du cannabis. Il nous livre ses secrets à ce sujet et nous parle de l’importance de la légalisation du cannabis au Maroc...

En tant que scientifique, vous suivez la culture du cannabis au Maroc depuis des années. Pouvezvous nous parler du développement de cette culture ?

Ma rencontre avec la plante du cannabis date de l’année 1989 lors d’une rencontre avec un chercheur americain, le seul qui avait publié un article scientifique sur la culture du cannabis dans le Rif, suite à une expédition dans la région en 1966 (T. Mikuriya : Cannabis crops in Rifian mountains ; Economic Botany, 1967).

En 1991, j’ai proposé un projet multidisciplinaire pour financement à la communauté Européenne (Appel d’offre STD3) impliquant quatre départements de l’université de Grenade (Botanique, physiologie végétale, pédologie et génétique). La réponse fut négative vu la sensibilité du sujet à l’époque.

Cette première démarche m’a ouvert les portes pour des collaborations fructueuses qui se sont soldées par de multiples projets financés par différents organismes (Junta de Andalucia, Université de Grenade, AECIAgencia Espanola de Cooperacion Internacional, OTRI-Empresas Granada ; Sannica Biotech Canada). Dix ans après, nos recherches ont abouti à la publication de nos travaux dans des revues scientifiques et à la présentation d’une thèse d’Etat sur « La taxonomie, Biologie et Ethnobotanique de la culture du cannabis dans le Rif ». Durant la période 1989-2007, j’ai été témoin des évolutions relatives à cette culture, essentiellement sur le plan social.

Est-ce que cette culture a une particularité au Maroc par rapport à d’autres pays ?

La seule particularité de cette culture dans notre pays relève du social. Les caractéristiques particulières de la région montagneuse du Rif et son histoire de zone marginalisée ont fait de cette culture, une culture de subsistance incontournable pour la population locale.

Que pouvez-vous nous dire de l’intérêt que peut présenter la plante du cannabis sur le plan pharmaceutique et celui scientifique en général ?

Actuellement, avec le pourcentage d’articles scientifiques publiés périodiquement, on peut considérer le cannabis comme la plante la plus étudiée au monde pour ses potentialités médicinales. A partir de l’année 1998, quatre nouveaux médicaments ont vu le jour. Le dernier en date est Sativex, un produit de GW Pharmaceutical, un spray pour les douleurs chroniques. Cette entreprise pharmaceutique s’est consacrée au cannabis en regroupant des dizaines de chercheurs de haut niveau dans son siège en Angleterre. Parmi ces chercheurs,E. Russo, un neurologue de l’université du Montana avec qui on collabore sur le thème « Cannabis et vision ». Ce chercheur a eu la bonté de financer ces recherches en nous sponsorisant le matériel scientifique pour ces recherches. Notre première publication sur ce thème nous a ouvert la voie pour l’étude d’un aspect nutritionnel lié à la consommation du cannabis. Recherche que nous menons en collaboration avec une équipe de nutritionnistes de l’université de Grenade et qui a bénéficié ces deux dernières années d’un financement de l’AECI (Espagne).

Les officiels combattent la culture du cannabis et mettent en avant surtout les effets néfastes de cette culture sur l’environnement. Qu’en pensez-vous ?

Dire que le cannabis et sa culture ont des effets néfastes sur l’environnement relève de l’ignorance et du manque d’informations sur cette plante. Alors que des pays, où l’avis des scientifiques est pris en considération, autorisent sa culture pour pallier des effets néfastes sur l’environnement (la surexploitation des forêts par exemple).

Avez-vous des propositions au sujet de l’exploitation de cette plante au Maroc ?

Lors de la présentation de ma thèse d’Etat en 2001 se trouvait parmi les membres des jurés, un éminent scientifique marocain, Dr. Abdelmalek Benabid qui voulait que mes propositions soient transmises aux autorités responsables de l’espace montagneux qui sont les Eaux et Forêts. J’ai su que des bribes de discussions ont eu lieu mais sans aucune perspective. En 2002, une proposition concrète fut élaborée suite aux travaux de recherches menés dans le cadre de deux projets financés par le gouvernement autonome andalous « Perspectiva etnobotanica en la posible sustitucion del cultivo de cannabis en el Rif », en collaboration avec le groupe de recherche que dirige Joaquin Molero Mesa et « Desarrollo local en Zoumi : Plan de sostenibilidad para potenciar los recursos endogenos » et en collaboration avec le groupe de recherche en sociologie que dirige Jose Sanchez Alhama.

Il faut signaler que la problématique de la culture du cannabis dans le Rif est complexe et la proposition de solutions pour cette culture, qui reste aux yeux de la loi illicite, nécessite l’élaboration d’un plan stratégique intégré pour la substitution et la réorientation des produits de cette culture. Malheureusement on assiste autour de cette problématique de la culture du Cannabis à des propositions farfelues comme la substitution du Cannabis par le maïs pour la production du biodiesel.

Aujourd’hui, un groupe pour la légalisation du cannabis est en cours de constitution au Maroc. Qu’en pensez-vous ?

La démarche menée par le groupe aura au moins l’avantage de lancer un débat sur la problématique qui affecte directement des milliers de familles dont la survie dépend directement de la rente de cette culture. En ce qui me concerne, l’information sur ce groupe m’a été transmise par des collègues de l’IACM (Association Internationale pour le Cannabis Médicinal).

Le groupe avait demandé des informations sur les expériences de légalisation du cannabis dans d’autres pays.

J’ai été sollicité par un membre du Groupe pour participer à un éventuel débat concernant la démarche de la légalisation. En tant que chercheur ma participation ne pourra tourner qu’autour des aspects scientifiques de cette plante et de sa culture.

Vous êtes membres d’ONG qui oeuvrent pour l’utilisation médicale du cannabis. Quel pourrait être l’apport de telles associations pour le mouvement marocain de légalisation du cannabis ?

A vrai dire je suis membre de sociétés scientifiques et non d’ONG au sens strict du terme. Le Maroc est un pays souverain avec son arsenal juridique. La recherche de solutions à la culture du Cannabis doit être la nôtre, loin des pressions hypocrites de l’étranger. Ce mouvement doit s’armer de patience et d’une démarche scientifique au sens large du terme car le combat vaut la peine.

Publié le vendredi 16 mai 2008 09:41, par encod

Pardon pour cette longueur, mais je jugeait cet article intéressant pour ce point

Pour continuer sur l’aspect nutrition, car le chanvre est utile pour beaucoup d’applications dans des domaines divers, Je parlerai des qualités nutritionnelles du chènevis :
L’analyse montre en effet que l’huile de chanvre a un profil en acides gras
presque idéal par rapport aux besoins quotidiens de l’homme.

Si l’on excepte l’huile de lin qui n’est pas agréée pour la consommation
humaine, l’huile de chanvre, avec ses 75% d’acides gras polyinsaturés, est la plus riche en Oméga 3/Oméga 6, acides gras essentiels qui en
plus sont dans un rapport de 1 pour 4, voisin de l’équilibre parfait qui convient à nos organismes humains.
http://www.i-dietetique.com

même si dans ce cas précis ce cannabis (=chanvre) n’a pas besoin d’être du chanvre "indien"...

Appelée "Châdouné" (= roi des grains) par les Perses, la graine de chènevis est
une graine oléagineuse, ronde et grisâtre de 3 à 5 mm de diamètre. En
plus des utilisations industrielles (cordage, laine, tissu, papier,
matériaux de construction etc...) et cosmétiques, le chanvre permet la
production d’huile, de farine et de lait. Cependant l’utilisation des
graines de chanvre dans l’alimentation humaine est encore peu connue.
Les graines de chènevis sont pourtant d’excellents aliments très
nutritifs et riches en protéines de très bonne qualité, vitamines,
minéraux, fibres, etc. et exempts de gluten.

Les graines de
chènevis sont beaucoup plus nutritives que le soja, contiennent plus
d’acides gras essentiels (AGE) que toute autre source et occupent la
deuxième place, après le soja, par leur richesse en protéines très
digestes, de haute valeur biologique.
cfaitmaison.com

Pour enfoncer le clou chez nos amis pécheurs (pas au sens religieux, ici je préfère préciser...)
Aux mois de juillet et août, lorsque la température des eaux est élevée et que l’oxygène des fonds se raréfie, la petite graine noire germée, issue du chanvre, attire, fascine, excite, semble même droguer les gardons, mais aussi les grosses brèmes, les carpes, les tanches.

www.bienpublic.com


l’augmentation de la consommation du cannabis entrainera une augmentation des troubles mentaux associés à la consommation du cannabis, à terme du nombre de cancer (vu que le cannabis est plus cancérigène que le tabac), du nombre de jeunes passant à des drogues plus violentes, le nombre de cerveau avachis et de gens manipulables.

Pour les cerveaux avachis, je vous remercie, je fume depuis 15 ans, comme certains amis qui sont aujourd’hui chercheurs au CNRS en biochimie, en chimie et un en physique appliquée chez EDF, mais beaucoup de métiers sont représentés (boulanger, crs et d’autres... et non ! tous les crs ne sont pas atrophiés du bulbe !) !
Les publications sur la schizophrénie et le cannabis indiquent que celui ci agit comme révélateur et non comme cause de la maladie, alors soit peu de fumeurs se révèlent schizophrènes mais une forte proportion de schizophrènes consomment du cannabis alors qu’ils ne devraient pas...
étude de la Mutualité Française

Encore l’argument fumeux de la théorie de l’escalade pourtant réfuté si souvent

Aucun résultat dans ces études ne confirme cette théorie, mais l’utilisation de cannabis a une action sur la rechute dans la consommation d’autres drogues pour des sujets déjà dépendants.

Pour l’argument de la dangerosité, les études comparatifs entre tabac et cannabis rapportées dans les médias (1 joint égale 7 cigarettes par 60 milions de consommateurs en mars 2006, puis 1 joint égale 20 cigarettes (1paquet) en novembre, c’est la course ? à quand la cartouche ? quelle est donc la crédibilité à y accorder ? autant qu’à ceci ?
ou encore à cela où l’on dit le contraire ?
Ce que vous appelez "prévention" n’est actuellement de la diabolisation, les parents y croient (ou plutôt ceux qui ne connaissent pas le produit) et les jeunes s’en foutent royalement.
on réduit la consommation de cannabis à l’abus pour justifier une interdiction totale du produit.

favoriser la prévention et la répression de l’abus et non pas de l’usage ! (et donc cesser d’opposer prévention et répression)

En ce sens les test de dépistage au volant sont une excellente avancée...

La crainte est de voir un individu incriminé après avoir consommé de la drogue trois jours avant de prendre le volant, tandis qu’un autre ne le serait plus après en avoir consommé seulement la veille.

Le créateur du "Rapid Stat", Pierre Augis, interrogé par nos soins, est cependant optimiste. Il ne doute pas que des tests encore moins coûteux et plus efficaces seront bientôt mis sur le marché et permettront d’augmenter la fiabilité des contrôles.

Plus généralement les tests salivaires remettent une nouvelle fois en question la différence de traitement par la loi des drogues et de l’alcool. Est-il encore légitime de laisser un seuil de tolérance (fixé à 0,5 g par litres de sang) en ce qui concerne l’alcool au volant quand il n’y en a pas avec les drogues ? La question reste posée.

conclusion de l’article Dépistage drogues au volant
Par Camille Pinet - lequotidienauto.com - 03/09/2008

Je pose donc aussi une question : Pourquoi les hollandais (jeunes ou vieux) fument ils moins que nous français ?

Je suis pour une légalisation contrôlée du chanvre à usage récréatif.

Ce que j’entends par là c’est une politique cohérente et responsable vis à vis de cette drogue.
En effet, je doute fortement du bien fondé de la politique actuelle qui se contente d’enfouir les problèmes et de stigmatiser le simple usager au lieu d’adopter une démarche constructive.

Une légalisation contrôlée signifie pour moi :
- Un contrôle des produits et de leur qualité, de la production à la vente.
- Une répression axée sur les comportements à risque tels que l’abus, la conduite en état d’ivresse ou la consommation par les mineurs.
- Une prévention honnête et efficace faisant la différence entre les pratiques à risque et celles que l’on peut tolérer.

La comparaison avec l’alcool est un bon point à développer, il faut distinguer l’usage de l’abus.

la légalisation contrôlée permet de confisquer les revenus du trafic de cannabis, et donc d’ôter à l’économie parallèle une importante source de revenus, sinon la principale.

Je reste convaincu que l’économie parallèle causée par le cannabis illégal
est actuellement plus néfaste pour la société que les risques pour la santé publique (même si ces derniers ne doivent pas être négligés).

Bien à vous Mrpolo

Logo de Mrpolo
dimanche 14 septembre 2008 à 16h38 - par  Mrpolo

Bonjour, il y avait longtemps... pardon de venir vous déranger une nouvelle fois

la légalisation n’empêchera pas qu’on continuera dans certaines parties du monde à faire travailler des enfants pour produire du cannabis.

Je suis contre le travail des enfants, comme la majorité de nos concitoyens, mais de nombreux pays font trimer les gosses que ce soit dans des ateliers, du tri sélectif comme la récupération de différents éléments de nos déchets à recycler par exemple les ordinateurs... Les problèmes d’exposition aux produits toxiques les autorités locales s’en moquent, mais pour vous c’est le cannabis qui entraine le travail des enfants ?... Problème pris à l’envers ! sciemment ?


la légalisation entrainera une augmentation de la consommation du cannabis.

Les pays bas démontrent le contraire :
Aux pays bas la possession de cannabis est autorisée ainsi que la vente en coffee shop, ce n’est pas un pays prohibitionniste, hors la consommation de cannabis y est inférieure quasiment de moitié par rapport à la France
Rapport 2007 EODT l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies
http://www.ofdt.fr/BDD/publications/docs/NR07rapp.pdf

Le chapitre 3 de ce rapport est consacré au cannabis, et parle entre autre de la prévalence de la consommation de cannabis dans les pays européen.

Pour la tranche d’âge de 15 à 24 ans, en France et en 2005, la prévalence est de 24%. En gros, 1 jeune sur 4 a fumé du cannabis entre 15 et 24 ans.
Pour cette même tranche d’âge, aux Pays-Bas et toujours en 2005, la prévalence est de 12%, soit la moitié par rapport à la France !soit à peu près un jeune sur 8 !


Et la production supplémentaire qu’il faudra fournir pour répondre à la demande remplacera la production de céréales : la culture de cannabis gagnera sur celle du blé ! Regardez ce qui se passe déjà aujourd’hui au Maroc : la superficie des terres céréalières recule au profit de la culture du cannabis.

CEUX QUI VEULENT LÉGALISER LE HASCHISCH AU MAROC

Publié le vendredi 16 mai 2008 09:41, par encod
Dossier réalisé par Brahim Mokhliss

Face à l’inefficacité des campagnes de lutte contre la production du haschich, des acteurs de la société civile appellent à la légalisation de sa production au Maroc. Ne serait-ce que pour l’exploitation de ses atouts pharmaceutiques. Ils préparent un débat national sur la question.

Le Maroc est la principale source de résine de cannabis (haschisch), alimentant en particulier le marché européen.

La région du nord où se concentre cette herbe couvre environ 20.000 km². Cette surface s’étend de jour en jour à d’autres zones. Toutes les mesures prises pour éradiquer cette culture illégale n’ont pas donné des résultats satisfaisants.

Partant de ce constat, des acteurs de la société civile appellent à une autre approche pour traiter cette question. Ils demandent carrément la légalisation du cannabis au Maroc.

Parmi les défenseurs de cette position figurent Lahbib Haji, avocat et défenseur des droits humains, docteur Tahar Toufali, professeur universitaire en science politique, docteur Benacer Hemmou Azday, professeur universitaire en sciences physiques, Chakib Al Khayari, président de l’Association du Rif pour les droits de l’Homme, Mohamed Chami, universitaire et membre de l’Institut Royal de la Culture Amazighe…

Ces derniers sont parmi les auteurs d’un appel qui vient d’être lancé, servant d’« invitation pour ouvrir un débat public sur la légalisation de cannabis au Maroc et l’orientation de ses utilisations ».

Cette initiative, vient selon ses initiateurs « après l’échec de la politique de l’éradication des champs de cannabis au nord du Maroc, orienté par l’UE et l’ONU, qui a eu deux résultats : l’aggravation de la souffrance des familles des cultivateurs pauvres à cause de cette éradication des champs en l’absence d’alternatives. Ce qui se contredit avec la politique nationale et internationale luttant contre la pauvreté. Et a fait que beaucoup des trafiquants ont changé leur stratégie en s’orientant vers le trafic des drogues illicites dures et les armes qui sont vendus à des groupes criminels et terroristes ».

Les défenseurs de la légalisation du cannabis au Maroc qui viennent de se constituer en une sorte de groupe de pression, estiment que la vraie guerre doit être menée contre les trafiquants de drogues et « non pas contre les champs de cannabis où plutôt contre les pauvres cultivateurs ».

Ils ont lancé l’appel défendant l’idée de légaliser la culture de cannabis pour des usages thérapeutique et industriel d’une façon générale, dans le cadre d’une économie alternative dans les régions où il y a les champs de cannabis. Pour cela, ils proposent aux autres acteurs et organisations marocaines d’ouvrir un débat national sur la question.

Dans l’appel qu’ils ont lancé ils proposent « d’organiser des colloques et rencontres scientifiques et politiques, pour développer les idées sur le sujet dans un cadre de démocratie et de respect, afin de créer un forum marocain pour traiter de ce sujet. Et de collaborer avec les chercheurs et les organisations internationales qui défendent l’usage thérapeutique et industriel de cannabis ».

Les initiateurs de cette action travaillent d’arrache pieds pour faire entendre leurs propositions. Pour cela, ils sont en train de mettre sur pied une première rencontre nationale sur le sujet qu’ils programment pour le mois prochain. Les acteurs de la société civile mobilisés autour de la question de la légalisation de la culture du cannabis, ont également demandé l’appui d’ONG internationales qui ont de l’expertise et de l’expérience en cette matière. Notamment l’ENCOD (European Coalition for Just and Effective Drug Policies) et l’Association Internationale pour le Cannabis Médical (IACM).

Pour elles, mettre un terme à la guerre aux drogues améliorerait le niveau de vie de centaines de millions de citoyens et ferait perdre au crime organisé une très grande partie de ses revenus. L’ENCOD rassemble des représentants des usagers de drogues et des parents concernés, des travailleurs sociaux et sanitaires, des experts, des entrepreneurs, des citoyens et des activistes de toute l’Europe.

Des milliers de familles dépendent du cannabis

Un accord de coopération a été signé en février 2003 entre l’Office des Nations Unies pour la lutte contre la Drogue et le Crime (ONUDC) et le Gouvernement marocain à travers l’Agence du Nord qui a été désignée par le gouvernement comme l’institution chargée de l’élaboration et de la réalisation, en collaboration avec l’ONUDC, d’un programme d’actions de lutte contre les drogues illicites et la criminalité organisée au Maroc. Pour la mise en œuvre de la première étape de ce programme, l’APDN et l’ONUDC, avec l’appui du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, ont réalisé en 2003 une enquête socio-économique sur la culture du cannabis dans les régions du Nord.

Les résultats de cette enquête ont démontré que la population s’adonnant à la culture du cannabis est de 804.000 personnes, soit 96.600 familles, chaque famille dégageant un revenu annuel ne dépassant pas 3600 dirhams par personne, soit 51% de leur revenu annuel.

Pour approfondir la réflexion liée à la culture du cannabis, 3 enquêtes complémentaires ont été menées en 2004 : une étude sur la sociologie de la culture du cannabis dans le Rif Central avec l’Association Interdisciplinaire pour le Développement et l’Environnement TARGA ; une enquête sur les surfaces cultivées en 2004 (une carte d’occupation du sol dans les provinces du Nord) avec le Centre Royal de Télédétection Spatiale et une autre enquête scientifique sur les rendements et la qualité du cannabis et de ses produits dérivés avec le Laboratoire de Recherches et d’Analyses Techniques et Scientifiques, LARATES (Gendarmerie Royale)

Réponse un peu longue, je coupe mon post en deux désolé

Logo de augustin milano
samedi 23 février 2008 à 13h54 - par  augustin milano

- la légalisation n’empêchera pas qu’on continueara dans certaines parties du monde à faire travailler des enfants pour produire du cannabis.
- la légalisation entrainera une augmentation de la consommation du cannabis. Et la production supplémentaire qu’il faudra fournir pour répondre à la demande remplacera la production de céréales : la culture de cannabis gagnera sur celle du blé ! Regardez ce qui se passe déjà aujourd’hui au Maroc : la superficie des terres céréalières recule au profit de la culture du cannabis.
- l’augmentation de la consommation du cannabis entrainera une augmentation des troubles mentaux associés à la consommation du cannabis, à terme du nombre de cancer (vu que le cannabis est plus cancérigène que le tabac), du nombre de jeunes passant à des drogues plus violentes, le nombre de cerveau avachis et de gens manipulables.

Logo de Mrpolo
mercredi 30 janvier 2008 à 01h18 - par  Mrpolo

Et oui pauvres enfants exploités dans bien des régions du monde, même en angleterre dans des maisons de production clandestines à ce que l’on à vu encore récemment aux informations JT 20H du 18-11-2007
http://www.dailymotion.com/mrpolo2/video/x3rcy7_jt-20h-du-18112007_news

est-ce là un problème de cannabis ou d’esclavagisme...
Bonjour les amalgames pour guider les esprits peu critiques

L’action de la police londonienne dans ce cas précis est très honorable. Elle met fin à des pratiques d’esclavage, personne ne s’en plaindra.

Ce qui est beaucoup plus condamnable, c’est l’amalgame réalisé par les journalistes français en présentant de manière voilée, la politique de tolérance relative actuelle du gouvernement britannique comme la cause de cet esclavagisme.

D’un sens, ils n’ont pas tort, cette politique favorise tout cela, comme la politique néerlandaise sur la production et l’importation de cannabis.

Cependant il eût été utile de préciser que la meilleure réponse à ce type de problèmes est un approvisionnement légal et organisé à des tarifs concurrentiels et ne pas sous-entendre "oh regardez le cannabis c’est mal c’est a cause de ça qu’on réduit en esclavage de jeunes enfants thaïs"

Que des producteurs déclarés qui emploieraient des ouvriers agricoles avec un contract de travail donc un salaire, ce serait créateur d’emplois et de richesse mais par notre prohibition mondiale on doit leur refuser la vente à une coopérative, comme pour les vignerons, à un prix bas genre 20 centimes le gramme
(à titre indicatif) car l’accès pour tous dans des points de ventes où l’on vérifie quand le client à l’air jeune qu’il est bien majeur, à un prix bas (1euro la barette certifiée non coupée toujours à titre indicatif) tuera le marché noir en éliminant les marges des trafiquants !

une production libre du moment que l’on vend à l’état par des coopératives qui analysent le produit et qu’une régie le redistribue sans entrainer de marges indues,
avec un cahier des charges, un cahier de police (comme les vignerons) étiquetage avec les taux thc cbd etc...
traçabilité etc...

Pour moi c’est un aspect de la légalisation controlée (qui plus est créateur d’emplois)

mercredi 16 janvier 2008 à 15h26

ANECDOTE

Difficile d’oublier certains regards, et notamment celui d’un petit enfant de trois ans à peine, les cheveux ébouriffés, courant pieds nus dans la montagne après le moindre occidental de passage.

Dès lors qu’un enfant est capable de frotter ses deux petites mains l’une contre l’autre suffisamment fort pour broyer les têtes de cannabis afin d’en extraire l’essence, recueillir dans un bout de tissu la pâte molle et noirâtre en vue d’en confectionner une petite boulette qu’il vendra le prix d’un demi bol de riz, voici à quoi il se destine en priorité chaque journée de l’année.

C’était en Inde, et je peux dire que le regard injecté de sang de ce bambin était loin d’évoquer une étincelle de vie au perspectives prometteuses.

« Le bonheur comme le malheur est une question de regard »

Catherine.

Logo de Augustin Milano
lundi 14 janvier 2008 à 14h48 - par  Augustin Milano

Les théories scientifiques reposent sur la science mathématique qu’elles utilisent comme support et moyen de leurs découvertes. Les sciences exactes connaissent donc la réalité dans sa dimension quantitative, qui peut être mesurée. Espérons cependant que les nombres ne disent pas tout de la réalité et que la connaissance scientifiques est seulement une des nombreuses approches de la réalité. Il existe en effet d’autres regards comme le regard artistique ou le regard de l’ami, ou encore celui du philosophe. Autant de connaissances diverses et complémentaires, autant de chemins d’accès à la richesse du réél qui nous dépasse toujours. Ne le réduisons pas trop à son aspect matériel et quantitatif !

Agenda

<<

2017

 

<<

Janvier

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Annulation essais OGM de 2006

dimanche 30 novembre 2008

La Confédération paysanne vient enfin de se voir notifier à la suite des
recours déposés par le syndicat et d¹autres intervenants l¹annulation par
des arrêts successifs du Conseil d’État dans les dernières semaines de
toutes les autorisations d’essais OGM accordées en 2006.

Ainsi, Biogemma, Monsanto, Pioneer et Syngenta ont semé en 2006, 2007 et
pour certains en 2008 des essais aujourd’hui dépourvus de base légale.

Plus d’infos :
confederationpaysanne.fr

Le Collectif des Faucheurs Volontaires Rhône-Loire