La facture de la fracture

samedi 3 décembre 2005
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Reçu de V.Orlandi

Source : www.alternatives-economiques.fr

L’éditorial de Philippe Frémeaux

Les violences qui ont secoué la France le mois dernier ont révélé les limites de la politique menée par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, et au-delà par l’ensemble du gouvernement. La révolte des quartiers apporte la preuve patente que le tout-sécuritaire, quand il n’est pas associé à des politiques fortes dans les trois domaines qui fondent une vraie prévention - l’éducation, l’emploi et le logement -, ne peut que susciter la violence en rendant toujours plus insupportable l’écart croissant entre la promesse d’égalité brandie par notre société démocratique et la réalité du vécu d’une large part de la population.

Mais la violence suscite la peur et la peur suscite le désir d’ordre. Et conduit à se rassembler autour de celui qui prétend le garantir. Résultat : le boutefeu a vu sa popularité s’accroître et l’ensemble de la majorité a tiré un bénéfice politique de court terme d’une situation qui traduisait son échec. C’est ainsi qu’au-delà de l’annonce de quelques mesures cosmétiques en faveur des quartiers, le gouvernement entend bien continuer sa politique de cadeaux aux plus aisés et de réduction des droits sociaux des salariés, espérant que le rebond de l’insécurité ramène vers lui une partie des classes moyennes et populaires.

Cette stratégie à la Bush, qui allie un programme très libéral et anti-redistributif en économie à un discours autoritaire et conservateur dans le domaine social, est poursuivie depuis déjà trois ans. Peut-elle servir une stratégie gagnante ? Rien n’est moins évident. D’une part, parce qu’en matière d’autoritarisme, une large partie des électeurs préférera l’original (Le Pen, voire de Villiers) à sa copie (Sarkozy ou de Villepin). D’autre part, parce que les classes moyennes et populaires, une fois l’orage passé, se détermineront à nouveau en fonction de leurs préoccupations majeures - le chômage, le pouvoir d’achat -, domaines sur lesquels le bilan gouvernemental est pour l’instant bien décevant.

Soucieuse de ne pas heurter de front la demande d’ordre d’une partie de son électorat, la gauche a fait preuve durant ces dernières semaines d’une grande timidité. Sur le terrain, bien des élus locaux ont «  mouillé leur chemise » afin de calmer le jeu. Mais on attend désormais des dirigeants de l’opposition, si la majorité présente s’y refuse, qu’ils portent un programme de nature à rétablir la cohésion sociale du pays. En commençant par arrêter de se payer de mots.

Le débat, au sein de la gauche, demeure prisonnier de vieux clivages idéologiques qui n’ont de sens que pour une partie de ses militants. L’enjeu réel est de définir des politiques qui servent les intérêts des couches populaires et des classes moyennes : une réforme de l’éducation qui assure enfin une qualification à tous ; une politique de l’emploi qui redonne un avenir à chacun ; une politique du logement qui fabrique de la mixité et de la mobilité.

nota : décembre 2005, n° 242, 4,25 euros, port inclus

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