Mise en bourse d’EDF : le fiasco complet.

mercredi 7 décembre 2005
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Pour ceux qui auraient toujours des illusions de devenir "actionnaires" de quelque chose sans être des prédateurs de la finance...

Jean Dornac

Reçu de Luc Douillard

Un communiqué émanant de :

Agents et Citoyens Actionnaires d’EDF et GDF

Ecrire à Aca Edfgdf

La logique de la Finance sera imposée à EDF

Soucieuse de construire un véritable contre pouvoir dans EDF comme dans GDF, A C A exige la transparence complète, interpelle l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et demande la création d’une commission parlementaire sur cette opération de mise en bourse d’EDF.

La mise en bourse d’EDF était annoncée comme une parfaite réussite ! C’est pour le moins raté !

Une dizaine de jours après, l’action EDF est toujours en zone de turbulences. Selon la presse, dès le premier jour de cotation, 53 millions de titres, représentant 24% des actions émises et achetées, ont été revendus, ce qui a conduit à une forte baisse.

Cette situation, aussi incertaine qu’imprévue, a entraîné une intervention vigoureuse de rachat de ces actions revendues, par les banques dite « introductrices » qui sont les grandes banques agissant en France. Résultat ? Cette première journée se terminait sur un cours de clôture égal au cours d’introduction de 32 euros qui est aussi le prix de cession aux particuliers.

Qui a mené ces opérations d’achat-vente spéculatives conduisant à faire baisser artificiellement le cours de l’action ? On parle de fonds spéculatifs spécialisés dans ce genre d’opération. Il est aussi connu que les banques, pour placer le maximum de titres et assurer « la réussite de la plus grosse opération de privatisation », ont appâté beaucoup de particuliers en leur promettant un effet d’aubaine du premier jour, analogue à celui de GDF, et leur ont fait signer, avant, des opérations d’achat-vente.

Les banques seraient responsables d’avoir provoqué la baisse sur le dos de ces actionnaires « appâtés », et devant le désastre politique immédiat qu’aurait entraîné une forte baisse le premier jour, elles auraient été sommées d’intervenir pour « sauver les meubles ». Mais, depuis, le cours reste au-dessous de 32 euros et ce sont tous les petits actionnaires qui pourraient être grugés. Que s’est-il passé réellement ? Pourquoi ? Qui est responsable ?

Mystère, pour l’instant. L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) vient de lancer une enquête et nous nous en félicitons car notre association était en train de préparer une action auprès d’elle en ce sens.

En fait, le message du monde de la finance qui agit en bourse, message répété avant et confirmé par ces opérations, est destiné à EDF et aux Pouvoirs Publics : « vu le cours d’introduction de votre action, les profits actuels et prévus d’EDF sont très insuffisants ». Cela veut dire que ce monde de la finance va exiger de l’Etat des hausses de tarifs (qui seront payées par les citoyens) et d’EDF des programmes de fortes réductions de coûts qui vont toucher l’entretien, la maintenance et les effectifs (bonjour la sécurité du nucléaire et des réseaux !).

Il est facile d’imaginer ce que sera la suite du message : « c’est parce que la part de l’Etat dans le capital est trop importante qu’on ne peut pas gérer EDF comme une entreprise comme les autres : laissez-nous faire ». Et ce sera ensuite, comme pour France Télécom, le retrait de l’Etat.

EDF vit donc désormais « la vraie vie financière », c’est-à-dire spéculative et presse-citron pour les particuliers et les salariés. Au passage, elle se prend les pieds dans le tapis, car cette embrouille pourrait lui coûter 1 milliard d’euros de rentrées en moins. En effet, les banques n’accepteront pas d’acheter les 28 millions de titres qui leur étaient destinés à 33 euros au titre de « surallocation » alors qu’elles peuvent les avoir maintenant à moins de 32 euros en bourse.

Il faut également souligner que, selon la presse, 45% du capital réservé aux institutionnels ont été acquis par des fonds anglosaxons (soit 2,25% de 5%). Ils sont connus pour leurs méthodes d’intervention musclées dans la gestion des firmes et leurs pressions pour la recherche de profits très élevés, même avec des parts faibles de capital. EDF sous pression anglo-saxonne, bravo l’opération !

La grande majorité des particuliers et des agents actionnaires, qui n’a pas spéculé par des achats/reventes, et qui a acheté des actions EDF pour protéger son épargne dans un placement sûr, découvre que c’était faux et que, cette fois encore, la bourse fonctionne aux dépens des petits actionnaires. Et qu’il aurait mieux valu qu’ils puissent souscrire à un emprunt EDF garanti sans que EDF soit mise en bourse. Convertir ces actions en obligations est donc une nécessité pour en faire un placement sûr.

Pour A C A, tout ceci montre d’ores et déjà que les risques encourus, qu’ils soient financiers ou de perte d’autonomie, sont incompatibles avec l’exercice par EDF d’une activité industrielle et stratégique pour le pays tout entier. Faut-il rappeler, une fois encore, que l’électricité n’est pas une marchandise comme une autre, elle ne se stocke pas et doit être consommée au fur et à mesure de sa production ; que, enfin, la sûreté nucléaire ne saurait s’accommoder d’une quelconque tutelle financière et spéculative obnubilée par ses bénéfices et ses dividendes. C’est pourquoi EDF doit être une entreprise publique.

Le scénario de la privatisation d’EDF s’accélère, les masques tombent et, à tous les points de vue, il est pire que prévu !

Pour 2007, une directive européenne prévoit l’ouverture des marchés de l’électricité et du gaz en totalité jusqu’aux clients domestiques et déjà GDF clame son intention de prendre 5 millions de clients électricité à EDF d’ici 2012. Belle perspective pour un avenir de plus en plus incertain d’une structure de distribution mixte commune aux entreprises qui leur permettait tant d’économies de gestion. Et ce sont les particuliers qui paieront !

Soucieuse de construire un véritable contre pouvoir dans EDF comme dans GDF, ACA exige la transparence complète, interpelle l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et demande la création d’une commission parlementaire sur cette opération de mise en bourse d’EDF. Dans les Assemblées Générales d’actionnaires EDF à venir, ACA demandera des comptes et dénoncera ces situations qui, à terme, vont ruiner 60 ans d’effort des citoyens et du personnel au service du public et conduire la France dans l’impasse énergétique, dont on peut constater dès à présent les premiers effets néfastes chez certains de nos voisins.

Agents et Citoyens Actionnaires d’EDF et GDF Ecrire à Aca Edfgdf

BP 2416- 69219 Lyon Cedex

Pour le service public
Site internet : www.aca-edfgdf.org

Vous y trouverez aussi l’accès aux informations sur le cours des actions EDF et GDF et les graphiques correspondants


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Brèves

Sans papiers

mardi 3 juillet 2007

Selon le quotidien O Globo, les autorités brésiliennes ont infligé une amende à la compagnie Alitalia pour avoir transporté deux voyageurs sans papiers, arrivés à Sao Paolo le 9 mai dernier.

Le premier, connu sous le nom de Benoît XVI, s’appelle Joseph Ratzinger.
Le second, Tarcisio Bertone, est secrétaire d’Etat du Vatican.
Ni l’un ni l’autre n’avait songé à emporter son passeport.
O Globo ne précise pas si les deux clients d’Alitalia avaient subi le contrôle de sécurité au départ de Rome.

Les photos montrent pourtant, très distinctement, un objet métallique assez volumineux, en forme de croix, sur la poitrine de l’un et de l’autre.
Il serait étonnant qu’à leur passage le portique n’ait pas sonné.
A-t-on procédé alors à une fouille manuelle ?
Les longues robes des deux voyageurs - blanche pour le premier, noire avec une ceinture rouge pour le deuxième - devaient bien cacher quelque livre subversif.

Peut-être même le plus subversif de tous : celui qui invite à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue et accueillir l’étranger, même sans papiers.

Transmis par Linsay

rougemidi.org

Martin Hirsch a des absences...

mercredi 27 juin 2007

Reçu de Daniel Deriot

Mercredi après midi, près d’une centaine de familles de mal logés de PARIS ont envahi un amphithéatre du Conservatoire National des Arts et Métiers,ou se déroulait un colloque intitulé "travailleurs pauvres et action sociale : nouvelle question sociale ? de l’impensé vers l’action..."Le Haut Commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, M.Martin HIRSCH aurait dû conclure cette rencontre, mais il ne s’est pas déplacé.

Alors que se terminait le quatrième mini forum de ce colloque organisé par l’École Supérieure de travail Social de PARIS, près d’une centaine de familles ont envahi un amphithéatre du C.N.AM (Paris 3éme) et ont déployé une banderole sur laquelle l’on pouvait lire "Mal logés en colère, non aux expulsions ". Les manifestants souhaitaient attirer l’attention de M.HIRSCH qui n’est autre que l’ancien président d’EMMAUS FRANCE sur les conditions de logement que rencontrent un nombre croissant d’habitants de l’Ile de France.

Le tout nouveau haut Commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne s’est pas déplacé, il devait conclure ce colloque de deux jours qui a regroupé des étudiants, des chercheurs et acteurs de l’action sociale autour des thèmes de la nouvelle pauvreté, de la valeur travail et de la construction du lien social... Les participants ont néanmoins mis à profit la fin de ces deux jours pour nouer des liens avec les familles en difficultés qui entendaient faire droit à leurs revendications avec une certaine détermination.