Chasse et homicide

lundi 2 décembre 2019
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Par Gérard Charollois

Une douloureuse affaire, la mort d’une femme par morsures de chiens dans une forêt de l’Aisne, suscite une légitime émotion au sein de l’opinion publique lorsqu’elle est informée. Cet homicide survenu le samedi 16 novembre, en début d’après-midi, est-il imputable à une meute de chasse à courre ? L’affaire embarrasse les « grands veneurs » qui tentent immédiatement de se disculper. Une suspension de la vénerie jusqu’à l’issue de l’enquête semble avoir été décidée, néanmoins par leur association nationale.

Pour ma part, par honnêteté et souci de vérité, je m’en tiendrai aux faits, et me garderai de toute condamnation hâtive et ce d’autant que cette vérité devrait éclater très rapidement grâce aux investigations de la police scientifique. Voyons les faits connus, à cette heure : La victime est décédée suite à d’importantes morsures aux membres inférieurs, aux membres supérieurs, à la tête et aurait été comme « dévorée » partiellement par les chiens. Les autres faits qui seront très vite révélés par les expertises : le type de chiens impliqués dans cette attaque car les morsures et les traces génétiques laissées sur la victime permettront de dire s’il s’agit de chiens de chasse ou de chiens de plus grande taille et de telle ou telle espèce. Ces analyses ne seront pas dépendantes des chiens repérés, examinés par les services de police. C’est sur le corps et les vêtements de la victime que gît cette vérité et peu importe, à ce stade, les éventuelles dissimulations aux investigations des enquêteurs.

En revanche, il risque d’être plus malaisé d’individualiser les chiens impliqués, d’une part en raison de leur nombre, d’autre part en raison d’obstacles involontaires ou volontaires opposés à la manifestation de la vérité. À ce stade, il faut observer le doute salutaire qui doit habiter tout enquêteur. Lorsque la nature des chiens impliqués sera révélée, le procès des coupables devra être instruit par le tribunal de l’opinion. La chasse tue. Chaque année des dizaines de millions d’animaux sont tourmentés et fusillés par ce loisir cruel, nocif, dégradant en ce qu’il banalise l’acte de mort. La chasse tue aussi, chaque année, quelques dizaines de bipèdes. Il advient qu’un chasseur ayant commis un homicide involontaire, insensibilisé à toute conscience, retourne à son loisir de mort quelques mois après avoir ôté la vie à son semblable, comme cela m’a été conté en Dordogne ce mois-ci.

La chasse anesthésie le sens de la compassion chez trop de ses adeptes. Elle accoutume à la violence, vaccine contre l’effroi devant l’acte d’anéantissement d’une vie. L’État soumis aux ordres du lobby chasse engage moralement et peut-être juridiquement sa responsabilité en ne protégeant pas suffisamment les personnes confrontées aux accidents et exactions imputables à la chasse. S’il s’avérait que la femme tuée dans l’Aisne ait été victime d’attaque par des chiens de meute, sa mort serait moralement accablante pour les gouvernants qui protègent la chasse et refusent une abolition souhaitée par 80 % des Français. Les politiciens sont coupables de lâcheté face aux lobbies, en général, et ici face à celui des tueurs agréés.

Gérard Charollois

ecologie-radicale.org


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