Combattre les violences policières et les mensonges d’État

mardi 9 juillet 2019
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Par Sandra Cormier

Pas de fête de la musique après 4 heures du matin... mais la fête de la matraque à Nantes ! Pour prétendument rétablir le calme dans une friche portuaire déserte, une soirée électro a été violemment interrompue par des tirs de lacrymogène, grenades explosives, balles en caoutchouc... Des jeunes ont été poussés à se jeter dans la Loire. Et l’un d’entre eux, Steve, a disparu. Pourquoi un tel déferlement de violence pour un dépassement de l’autorisation d’émettre du son d’environ 30 minutes ? Comment peut-on mourir pour quelques notes de musique en plus ?

Logique liberticide et autoritaire


La réponse n’est pas tant à chercher dans une hypothétique bavure ou erreur de commandement. Derrière de tels actes s’exprime en effet une logique profonde et systémique. Une logique particulièrement à l’œuvre à Nantes qui, depuis l’existence de la ZAD et du mouvement de résistance à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, est l’un des laboratoires privilégiés du maintien de l’ordre de l’appareil d’État. Les violences contre le mouvement social y sont récurrentes. Même si la ville ne fait pas exception, celle-ci reste un symbole dans ce domaine. Et, bien évidemment, les quartiers populaires sont également ciblés : il y a près d’un an, dans le quartier du Breil-Malville c’est un jeune de 22 ans, Aboubakar Fofana, qui était tué par un policier lors d’un contrôle d’identité.

Contrôler l’espace public

On ne compte plus les blessés et les mutilés, mais force est de constater qu’il y a un véritable saut qualitatif dans ce qui s’est passé lors de la fête de la musique. La violence d’État s’exerce en direction d’espaces nouveaux et de populations nouvelles. On applique à des secteurs toujours plus larges de la société ce qui était déjà à l’œuvre contre les jeunes des quartiers populaires, puis les militants syndicaux, écologistes, les migrants, puis les Gilets jaunes… puis les fêtards. On utilise les mêmes recettes pour justifier de tels actes, notamment celle qui consiste à disqualifier les victimes qui sont soient des étrangers, des fraudeurs, des délinquants, des asociaux, des radicaux… et maintenant des drogués et des avinés.

L’objectif reste le même : contrôler l’espace public. Dissuader de manifester, de faire grève, de s’amuser… et ainsi banaliser l’usage de la violence comme mode de gouvernance. Mater tout particulièrement la jeunesse, à l’image du gazage des manifestants pour le climat sur le pont Sully à Paris, revêt un intérêt majeur pour un gouvernement qui n’a pas l’intention de changer de cap et qui entend continuer à s’attaquer davantage à l’ensemble de nos Droits sociaux et démocratiques. La violence d’État est une composante de l’accentuation de la guerre de classe.

Toujours plus d’impunité policière

Plus largement, ce sont des dizaines d’années de politiques sécuritaires, de législations d’exception et de renforcement de l’appareil policier et de son armement qui participent du climat ambiant, par lequel des flics peuvent mutiler ou tuer sans être inquiétés. L’accentuation de l’impunité policière est garantie par les plus hauts sommets de l’État. Les affaires Benalla et Legay sont, chacune à leur manière, des cas d’école des manipulations et mensonges de l’État-Macron, prêt à dissimuler les pires exactions et les pires pratiques, notamment par le recours aux faux témoignages. On pense ici également à l’affaire Adama Traoré, ou au cas de Zineb Redouane, victime d’un tir de ­grenade à ­Marseille le 1er décembre. Ce sont de véritables permis de tuer qui sont donnés aux forces de répression. Les policiers se lâchent tout simplement parce qu’ils ne risquent rien. Ils sont protégés par leur hiérarchie qui couvrira leurs actes, quand bien même des voies dissonantes se feraient entendre dans leurs propres rangs. Elles sont minoritaires, mais indiquent qu’il y a bien accentuation de la violence des pratiques.

Justice et vérité !

La saisie de l’IGPN par Castaner n’est en rien liée à une quelconque volonté de dénoncer l’intervention, mais bien davantage une posture visant à calmer les interrogations des témoins, à juguler les réactions dans la population qui réclame justice et vérité. Une procédure qui voudrait créer l’illusion d’une prétendue neutralité de l’État, mais qui a en réalité peu de probabilité d’aboutir. Aucune des 240 procédures contre les violences policières déposées dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes n’a donné lieu a des sanctions, des suspensions… Elles sont systématiquement classées sans suite. Les déclarations du préfet de Loire-­Atlantique, qui justifie toute l’opération et n’a pas hésité à faire pression sur la famille et les soutiens de Steve, traduisent bien davantage la réalité. Un gouvernement qui assume tout, jusqu’à la mort d’un jeune homme !

Il faut évidemment que justice soit faite pour Steve et pour les victimes de la fête de la musique à Nantes et, au-delà, pour toutes les victimes des politiques répressives, que l’État voudrait réduire au silence. Mais, plus encore, c’est l’ensemble du mouvement social qui doit dénoncer ces pratiques, être solidaire des victimes et le manifester. Tout recul de nos libertés est un recul global pour l’ensemble de notre camp social. Tout contrôle de l’espace public fait reculer l’espace politique et notre capacité à résister. À bas l’État policier !

npa2009.org


Commentaires

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Combattre les violences policières et les mensonges d’État
jeudi 11 juillet 2019 à 08h20 - par  goucho

Oui il faut lutter
contre le capitalisme et ses servants

MAIS

on peut aussi le laisser crever et tuer la planète dans son monde.
Il nous faut vivre aussi, un temps, un temps de vie.
Il faut donc reprendre du temps et créer SON monde, à coté.
Les héritiers se laissent vivre, ils ont la belle vie et un temps infini devant eux car ils transmettent leur patrimoine privé, sacré, à leur usage exclusif.
Nous autres, esclaves à leur service, seuls capables de faire fructifier leur fric, n’avons qu’une vie, rien à protéger, pas de fric à transmettre, rien que des idées, des savoirs, rien que du partageable.

Sortons de la prison de LEUR patrimoine en créant localement des niches de vie à peu près autarciques, Indépendance des multinationales mais pas de la planète, pas de l’humanité, pas des savoirs.

Oui il faut une solution globale de refonte de l’économie mondiale, humaine etc ...
Mais non, je ne veux pas perdre ma vie (mon temps de vie) à combattre un système qui SAIT qu’il est pourri, qui SAIT qu’il est condamné et qui DONC sera impitoyable pour durer.

Macron++ (ici et maintenant) sont une bande de salopards qui TRICHENT avec le réel, avec le possible avec la Nature, avec nos vies.
Ils sont clairement au service des détenteurs du fric. Ils sont la milice au service du vrai pouvoir.

Ma vie vaut infiniment plus que le combat contre ces gens mais toujours à leur service de fructification de leur patrimoine qu’ils nous ont volé.

Donc "je cultive mon jardin" et je construis autour de moi de la vie AUTRE, libre.
Je partage, je crée autre-chose : démocratique, transmissible à tous, partageable avec tous.
Ce que nos salauds ne peuvent et ne pourront jamais faire : ils ne travaillent pas, ils ne partagent pas.
Ils FONT travailler, ils VOLENT la richesse que nous produisons.
Agissons le plus hors système possible, juste le temps d’atteindre une pensée de masse critique qui balayera ces salauds. Une pensée de liberté basée sur une réalité de vie hors système.

Juste le temps de prendre conscience que le travail que je fournis ne sert qu’à les aider à me voler.
Juste le temps d’apprendre à créer de la richesse communautaire sans le droit félon de prélèvement de parasites.

C’est la connivence de l’élite aux droits de propriété exclusive qui fait tourner ce Système.
C’est l’acceptation indicible, jamais dite, de servir des salauds ..
C’est la collusion entre le savoir individuel élitiste et la propriété privée (le capital) qui emprisonne les consciences et leurs permet de dévaster le monde.

Pour ceux qui le peuvent maintenant, sortons du Système le plus vite possible, et amenons les autres petit à petit, le SYSTÈME s’effondrera faute de travail, de marché, fautes d’esclaves et de consommateurs.
De toute façon, IL FAUT FAIRE AUTREMENT de toute urgence.
Autant commencer ici et maintenant, LIBRES !

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