La guerre du steak est déclarée

vendredi 17 mai 2019
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En attendant le résultat des élections européennes, le lobby de la viande affûte ses couteaux. L’industrie de la bidoche va tout faire pour que le nouveau Parlement, qui sera élu à la fin du mois, tranche en sa faveur et interdise d’apposer les termes « steak », « saucisse », « escalope », « burger » ou « hamburger » sur les plats végétariens et végans. Avec 24 % de croissance par an, ce filon des produits « sans viande » aiguise évidemment l’appétit des géants de l’agroalimentaire.

Fleury Michon, le numéro un français de la charcuterie industrielle, a été le premier à lancer, il y a deux ans, un steak confectionné sans un gramme de barbaque. Son concurrent Herta lui a aussitôt emboîté le pas, avec une saucisse Knacki végétale. Les distributeurs ne sont pas en reste : quasiment tous ont développé leur ligne végane, c’est-à-dire garantie sans protéines animales. Un marché de niche – 600 millions d’euros par an d’ici 2021 – mais ultra rentable. Non seulement un steak végétal coûte moins cher à fabriquer qu’un bifteck – comptez 3 euros pour du soja, contre 5 euros pour du bœuf – mais le consommateur est prêt à dépenser un peu plus d’oseille au nom du bien-être animal ou pour réduire son empreinte écologique. Ce qui fait des marges généreuses de 40 % contre 25 %, en moyenne, pour les produits alimentaires classiques.

Alors que la consommation de viande a baissé de 12 % en France au cours de la décennie écoulée, la filière, décidée à défendre son bout de gras, a d’abord glissé un amendement aux petits oignons dans le projet de loi « Agriculture et Alimentation », voté à l’automne dernier. C’est un député LREM, éleveur bovin et président de coopérative agricole, qui s’y est collé. Mais, patatras ! Les associations véganes, encouragées par Fleury Michon et consorts, ont obtenu du Conseil constitutionnel qu’il retoque ledit amendement retour à la case départ. Jusqu’à ce que le lobby de la barbaque repasse le plat aux députés européens. Le 1er avril, la Commission agriculture du Parlement a adopté un amendement qui réserve les « termes et noms évoquant la viande » aux seuls produits carnés.

Une décision que les fabricants de produits végétariens comptent bien faire enterrer lors du prochain vote sur la PAC, la politique agricole commune. Hors de question de renommer, par exemple, comme le proposent les eurodéputés, les burgers sans viande « disques végétariens ». Ce serait trop bête…

Le Canard Enchaîné


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