La lettre du Président

lundi 14 janvier 2019
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Par Anne Roumanoff

Une lettre ! Ah non ! C’est un peu court, jeune homme ! On pouvait écrire bien des choses en somme.

Méprisant : Vous, les derniers de cordée
Qui coûtez un pognon de dingue à la collectivité
Vous qui aimeriez tant me voir quitter prématurément l’Elysée, vous pouvez toujours rêver !

Plaintif : Accusé de tous les maux, récipiendaire de toutes colères, Je ne peux plus sortir de mon palais sans me faire huer.
Ô comme je suis cruellement puni !
Hollande, mon mentor, pourquoi t’ai-je donc trahi ?
Aujourd’hui, je le dis, je le pense, je l’écris :
Si j’avais su comment ça tournerait, je serais resté banquier.

Positif : Cette crise est une chance pour notre belle démocratie, qui en sortira renouvelée, renforcée, apaisée, je vous le garantis.
Bientôt, les Français à nouveau solidaires, heureux et unis réaliseront la chance qu’ils ont de vivre dans notre beau pays.

Empathique : Vous, les révoltés des ronds-points, Vous, les smicards mal en point ;
Vous, les fauchés qui vivez à crédit, Vous, les manifestants du samedi ;
Vous, les retraités ponctionnés par la CSG ; Vous, les policiers désemparés ;
Les journalistes insultés, les commerçants découragés ; vous qui vous sentez mal aimés, pas considérés. Si vous saviez comme je vous comprends ! Ce que vous éprouvez, moi aussi je le ressens.
Moi à qui tout, jusqu’ici, insolemment réussissait, je ressens soudain un terrible vertige : la peur panique d’échouer.

Naïf : Françaises, Français, Ne vous inquiétez pas,
Vous me direz tout ce qui ne va pas lors du grand débat.
On notera tout par écrit, on compilera tout ça, Ensuite, je résoudrai tout et le calme reviendra.

Sincère : Espérant vous apaiser, je vous ai distribué un argent que je n’avais pas
Stilnox, Xanax, rien n’y fait. Depuis, je ne dors pas : comment vais-je arriver à financer tout ça ?

Agacé : Mais enfin, quand tout cela cessera-t-il ? Neuf actes ! Tous les samedis !
Ça n’est plus une pièce, c’est une interminable tautologie !
Et surtout c’est d’un ennui : toujours les mêmes acteurs, les mêmes péripéties.
Seul le dénouement reste incertain : drôle de tragédie ou pitoyable comédie ?

Souverain : Moi, le roi Emmanuel cloîtré en son palais,
Entouré d’énarques courtisans, je découvre étonné
L’immense colère de ces gueux qui prétendent me renverser.
Ils n’ont pas d’argent ? Qu’on leur octroie des primes défiscalisées,
Qu’ils puissent enfin correctement s’habiller et jeter ces horribles gilets.

Coloré : Rouge comme votre colère,
Jaunes comme vos gilets,
Bleue comme la peur des marrons,
Gris comme le moral des commerçants,
Contrastée comme cette lettre arc-en-ciel envoyée
Avec l’espoir de hisser le drapeau blanc
Pour que l’on voie enfin tous l’avenir en rose.

lejdd.fr


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