Chômage : la Cour des comptes étrille le plan 500 000 formations de Hollande

vendredi 13 juillet 2018
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Par Marc Vignaud

C’est un véritable réquisitoire que dresse la Cour des comptes contre le plan de formation de 500 000 chômeurs de François Hollande lancé en 2016, à l’approche de l’élection présidentielle. Le gouvernement d’Édouard Philippe, qui travaille à l’élaboration de son plan d’investissement sur les compétences (PIC) doté de 11 milliards d’euros sur cinq ans pour former un million de chômeurs et un million de jeunes sans qualification conformément à une promesse de campagne d’Emmanuel Macron pourra y trouver « de nombreux exemples de ce qui ne devrait pas être fait », selon les mots des magistrats qui ont enquêté sur la formation des chômeurs en France.


« Apports à un rythme irrégulier de moyens supplémentaires, objectifs purement quantitatifs et assis sur des besoins mal définis, calendrier irréaliste, cofinancements incertains, définition a posteriori du suivi », tout, ou presque, a été défaillant dans le plan Hollande, estime la Cour des comptes dans son rapport. Certes, l’objectif affiché au départ, à savoir l’entrée en formation d’un million de chômeurs en 2016, soit deux fois plus qu’en 2015, a bien été atteint, soulignent ses auteurs. Mais cela s’est fait « au détriment de la rigueur financière et de la qualité du parcours de formation ». Les contrats signés avec les régions, compétentes en matière de formation des chômeurs depuis les années 1980, ont été signés dans la précipitation, si bien que celles-ci ont privilégié le remplissage des stages qu’elles avaient déjà achetés auprès des organismes de formation. Ce qui a fait courir le risque d’y orienter « des personnes qui n’avaient pas le profil adéquat ou qui ne présentaient pas la motivation requise », déplore la Cour. Les taux d’abandon ont d’ailleurs été importants pour les stages les plus communs, comme dans la maçonnerie ou la distribution.

Des résultats décevants

Pire, le compte personnel de formation (CPF), instauré en 2014, a en fait été largement mobilisé comme complément au financement du plan de François Hollande par Pôle Emploi et les régions, au lieu de permettre aux demandeurs d’emploi de l’utiliser pour acheter une formation auprès des organismes de leur choix, contrairement à l’esprit originel de la mesure. De manière générale, le rapport de la Cour des comptes n’est pas tendre avec la politique de formation des chômeurs menée depuis des années en France. Les moyens ont bien augmenté depuis l’éclatement de la crise financière en 2008 pour atteindre 5,6 milliards d’euros en 2016 (0,26 point de PIB). Mais, comme souvent, cela c’est fait à coups de plans exceptionnels successifs, qui n’ont fait qu’opacifier des circuits de financements déjà complexes incluant les régions – officiellement responsables de cette politique – Pôle Emploi, l’État ainsi que les syndicats et le patronat. Les régions, en particulier, sont jugées incapables de faire la transparence sur les moyens qu’elles engagent pour la formation des chômeurs, faute de comptabilité digne de ce nom.

Conclusion, « les résultats de la formation des demandeurs d’emploi apparaissent décevants », déplore la Cour des comptes. En dehors du cas particulier des formations de type « préparations opérationnelles à l’emploi » organisées à la suite d’une promesse d’embauche, elles se traduisent en moyenne par un retour à l’emploi pour moins d’un stagiaire sur deux et par un accès à un emploi durable – c’est-à-dire d’une durée de six mois au minimum – pour moins d’un stagiaire sur quatre.

lepoint.fr


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