Résultats du bac

lundi 9 juillet 2018
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Par Anne Roumanoff

Les parents qui se gargarisent sur Facebook des mentions de leur progéniture. Sensation d’un accomplissement, d’une étape. L’angoisse de l’orientation, du travail, du logement, des amours… Tout ça viendra après, assez vite en fait, mais pour l’heure, c’est important de savourer cette étape.

Dans la rue, un troupeau de lycéens nouvellement bacheliers babillent joyeusement, le nez dans leur portable, une canette de soft drink à la main. Éclats de voix, excitation, ils se coupent la parole en se sentant les rois du monde. Je reçois des SMS groupés, ma nièce mention bien, mon neveu mention très bien. Je félicite avec des émoticônes pour montrer que je suis moderne.
– Et toi, t’as eu quoi comme mention au bac, maman ?
demande ma fille.
– Assez bien, je réponds, mais j’ai failli avoir bien.
– Assez bien en L ?
Elle écarquille les yeux.
– À mon époque, déjà ça s’appelait pas L, ça s’appelait A.
– Assez bien en A, mais c’est trop nul !
– Oui, mais à mon époque, le bac était très dur, je te signale.
– Et au brevet, t’as eu une mention au brevet, j’espère ?
– Ben non, à mon époque, le brevet n’existait pas.
– Ah oui, ton époque, c’était vraiment une autre époque.

Matches décisifs

Traverser Paris en voiture pendant un match des Bleus. Des terrasses avec des buveurs de bière hypnotisés par l’écran géant. Des déguisements loufoques, du maquillage, des enfants en tee-shirt qui sirotent un Coca, des drapeaux aux fenêtres. Retour du Paris convivial et chaleureux, le Paris des bistrots et des cafés, le Paris d’avant les attentats. Regarder la foule du café se lever et crier à l’unisson. Les occasions de se réjouir ne sont pas légion, on aurait tort de bouder notre plaisir. À Orly Ouest, hommes d’affaires en costume, vacanciers en short, maman fatiguée avec un bébé dans les bras, couple de trentenaires amoureux, tous ont le nez levé vers l’écran. Applaudissements nourris à la fin du match. Une tarte tiède aux courgettes, petite bouteille d’Evian vendue au prix du Saint-Émilion. Toujours le côté goguenard des Français. "On a eu de la chance, mais c’est pas gagné. Ça serait mieux pour nous le Brésil, ils sont quand même drôlement bons les Belges." Sourire à des gens qu’on ne connaît pas. Sentiment de connivence. Dans le hall de l’aéroport de Nice, une clameur. Les Belges viennent de marquer un deuxième but. "Neymar, il devrait postuler à la roulade d’or. Ce Courtois, il est incroyable, il a arrêté neuf tirs. On dirait de Gaulle, Jacques Tati ou un méchant dans James Bond."

Samedi matin au supermarché, je vois passer des Caddie pleins de packs de bière, de chips et de pizzas. La gastronomie s’accommode mal des soirées football. Mardi, on invitera nos voisins et amis à regarder un match contre nos voisins et amis. Oubliées, les dissensions, les aigreurs, la France sera pour une fois réunie, le cœur battant à regarder ces onze hommes qui auront la lourde mission de redonner le moral à 65 millions de Français.

lejdd.fr


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