Macron, un an après

lundi 25 juin 2018
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Par Anne Roumanoff

Emmanuel et Marianne, ça sonne bien. Ça fait un peu plus d’un an qu’Emmanuel et moi on est ensemble et, pour vous dire la vérité, je ne sais plus trop où j’en suis. La magie des débuts n’est plus là, j’éprouve une forme de lassitude. Quand j’ai rencontré Emmanuel, je l’ai trouvé élégant et sûr de lui. Il avait une audace et une énergie incroyables. Aucune question ne le désarçonnait, il avait réponse à tout et c’était rassurant. D’autres hommes me tournaient autour à l’époque. François, qui me suppliait de lui donner une deuxième chance, mais j’avais déjà vécu une histoire de cinq ans avec lui et j’ai tellement été déçue que je n’ai pas voulu. François était chaleureux, empathique et sympathique, mais quand il s’agissait de trancher dans le vif, il n’y avait plus personne.

Jean-Luc a essayé de me séduire, mais son côté colérique m’effrayait un peu. Un temps, j’ai été attirée par un autre François, originaire de Sablé-sur-Sarthe, mais quand j’ai appris que, pour l’amour de l’argent, ça ne le dérangeait pas de faire des petites magouilles, je l’ai laissé tomber brutalement. Il y a eu aussi une femme, Marine, qui m’a fait des avances mais, avec son père et sa nièce, ils passaient leur temps à se chamailler et c’était fatigant à la longue. Et puis elle n’aimait pas trop les étrangers et ça me dérangeait. Même si je râle contre les impôts, le gouvernement et tout ce qui ne tourne pas rond en France, moi, Marianne, je suis quand même drôlement attachée à ma devise "Liberté, Egalité, Fraternité". Au début, avec Emmanuel, ça a été idyllique, il me disait : "En marche !" "On marche où ?", je demandais. "Fais-moi confiance, Marianne, il répondait. Je sais où on va." Et j’ai marché, j’ai marché avec enthousiasme et aveuglement mais là, j’avoue, je suis un peu perdue. Je continue à beaucoup marcher mais c’est surtout parce que les trains ne marchent plus. Emmanuel me dit que c’est la faute de la CGT, qui n’est pas moderne et qui ne comprend rien à la start-up nation. Je ne sais pas qui est responsable de cette grève qui n’en finit plus, mais j’aimerais bien que les trains remarchent un jour pour pouvoir partir en vacances cet été. Emmanuel m’assure que les grévistes vont se fatiguer, qu’il faut patienter, puis il repart en voyage… en avion. Il est tout le temps en déplacement, Emmanuel. À l’étranger, je suis fière de lui, il a cloué le bec de Donald, il tient tête à Poutine mais c’est quand il revient à la maison, le souci. On a l’impression qu’Emmanuel n’a pas d’empathie pour les problèmes des gens. Il dit : "Je comprends." Il hoche la tête d’un air concerné, il pose pour un selfie et il croit que ça suffit.

Quand je raconte à Emmanuel que je me pose des questions sur notre histoire, il me répond : "Je comprends." Puis il me rappelle que je me suis engagée avec lui pour cinq ans et que je n’ai pas d’autre choix que de patienter. L’autre fois, quand mon neveu l’a appelé "Manu" pour rigoler, il l’a remis à sa place assez sèchement. Il ne se laisse pas marcher sur les pieds, Emmanuel. Moi, ce que j’aimerais surtout, c’est qu’il remette mon cœur en marche. Qu’il m’amène à droite ou à gauche, ça m’est égal, mais j’aimerais aller quelque part parce que, là, j’ai comme l’impression que notre couple fait du surplace.

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