Un pognon de dingue !

jeudi 21 juin 2018
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Par Anne Roumanoff

– Quel coup de génie des stratèges de l’Élysée d’avoir laissé fuiter cette conversation informelle sur Internet, au moins ça soulève le débat sur l’utilité des aides sociales.
– Moi, je pense plutôt que c’est une gaffe de sa chargée de com. J’espère qu’elle ne lui coûte pas un pognon de dingue sinon il ne lui reste qu’à prendre "sa responsabilité individuelle". Surtout que le même jour, on a appris qu’à l’Élysée, ils avaient dépensé 500.000 euros pour 1.200 assiettes ! Quatre cents euros l’assiette, il faut leur dire, à Gigitte et Manu, que chez Ikea, tu peux trouver un service à vaisselle de 18 pièces à 39,99 euros.
– Ne sombre pas dans le populisme, s’il te plaît. Les assiettes ont été commandées à la Manufacture de Sèvres, ça participe au prestige national. Pour en revenir à cette histoire de "pognon de dingue", Macron verrouille tellement sa com’ qu’il est forcément à l’initiative de cette fuite organisée. C’est son côté premier de la classe provocateur. Fini le président consensuel à la Obama, il se lance dans la disruption façon Trump.
– N’empêche, dire que les aides aux pauvres ne servent à rien, installé confortablement sur un fauteuil moelleux sous les dorures de l’Élysée, je ne sais pas si c’est une erreur de com’, mais c’est clairement une faute de goût. Tous les cadeaux que le Président a faits aux plus riches, ça aussi, quand on y pense, ça coûte "un pognon de dingue".
– Oui, mais comme les très riches sont de plus en plus riches, on peut considérer que les aides aux riches sont beaucoup plus efficaces.
– Pfff, c’est juste qu’il y a beaucoup moins de riches que de pauvres, donc c’est forcément plus facile de favoriser les riches que d’aider les pauvres. Plus facile mais moins nécessaire…
– Tu oublies la théorie du ruissellement, fondement de la pensée macronienne. Tôt ou tard, la richesse des privilégiés va ruisseler sur les plus pauvres. Les premiers de cordée millionnaires vont hisser les fainéants au RSA vers le haut.
– Excuse-moi, mais quand un très riche part en vacances sur un yacht, je ne vois pas en quoi ça aide ceux qui n’ont pas les moyens de partir en vacances. C’est comme quand l’ancien patron de Carrefour renonce à ses indemnités de 3,9 millions d’euros : ça ne va pas faire baisser le prix de notre Caddie au supermarché ni augmenter le salaire des caissières.
– N’empêche, certains pauvres ne font aucun effort pour s’en sortir, ils se complaisent dans l’assistanat, Wauquiez a été le premier à oser le dire mais tout le monde le sait.
– "Aucun effort", je ne supporte plus d’entendre ça. Le découragement, la lassitude, le désespoir, ça n’est pas forcément de la paresse. Pendant que les très riches pratiquent l’exil fiscal, les plus pauvres, eux, sont victimes d’exil social. Alors oui, tendre la main aux plus faibles, aux plus âgés, aux plus malades, ça coûte peut-être un pognon de dingue mais les valeurs de solidarité et de partage, ça n’a pas de prix.

lejdd.fr


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