La taupe travaille le jardin à sa façon

jeudi 21 juin 2018
popularité : 1%

Par Yves Paccalet

Je la guette, caché derrière le bac à compost... Elle édifie son dôme de terre meuble, qu’elle pousse vers le haut avec les fesses. Elle évite de montrer son derrière. Non par pudeur, bien sûr, mais par un phototropisme négatif. Enfant, j’ai caressé la fourrure d’une de ses congénères, sortie par erreur de son mini-château protecteur. Son ventre et son dos, sous mes doigts, furent un tissu de soie obscure d’une douceur absolue. J’ai palpé avec passion cette tiédeur comme la fourrure d’un ventre de femme très velue.
La taupe fouille
L’humus noir
Dont elle est la fille
Elle creuse tandis que je rêve que je creuse : en quoi elle m’est supérieure. L’évolution lui a donné des mains pelleteuses. Mes mains trop humaines ne déblaient rien de réel sur le papier ou le clavier. J’aimerais ménager, dans la glèbe du savoir, des tunnels d’idées géniales où je ferais mon nid, avec des issues latérales, des remontées à l’air libre et des descenderies ténébreuses, riches de concepts qui croquent sous la dent comme des larves de hanneton ou de courtilière. Je deviendrais philosophe hypogé. Penseur sous la terre. J’aurais, sur mes collègues, l’avantage d’être déjà enfoui, par conséquent de concevoir (sans artifice intermédiaire) l’homme, ses pompes et sa jactance, comme un petit tas de molécules organiques éminemment recyclables par l’asticot et la bactérie.


Commentaires

Agenda

<<

2018

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293012
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Monsanto dégage !

samedi 24 mars

Protégez les loups

samedi 22 juillet 2017

Protégez les loups
en vous promenant