Glyphosate : Stéphane Travert dément tout lien avec les lobbies après la fuite d’un amendement

dimanche 27 mai 2018
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La députée socialiste Delphine Bato a affirmé, mercredi, que des industriels avaient eu accès à un amendement avant les parlementaires. Une enquête interne n’a pas permis de déterminer l’origine de la fuite.

Alors que l’Assemblée est en plein examen de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, l’ancienne ministre socialiste Delphine Batho a affirmé devant les députés, mercredi 24 mai, que l’Union pour la protection des plantes (UIPP), réunissant des producteurs de pesticides comme Monsanto ou Bayer, avait eu accès à son amendement d’interdiction de l’herbicide controversé glyphosate « plus de quatre-vingt-dix heures » avant les députés. « J’ai saisi le 30 mars le président de l’Assemblée nationale de ces faits. (…) Il est inacceptable que des lobbies puissent avoir des accès privilégiés à des informations internes à l’Assemblée nationale afin de déployer des stratégies pour court-circuiter nos débats », a-t-elle dénoncé.

Estimant que cet « exemple est rarissime », le président de l’Assemblée nationale François de Rugy a indiqué, jeudi, qu’une enquête menée en interne n’avait « pas permis de déterminer d’où venait la fuite ». « Sur la sécurisation du processus de dépôt de nos amendements nous allons encore renforcer nos règles », a-t-il conclu. « En tout cas, ce ne sont pas les fonctionnaires de l’Assemblée nationale (…) qui diffusent les amendements dont ils ont connaissance », a-t-il précisé, avant de poursuivre : « Il ne faut pas non plus fantasmer sur des lobbies. Je considère qu’il est normal qu’il y ait des groupes de pression qui fassent entendre les intérêts privés (…) après c’est le Parlement qui tranche en toute transparence. »

Stéphane Travert « pas aux mains des lobbies »

Interpellé sur d’éventuels échanges avec l’UIPP sur Franceinfo, vendredi matin, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a d’abord estimé « curieux de retrouver des amendements comme ça dans la nature », avant d’affirmer : « Je ne suis jamais en contact avec l’UIPP. Ça commence à bien faire. (…) Cela fait des semaines et des semaines qu’on m’insulte à longueur de journée, en disant que je suis aux mains des lobbies. C’est quoi, les lobbies ? Est-ce que c’est la FNSEA, est-ce que c’est la Coordination rurale, est-ce que c’est la Confédération paysanne, qui sont les organisations syndicales ? »

Le retrait d’un amendement inscrivant l’interdiction du glyphosate dans le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation a été qualifié de « rétropédalage » du gouvernement par les dizaines de milliers de signataires d’une pétition réclamant une sortie de cet herbicide en France en trois ans. Alors qu’Emmanuel Macron avait demandé à la fin de novembre au gouvernement de « prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans », Stéphane Travert a fait savoir qu’il s’agissait avant tout d’une « mobilisation ».

Des élus de plusieurs groupes, y compris certains députés En Marche comme Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, espèrent néanmoins « de nouvelles avancées », dont une « programmation raisonnée de la fin du glyphosate » inscrite dans la loi.

lemonde.fr


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