Quand le grand méchant loup, toujours un peu brun, mange le petit chaperon bien moins rouge

mardi 13 mars 2018
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Par Gérard Charollois

Les peuples auraient-ils les dirigeants politiques qu’ils méritent ? Les régions pâtissent de présidents contre nature et des partis politiques aux ordres d’une infime minorité de féodaux de la finance recueillent les voix de citoyens abusés. Ainsi, la région Auvergne-Rhône-Alpes offre à Laurent Wauquiez, émule de Trump, l’occasion de distraire trois millions d’euros d’argent public au profit d’associations de chasseurs. Que fait la cour des comptes ?!

Le personnage s’illustre par ses déclarations tonitruantes et maladroites à dessein, histoire de faire peuple et de « parler vrai » en disant n’importe quoi, y compris en incriminant ses petits copains politiques, s’assurant ainsi un superbe vacarme médiatique. Au salon de l’agriculture où il est de bon ton de donner dans la grasse « beauferie » et de vilipender « l’environnement qui commence à bien faire », ce contempteur de protecteurs de la nature aurait, selon la presse, déliré sur le thème : « le loup en France : cela finira lorsqu’un enfant aura été victime de cet animal ». Son ami politique, donc son rival irréductible, Christian Estrosi, président de la région Alpes-Provence-Côte d’Azur, accusait les gardes du parc du Mercantour d’avoir introduit les loups et son ex-ami conservateur, devenu son dénonciateur, Xavier Bertrand, président de la région Nord-Picardie, supprime les subventions au centre de soins de la faune sauvage accusé d’antichasse, l’homme, si possible chasseur, primant sur la nature.

Pour nos amis lecteurs non férus de biologie et d’éthologie, précisons que le loup n’attaque pas l’homme, nonobstant les légendes du Moyen-âge. En Italie, pays d’où proviennent nos trois cents loups français, vivent près de mille loups. En Espagne, deux mille cinq cent loups survivent et l’espèce est également présente en Europe de l’Est. Combien d’enfants italiens, espagnols ou roumains ont-ils été dévorés par des loups ? Il paraîtrait que notre Trump lyonnais aurait bénéficié d’un bon niveau d’études. Certes, les élèves des écoles de commerce, de gestion, d’administration peuvent être de splendides nullités dans le domaine des sciences, ce que j’ai toujours déploré, mais notre leader grossièrement populiste n’ignore pas que le loup ne représente aucun danger pour l’humain. Lorsque ces politiciens parlent au peuple, ils exhalent leur mépris en s’adressant à l’instinct, aux cerveaux reptiliens de leurs interlocuteurs, en traitant autrui en débile inaccessible à la raison. L’imposture atteint des sommets lorsque les dévots du « libéralisme économique », les agents du Marché, jouent les adversaires du « système », alors qu’ils en sont les servants.

Le milliardaire Trump, affairiste arrogant et dominateur, feignit de conchier « l’élite » et la finance pour tromper les salariés américains. Une fois élu, il fit la politique des oligarques, de la finance en réduisant les impôts des plus riches, comme le fait la droite française sous sa forme moderniste et jeuniste, comme le ferait la droite de Laurent Wauquiez en sa version ruraliste et traditionnelle. Les populistes insultent le peuple en l’avilissant, le considérant comme ignare, grossier, incapable d’analyse et d’élévation. Bien sûr, les obscurantistes, les demeurés, les brutes du style tueurs de loups existent, mais le peuple vaut mieux que cette frange arriérée et ultra-minoritaire à laquelle s’adresse les Wauquiez, Estrosi, Bertrand et consorts. Les chiffres le prouvent et il suffit d’en prendre connaissance. Ici comme ailleurs, le loup révèle le niveau moral et intellectuel de la classe politique qui a bien mérité du mépris que lui témoigne un nombre sans cesse croissant de contemporains. Les hommes politiques vous confondent avec la lie. Considérez-les comme ce qu’ils sont : de sinistres petits personnages mus par leurs sordides petites ambitions égotistes.

Ils ne quêtent pas le Pouvoir car ils sont bien incapables de l’exercer face au monde de l’argent. Ils briguent les apparences du Pouvoir car leur manque de caractère et de conviction leur interdit de dépasser le stade de l’écume. Leurs propos idiots sur le loup rejoignent ceux qu’ils tiennent à l’encontre des services publics, des statuts de salariés, de la finance publique. Rien que des « éléments de langage », paravents de leurs forfaitures. Malheureusement, les loups ne peuvent rien pour nous débarrasser de cette classe politique, mais nous aimons les loups parce qu’ils ont su rester des insoumis et qu’ils nous montrent ainsi l’issue de secours. Quand les acteurs en représentation que sont les politiciens comprendront-ils que parler vrai ne signifie pas vociférer des stupidités et faire vulgaire pour respecter les gens. L’estime d’autrui nous pousse à l’élever, à le présumer apte à comprendre, à parler à son intelligence et non à ses pulsions, à le considérer comme un individu digne d’un dialogue honnête.

Comme ces petits personnages contre nature sont loin de ce devoir de respect ! Alors, les peuples ne mériteraient-ils pas mieux ?

Gérard Charollois

ecologie-radicale.org


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