Le pillage des ressources minières en Afrique...

... lutte et résistances contre AREVA au Niger
mercredi 28 février 2007
popularité : 1%

Forum social mondial - Nairobi (Kénya) - Janvier 2007

L’Uranium n’est pas une ressource naturelle ordinaire : Mamane Sani Adamou, Représentant l’ONG nigérienne Alternatives Espaces citoyens

Reçu de Cardabelle
Une histoire néocoloniale : Depuis 1961 (un an après l’indépendance) un accord de défense a été passé entre la France et le Niger déclarant l’uranium ressource stratégique interdisant son utilisation à base agressive.

En 1969, la France propose d’enlever l’uranium uniquement à prix fixe, au titre d’une aide au développement. Une compensation d’un milliard de F-CFA est attribuée au Niger

Le Président Hamani Diéré se rendant compte tardivement de la duperie, demande une association entre les 2 pays. Le CEA et la COGEMA sont en désaccord. La société des mines de l’Aïr est constituée. Le CEA dit avoir sous-estimé les investissements et demande une participation de 5000 actions au Niger qui refuse.

Le Niger se rapproche de la France pour trouver un équivalent pétrole pour fixer un prix plus juste : 1T d’uranium correspondrait à 10 000T de pétrole. Une demande de revalorisation de l’indemnisation est refusée. La France fomente un coup d’état en 1974 qui renverse le président. Une nouvelle négociation est engagée. Le n°2 du gouvernement reprend la discussion sur les bases présentées par l’ancien Président, il est accusé de tentative de coup d’état, jugé, et exécuté. Le prix de l’uranium est relevé à 10 Milliards de F-CFA. Le pays s’endette fortement pour le développement.

Le retournement de la conjoncture plus hostile au nucléaire permet à la COGEMA de faire baisser les prix. Avec les difficultés liées à la dette, l’investissement agricole ne peut se réaliser. La démocratisation intervenue en 1990 n’a pas remis à l’ordre du jour la renégociation

Depuis 2001, la Société Civile se mobilise.

Conséquence sur la santé :

La radioactivité nuit à la santé des mineurs et à l’environnement. La COGEMA le conteste, mais la CRIIRAD le confirme, bien qu’on ait tenté de l’empêcher de faire son audit (saisie de ses instruments de mesure)

- Contamination de l’eau

- Familles exposées au radon infiltré dans les maisons

- Ouvriers exposés à la radioactivité : les 2 hôpitaux ne relèvent aucune maladie professionnelle ni de radioactivité, pour cause : ils ne disposent que de 4 médecins généralistes et 2 chirurgies et ne sont donc pas équipés de spécialistes de la radioactivité. Quand les ouvriers sont trop malades (e raison de la radioactivité) ils sont interdits de mines et doivent « se reposer », ils perdent leur emploi et s’ils décèdent par la suite, ils ne sont pas comptabilisés par la mine. Ils sont affectés de maladies respiratoires graves, de cancer, d’obésité. Des décès d’enfants surviennent sans raison. La CRIIRAD étudie la radioactivité de jouets.

- Le matériel, non décontaminé, est stocké un peu partout sans précautions particulières, vendu et réutilisé dans le bâtiment, provoquant des irradiations à l’insu de la population.

Impact économique :

Salaires des personnels :

Très grandes différences :

· Les cadres très bien payés (300 environs) : 500 000 F-CFA à 2 millions F-CFA

· Alors que les ouvriers, tous autochtones perçoivent 25 à 50 000 F-CFA

Développement :

- La COGEMA se concentre sur le minerai le plus riche et sous traite le reste à d’autres sociétés.

- Aucun effort social : l’école est payante : 95 000 F-CFA

- Prix sous-évalué du minerai : environ 30 € le Kg. COGEMA et AREVA qui en dépend a réalisé un chiffre d’affaires de 80 milliard. Payés au prix estimé par comparaison avec le pétrole, les 100 000 T extraits qui devaient êtres fêtés en 2006 auraient dû rapporter 2 500 milliards au Niger. Une contre-manifestation la veille du jour delà grande fête prévue et organisée par AREVA a été annulée.

Alors :

- Pourquoi l’extraire s’il ne rapporte pas au pays ?

- Pourquoi ne pas reprendre possession de cette richesse nationale et la gérer comme le pays le veut ? AREVA considère que la mine est sa propriété et choisit ses clients.

- Pourquoi maintenir le prix aussi bas alors que 85 demandes d’exploitation sont proposées par d’autres sociétés d’autres pays (Russie, Inde, Pakistan…) ?

Uranium et environnement : Bendouma, Président du groupe de réflexion sur les activités d’extraction.

Il rappelle d’abord qu’un membre d’une ONG Nigérienne n’a pas été autorisé à quitter le pays pour venir au FSM.

La pollution de l’environnement se fait de différentes façons :

- L’eau : elle est puisée par les compagnies minières à 150 m de profondeur où la nappe recoupe les couches minières.

- La dissémination des ferrailles évoquée précédemment

- Les accidents de transport : le minerai est transporté dans des fûts sur une route goudronnée de 1500 Km puis par train jusqu’à Cotonou au Bénin. Des accidents surviennent ; récemment un accident a causé 5 morts et le sol a été pollué (cercle jaune sur des dizaines de m). Il passe là des troupeaux et des piétons

- Inhalation de gaz radon et de poussières radioactives : il faudrait des analyses permanentes et indépendantes. Les seuls contrôles ponctuels sont effectués par la société sans contre-expertise indépendante. Les travailleurs ne sont pas soignés ni suivis.

On peut conclure que, AREVA récupérant 70% de la production, il s’agit :

- D’un pillage de ressources du pays

- D’une catastrophe écologique

- D’une faillite politique nigérienne. Les dirigeants sont complices, mais les citoyens ne se résignent plus : des grèves ont lieu malgré l’arrestation de salariés et leurs licenciements.

Intervenants de la salle :

- Représentant de l’ONG Aghir Iman (constituée de salariés) Des complications administratives sont opposées aux membres de l’ONG pour se déplacer à l’étranger et même à l’intérieur du pays.

- Représentant d’une « coalition pour l’équité » :Cependant AREVA s’engage dans l’investissement agricole dans une vallée au nord du pays. Il faut suivre cette réalisation

- Représentant de l’EITI, initiative pour la transparence dans les extractions minières :

o Le Niger a adhéré à cette initiative

o Un cadre a été nommé

o Des audits doivent être fait pour toutes les extractions par des organisations indépendantes en lien avec la campagne « publiez ce que vous payez »

- Mustapha Kadi, vice-président de l’ONG « droit à l’énergie S.O.S futur » et Président du « collectif pour la défense du droit à l’énergie au Niger (CODDAE) »

Après avoir rappelé que c’étaient 250 000 Milliards de F-CFA qui ont été détournés du Niger par AREVA , il s’indigne de l’accusation de Bush qui reproche au Niger d’avoir vendu de l’uranium à l’Irak alors que c’est la France qui a la maîtrise de la vente du minerai. La Société Civile a porté plainte contre Bush. Mais cette démarche n’a été soutenue par aucun pays.

L’aide pour le développement de la vallée au nord fait partie d’une aide totale de 11 Milliards répartis entre

o Des bourses de formation d’ingénieurs (une 3ème mine devrait ouvrir qui aura besoin de main d’œuvre qualifiée).

o La lutte contre le VIH

o L’aménagement de la vallée. Ces crédits seront mis à la disposition du gouvernement qui exécutera le programme. ¨Pourquoi ces crédits ne sont-ils pas confiés à la société civile ?

- Représentant du Katanga : les audits devraient être tripartite associant la société civile

- Représentant de la Fédération des travailleurs Africains en France : le rapport inégalitaire d’exploitation de l’Afrique par la France persiste. En France est perpétuée l’image d’une Afrique mal gérée par des dirigeants dilapidant les biens ; Il faut imposer des émissions sur ce thème.

- Représentant du Congo : même processus au Congo, des luttes dénoncent ces faits, mais il faut attaquer en justice. En Afrique, la seule dénonciation entraîne la prison. En France, la démocratie protège. Un proverbe africain dit « quand la maison du voisin brûle, ne festoyez pas, aidez les à l’éteindre, sinon c’est la vôtre qui brûlera après ».

- L’animateur de l’atelier : un exemple de cette proposition est en cours : dans un village, 400 enfants présentent une déformation osseuse provoquée par la teneur en fluor de l’eau. En 2001, la société Nigérienne des eaux a été rachetée par Vivendi. Vivendi a créé une Sté nigérienne pour la distribution. Une plainte a été déposée en France contre Vivendi.

- Survie/CADTM : une caravane de visite de la mine a été refoulée

En conclusion, retenons

1/ La nécessaire souveraineté du Niger sur ses ressources naturelles et minières

2/ La transparence à établir dans l’exploitation et la gestion des ressources

sites à consulter :

www.monde-solidaire.org

www.temoust.org

www.energiesosfutur.org

NB : Ce compte-rendu a été réalisé par une participante française au Forum social mondial qui l’a transmis au Réseau "Sortir du nucléaire"


Commentaires

Logo de visionaire
Le pillage des ressources minières en Afrique...
mardi 28 octobre 2008 à 00h56 - par  visionaire

Pour mieux sensibiliser les gens, de tels articles doivent être joués en film et diffusés dans les cinémas ou chaines de TV. D’ailleurs l’américain Algore a fait la même chose pour mieux attirer l’attention des gens sur la dégradation du climat. Mikle Moore aussi a fait la même pour lutter contre le programme de Bush.

Agenda

<<

2017

 

<<

Août

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois