La face cachée du sushi

dimanche 24 septembre 2017
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Manger japonais, c’est bon pour la santé et ça ne fait pas grossir. C’est parce qu’ils en sont persuadés que les Français sont devenus aujourd’hui les plus gros mangeurs de sushis d’Europe. On le sait, pour exploiter le filon, plein de restaus chinois se sont reconvertis à la cuisine nippone. Même le juteux secteur de la livraison à domicile a misé sur le sushi et l’a ajouté à son menu. Au motif que l’amateur de tranches de poisson cru est réputé avoir de l’oseille. Un supermarché digne de ce nom se doit désormais, lui aussi, d’avoir son rayon sushis.

C’est ainsi qu’est né le sushi industriel. Un produit encore plus éloigné de sa version traditionnelle que l’ersatz servi dans la plupart des restaurants chinois. Le Canard est allé mettre son bec dans les recettes de Sushi Gourmet, qui aligne près de 400 stands, chez Leclerc, Auchan et Casino, chacun rapportant en moyenne 700 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Normalement, un sushi fait dans les règles de l’art, c’est une tranche de poisson ultra frais posé sur une bouchée de riz vinaigré, avec une pincée de sel et un soupçon de sucre.

Mais dans les rayons d’un supermarché, le riz est badigeonné de sirop de glucose-fructose, une joyeuseté au pouvoir sucrant démesuré, qui retarde la sensation de satiété. Vient s’y ajouter de la mélasse, une mixture issue du raffinage de la canne à sucre et qui, pour l’anecdote, est aussi utilisée dans la gamelle des bovins et des cochons car elle stimule l’appétit. Non seulement les sushis sont plus caloriques, mais on en mange davantage. Sans compter une farandole d’additifs.

Prenez le glutamate monosodique, utilisé comme exhausteur de goût sous l’intitule E621. Cette poudre blanche cristalline a le pouvoir d’augmenter l’appétit de 40 % chez les rats, avec un autre effet quand elle est ingérée à haute dose : celui de nécroser leur cortex. Et que dire de l’E129 ? On ne le répétera jamais assez, ce dérivé pétrochimique couramment utilisé dans les colorants capillaires est interdit dans les aliments aux États-Unis et dans plusieurs pays européens car il favorise les crises d’asthme, d’urticaire, d’eczéma, les allergies… mais pas seulement.

Sur certaines boîtes de Sushi Gourmet figure cette mise en garde : « peut causer des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants ». Pas de sushi à se faire !

Le Canard Enchaîné N° 5056 du 20 septembre 2017


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