Pourquoi la série "Game of Thrones" est appréciée des universitaires

lundi 17 juillet 2017
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"Game of Thrones", dont la saison 7 débute demain, est une série culte jusque dans les milieux universitaires.

Des mois qu’ils trépignent d’impatience. Demain soir sur [OCS City, vingt-quatre heures après sa diffusion aux États-Unis, les inconditionnels de Game of Thrones découvriront enfin le premier des sept épisodes de la septième et avant-dernière saison de leur série préférée. Selon le bref synopsis de la chaîne HBO, Jon organise la défense du Nord, la reine Cersei Lannister tente d’asseoir son pouvoir et Daenerys rentre à la maison. Impossible d’en savoir plus sur l’intrigue : depuis deux ans, l’adaptation de la saga littéraire de George R.R. Martin va plus loin que son modèle et le scénario est aussi bien protégé que le Trône de fer du royaume des Sept Couronnes.

Avec 38 Emmy Awards, Game of Thrones est la série la plus récompensée de l’histoire de la télévision américaine. Depuis son lancement, en 2011, elle a constamment amélioré son audience, sur HBO comme dans le monde entier où elle est l’œuvre la plus diffusée (173 pays) mais aussi la plus téléchargée illégalement. Au-delà de la qualité de son écriture, de sa débauche de moyens (10 millions de dollars par épisode), de ses acteurs impeccables et de ses fréquentes scènes de sexe, comment expliquer un tel phénomène pour une fiction de medieval fantasy ? "Elle parle à toute sorte d’imaginaires, analyse Dominique Moïsi, auteur de "La Géopolitique des séries" (Stock). Les époques sont floues : on ne sait pas si l’histoire se passe pendant l’Antiquité ou au Moyen Âge ou bien si ce n’est pas une évocation du Moyen-Orient d’aujourd’hui, avec son extrême violence, ses décapitations."

"Culture de la peur"

Selon cet éminent politologue qui a enseigné à Harvard et au King’s College de Londres, les thèmes abordés collent souvent à l’actualité, ce qui est assez paradoxal pour une série considérée comme un mélange du Seigneur des anneaux et des Rois maudits. "La fin de la saison 6, en juin 2016, annonçait une confrontation entre deux femmes, détaille Dominique Moïsi. On peut penser que les scénaristes avaient intégré les pronostics selon lesquels Hillary Clinton allait devenir présidente des États-Unis et la seconde femme forte de l’Occident avec Angela Merkel… Cette série traduit également les inquiétudes sur l’avenir du monde, avec cette phrase qui revient sans cesse : ’Winter is coming’ (’l’hiver approche’). Game of Thrones accompagne une culture de la peur."

La saga créée par David Benioff et D.B. Weiss agite beaucoup les milieux universitaires. Comme The Wire (plus sociale), House of Cards ou Homeland (plus politiques), étudiées, elles aussi, sur certains campus américains. Sauf qu’elle brasse tous les domaines en même temps : l’histoire, la littérature, le pouvoir, la politique, la psychanalyse… "Chacun peut s’y retrouver", apprécie Marianne Chaillan, professeure de philosophie à l’université d’Aix-Marseille et dans un lycée de la cité phocéenne. Auteure de Game of Thrones, une métaphysique des meurtres (Le Passeur), elle a découvert la série grâce à ses élèves. Une mine d’or pour appréhender la morale individuelle et politique ou les questions métaphysiques.

La saison 8 en 2019

"Il y a des dilemmes moraux à n’en plus finir. Dès la première saison, on assistait à un inceste et à une tentative de meurtre sur un enfant, note-t-elle. Les conflits entre les familles de Westeros peuvent également s’apparenter aux clivages entre les différents courants de pensée. Ainsi, le personnage de la reine Cersei Lannister permet d’aborder Machiavel et Daenerys Targaryen (prétendante au Trône de fer) ressemble au monarque éclairé que Kant appelle de ses vœux dans ’Qu’est-ce que les lumières’ "

La pédagogie fonctionne. Certains élèves allergiques à la philo se sont passionnés pour la matière grâce à la série. Celle-ci devrait trouver son épilogue en 2019, avec une huitième saison de six épisodes événements qui pourraient durer 80 minutes chacun ! Presque comme au cinéma.

(Illustration : Kit Harington joue le personnage de Jon Snow dans Game of Thrones. Reuters)

lejdd.fr


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