L’âge des ténèbres

dimanche 19 mars 2017
par  dav Y
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Vouloir le bien d’autrui est le meilleur bien qu’on peut s’apporter à soi-même

Puis l’humanité sombra

Il faut croire que le statut de l’humanité est quelque chose qu’on doit maintenir hors de terre. Que les civilisations, la culture, le progrès, ne sont pas des dus de Dieu envers nous. Qu’ils ne sont pas "automatiques", ni naturels. La liberté, ça se conquiert. L’humanité, ça se sustente. La dictature a historiquement été définie comme la gravité vers laquelle toute société tend, dès lors qu’elle s’abandonne à elle-même. Les prémisses paradigmatiques qui permettent d’assimiler les enjeux et l’esprit de notre salut, en tant qu’humanité magnifique, ne sont jamais assez promus ou connus. Ils se déclinent en trois étages, d’une même idée :

1 - L’humain est co-créateur de la Création. Sa raison d’être, le but de sa vie, son accomplissement, vont de pair avec la création de l’univers. L’univers est une machine dont tous les rouages ont été minutieusement pensés, placés et huilés, pour être laissée aux humains. La Création n’a lieu que parce que les humains la constitue. Ils s’auto-crééent, ils s’élèvent, ils se réalisent. Si on dit que l’univers est auto-réalisateur, auto-créateur, c’est uniquement parce qu’on y incorpore l’action des humains. Non pas indépendamment, d’eux, ou à leur profit.

2 - En somme si on pense bien à ce qui précède, cela s’applique aux humains entre eux : la liberté n’est que le produit de celle que chacun concède aux autres. Ce n’est pas juste "elle s’arrête là où commence celle des autres" comme si c’était une propriété privée. C’est le produit des actions qui ont été pensées avec générosité, avec grandeur d’âme, pour le bien de tous. C’est l’espace, le temps, les moyens libérés et mis à disposition de tous qui fait la liberté. On le voit, il y a une mécompréhension de ce qu’est être agnostique ou croyant. Notre société est arithmétiquement agnostique, elle ne pense qu’aux biens matériels immédiats, à leur défense contre le vol par les voleurs qu’ils fabriquent, et qu’à la petitesse du chacun pour soi. C’est une société étroite d’esprit, très limitée intellectuellement, qui génère du chaos dans des domaines minuscules, dont dépendent le sort de milliards d’innocents. Et en même temps c’est une société irrationnelle, mythologique, qui déverse une foi débordante dans des objectifs qui n’ont aucune valeur pour quiconque, et consacre toute son énergie et son inquiétude pour des causes si stupides qu’elles pourraient être confiées à des robots. La narration historique elle-même est réduite autant que possible à l’insignifiant, plongeant les peuples dans un quotidien qui n’a aucun rapport avec les enjeux à long terme ; Et laissant toute latitude aux stratèges de guerre de monter des coups que personne ne soupçonne.

3 - Au niveau psychologique, les relations sont faites d’éducation, de formatage, de mise en conformité, d’annihilation des qualités humaines inutiles à un système injuste et subi, et d’encouragement des qualités criminelles, d’égoïsme, ou de persuasion. Les gens, à tous les niveaux, se donnent des ordres, s’offusquent qu’on ne pense pas comme eux, se briment, ne s’écoutent pas. Ceci, est le fait d’une société qui conçoit l’homme comme étant dissocié de la nature. Qui contemple le monde et s’amuse à y exercer un contrôle comme pour se prouver qu’il existe, sans conscience qu’il y siège.

Là où, toute action commise l’est conjointement à soi-même. Inclut, même si on l’ignore, au monde, tout ce qu’on pense et fait déforme la réalité dans laquelle on est immergé, et finit par nous atteindre. N’est-ce pas le but ?

Quand on sait que "la nature" va dépolluer nos déchets, c’est parce que l’humain (et ses organes) fait partie de cette nature. Ce sera à lui de faire ce travail. Quand on abat des animaux avec cruauté, on peut croire que l’animal ne la ressent pas, mais pas que les humains ne la ressentent pas. Quand on éradique des forêts, on peut s’oblitérer le regard en croyant créer de la richesse, là où on extermine 99 % de ce qui n’en semble pas une, mais dont la perte est insoutenable. Et tout ça pour se retrouver avec des excès de carbone que ces forêts auraient largement pu absorber. Même après leur mort les arbres nous parlent, et nous montrent le constat de nos actes. Sommes-nous si fous que nous ne voulions pas les écouter ? Si tuer les forêts c’est tuer l’humain, n’est-il pas temps pour l’humain de se considérer comme une partie de ces forêts, et ces forêts, une partie d’eux-mêmes ?

Pour changer le monde, il faut se changer soi-même

Bien que cette phrase soit détestable tant qu’elle est prononcée par un système saccageur, qui attend de l’humain qu’il rabatte son caquet et se mette à trimer dans les mines, il y a là une part de la solution. Disons que c’est un tout, et qu’il y a des effets qui existent, et sont prêts à se déclencher pour peu qu’on veuille bien se mettre en résonance avec eux. Disons que c’est au niveau individuel que doivent s’appliquer des lois à l’origine destinées aux relations entre les pays. Les Droits de l’Homme, doivent exister dans le coeur des gens, qui doivent y penser tous les jours, si on veut qu’ils prennent effet dans la réalité. Il faut se dire "Je suis né pour être libre !", "Je suis l’égal de chacun !", "Je dois m’exprimer librement !" "Je n’ai pas d’ordres à recevoir, car je suis le meilleur maître de mon propre destin !". "Je suis responsable, et je suis digne !".

Au niveau des relations, il faut laisser la liberté, laisser parler, écouter, permettre l’épanouissement des autres, ou du moins y contribuer et cela, sans contre-partie directe au premier degrés (mais toutes les autres indirectes aux degrés ultérieurs). Il faut apprendre à connaître et comprendre son prochain, comme si c’était un pays à découvrir, et qu’il y avait des surprises et des enseignements à en tirer. Il faut s’enrichir de l’autre, même s’il n’a pas grand chose à donner, le peu qu’il a le rendra heureux s’il vous servait. Et ainsi ce "peu" deviendra beaucoup. Il faut élever, au sens de faire grandir, les qualités de chacun. C’est dans cet esprit d’enrichissement qu’on conforme un environnement social dans lequel il est agréable de vivre.

Penser en termes de démultiplication

S’il y a des cultures dans le monde qui s’en sont mieux sorties que d’autres, ce sont celles qui agissent, encouragent et répriment les comportements qu’ils se voient subir. C’est le meilleur moyen de contrer un poison mental qui enfle dans nos sociétés, où des gens conforment leurs actions "en fonction de ce que veulent les gens" et pas une seule seconde en fonction de ce qu’ils veulent eux-mêmes, fruit d’une réflexion et de sa propre expérience. Ceux-là qui se font les serviteurs d’un système, qui arrivent même à voir de la dévotion dans leur privation d’intelligence, et qui se dissocient de leur "public" au point de les déconsidérer, sont ceux qui font le plus grand mal au monde. N’ont-ils pas pu voir que leur action détériorait l’humanité au fil des quelques brèves décennies depuis lesquelles l’humanité est en train de sombrer ? N’ont-ils pas l’intelligence, même si peu exercée, de s’en rendre compte ?

Quand on fait quelque chose, quand on dit quelque chose, Comment serait le monde si tout le monde le disait et le faisait ? C’est trivialement contradictoire, qu’une civilisation qui voudrait formater et normaliser tout le monde selon des critères de rentabilité d’un système inique, ne s’imagine pas une seconde ce que serait le monde si "tout le monde" pensait et faisait comme eux. On peut dire que l’humanité a un GRAVE problème psychologique, qui s’exprime par des contradictions qu’ils n’arrivent à faire concorder qu’en ignorant abruptement la réalité ! Ils ignorent même pourquoi ils essaient inconsciemment de les faire s’accorder ; tel un psychotique qui, par la souffrance qu’il génère, ne fait qu’appeler au-secours. Mais que serait le monde si, au lieu de vouloir et rêver de vivre confortablement dans une maison de luxe, nous voulions que Tout le monde vive dans une maison de luxe ? Si en voyant des belles voitures dans les pubs à la télé, on réalisait que le rêve utopique n’était pas seulement d’en avoir une, mais que tout le monde en ait une similaire ? Ne serait-ce pas un monde excitant et merveilleux ? Notre fanatisme pour le progrès serait synonyme de Bien commun et d’avancée réelle.

Et dans le même temps, si on pense en terme de démultiplication, que serait le monde avec - ce qu’il est déjà - une pollution consistante et permanente, produisant des maladies des morts par millions ? La démultiplication est un moyen de se donner une plus grande responsabilité envers les autres. C’est une question de discipline et de sagesse, qu’il faut s’appliquer à soi-même, et à la fois avec l’humilité de se contenter des maigres bénéfices obtenus, sans pour autant forcer - et ainsi dénaturer - la générosité des autres. C’est par ce long et pénible effort qu’une émulation peut surgir, le jour où le monde pensera en termes de Monde.

Le fait est que si on veut bien consentir à être en accord avec notre nature d’être humain, conçu par, pour, et dans la Création, dans un univers dont la réalité est n’est faite que des actions des hommes, où tous les potentiels sont accessibles, où tous les rêves peuvent se réaliser, il est possible de survenir aux contradictions criminelles qui sont le lot des civilisations périclitantes. On peut être à la foi agnostique dans sa méthode et son rapport à la réalité et avoir une foi infinie en la justesse de ses actes.

On peut à la fois vouloir et protéger son "bien", son bien-être, et également n’en obtenir que ce qui découle de celui des autres.
On peut très bien, si on le souhaite, se sentir plus fort que les autres, et tout à la fois pour cela devoir attendre patiemment que ce soient les autres qui le reconnaissent honnêtement ; au nom de l’usage bénéfique qui en a été fait. On peut rêver d’un monde meilleur, et n’en être qu’une infime partie, sans que ce ne soit insuffisant pour se sentir pleinement accompli.


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