Pour rester libres et humains, manifestons le 22 mars 2017 contre Linky

vendredi 17 mars 2017
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Les collectifs anti-Linky appellent à manifester le mercredi 22 mars 2017 à Paris et dans toute la France, à l’occasion de la rencontre entre l’Association des maires de France et les candidats à l’élection présidentielle. Il s’agit une fois encore de percer le silence de la presse nationale et la surdité des technocrates, politiques et économiques. Lesquels font de leur mieux pour ignorer un mouvement qui, depuis 2015, prolifère dans tout le pays et creuse toujours plus les raisons de son opposition.

C’est un minuscule appareil que le compteur Linky. Pourtant, quand on s’avise de le démonter et de découvrir à quoi il nous relie exactement, c’est tout le monde-machine et la société de contrainte que nous voyons paraître. Les compteurs communicants (Linky, Gazpar, compteurs d’eau) connectent nos maisons à la « ville intelligente » (smart city) et à la « planète intelligente », ce vaste filet numérique qui nous enserre dans ses mailles toujours plus fines. Ces mouchards électroniques pillent nos données privées et domestiques et les concentrent aux mains des prédateurs, politiques et industriels, afin de mieux nous gérer, contrôler, surveiller et contraindre. D’ici 2050, 80 % de la population mondiale vivra dans des métropoles. Le reste du territoire servant de réserve de ressources ou de zones de loisirs. Les métropoles sont des usines à habiter exigeant un fonctionnement automatisé : efficacité, rapidité, rentabilité. Ni frictions, ni attente, ni erreur. C’est à quoi servent les réseaux et objets connectés, l’analyse et la prédiction des comportements. C’est à quoi sert le compteur Linky. L’éviction de l’humain a pour objectif de rationaliser chaque part de notre vie. Cela signifie renoncer à l’imprévu, à la surprise, à la débrouille - à nos vies humaines. Le but de la « planète intelligente », c’est de « remplacer le gouvernement des hommes par l’administration des choses », grâce au big data et à la machine à gouverner. Nous devenons les composants de la ville-machine, privés de toute autonomie.

Pour fonctionner dans la smart city, les smartiens doivent être connectés à leur milieu-machine (transports, communications, emplois, démarches administratives…). Ils ne l’ont jamais décidé. Ils doivent eux-mêmes s’automachiner, se déshumaniser. Le téléphone est devenu portable, puis smartphone, puis deviendra prothèse incorporée pour les futurs hommes-machines. Chaque intrusion technologique nous ampute davantage de nos capacités humaines et sociales et de notre libre-arbitre. Élus et technocrates nous imposent la smart city comme solution à la catastrophe écologique provoquée par deux siècles de course à la croissance techno-industrielle. Ne pouvant plus nier les effets de leur folie, ils prétendent les corriger par une nouvelle accélération technologique, réputée verte : ce qu’ils nomment la « transition énergétique », et dont Linky serait l’outil indispensable. Leur transition n’est pas énergétique, mais numérique. Quincaillerie connectée, Internet des objets, data centers, puces et capteurs, voitures électriques et réseaux « intelligents » engloutissent toujours plus d’électricité. L’Agence internationale de l’électricité signale qu’en 2013, les objets connectés ont grillé 616 terraWatt/h, soit plus que le Canada et la Finlande réunis. Il faudra trois tranches nucléaires ou 3 000 éoliennes pour connecter vos volets à Internet et vos radiateurs à Linky : c’est ça, la « transition énergétique ». C’est aussi un brouillard électromagnétique toujours plus dense autour de nous : une expérience in vivo sur la population cobaye, avec son lot de pathologies inévitables.

L’industrie prévoit de nous fourguer toujours plus d’objets connectés (50 par foyer français en 2022, contre 10 aujourd’hui). EDF investit dans la « maison connectée » via sa filiale SoWee. Ces objets, que nous n’imaginons pas et que nous ne demandons pas, ne nous manquent pas. Pourquoi devrions-nous en être obsédés ? Pourquoi leur asservir nos existences ? Pour détruire un peu plus la planète et gaspiller toujours plus d’énergie ? Pour substituer un peu plus le milieu artificiel au milieu naturel ? Enedis, en même temps qu’il impose Linky, fait la propagande de la smart city via son site smartlink.fr, dont les articles sur « La France connectée » sont repris sur le site du Monde, et les antennes de BFM. Enedis veut sa part des 147 milliards d’euros du marché des smart cities et devenir un industriel du big data. Comme dit son président Philippe Monloubou, il accèdera bientôt à 35 millions de capteurs : nos compteurs. Félicitations aux promoteurs de Linky : à défaut d’avancer d’un pas dans la pseudo-« transition énergétique », ils auront au moins libéré la critique collective qui s’est saisie du sujet. Cette même critique qui depuis des années conteste le nanomonde totalitaire, la police technologique des populations, le téléphone portable, les RFID et le mouchardage électronique, le décervelage par l’école numérique, le transhumanisme et son projet d’homme-machine dans un monde-machine.

Nous manifesterons contre Linky et les compteurs communicants le 22 mars 2017. Comme nous avons manifesté contre l’inauguration de Minatec à Grenoble en 2006 (micro et nanotechnologies) et celle de Clinatec en 2012 (neurotechnologies, implants électroniques) ; comme nous avons occupé le Pôle national Traçabilité de Valence en 2009 (puces RFID), accompagné la transhumance des moutons drômois contre leur puçage électronique en 2012, saboté les opérations d’acceptabilité des nanotechnologies en 2009-2010 et de la biologie de synthèse en 2013. Nous ne voulons pas fonctionner dans des mégapoles automatisées, mais vivre dans des villes humaines. Nous ne voulons pas de gadgets inutiles, infantilisants et polluants, mais une société frugale et décente. Contre la smart city sous contrôle électronique, restons maîtres de notre vie : boycottons les marchands de faux besoins, refusons Linky.

Rassemblement mercredi 22 mars 2017 de 11h30 à 15 heures devant la Maison de la Radio (116 avenue du Président Kennedy, Paris 16ème) et partout en France à l’appel des collectifs anti-Linky.

piecesetmaindoeuvre.com


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