Sous la robe de l’avocat

vendredi 27 janvier 2017
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L’année dernière, les Français ont avalé 105 000 tonnes d’avocats. Presque autant que de raisins. Il est vrai que l’avocat a bonne presse. Il suffit de faire un tour sur Internet pour découvrir qu’en manger c’est bon pour le cœur, la vue, le mauvais cholestérol, la constipation, la cellulite… Sans compter que les végétariens en ont fait la matière grasse de leurs pâtisseries, à la place du beurre. L’avocat a beau être l’un des fruits les plus chers, sa consommation chez nous grimpe de 30 % par an.

Sauf que notre engouement est en train de provoquer une catastrophe écologique. Vu que les avocats ne poussent guère chez nous, la France, devenue 3ème importateur mondial, les fait venir de très loin, pour les deux tiers du Pérou. Bonjour le bilan carbone ! Préalablement badigeonnés d’une cire au fongicide, les fruits « testicules », comme les avaient baptisés les Indiens, passent trois semaines en mer, sur des tankers, dans des conteneurs climatisés à 6°C afin de bloquer leur mûrissement. Une fois à quai, direction une chambre de mûrissement où l’on va diffuser ce qu’il faut de gaz éthylène pour qu’ils soient mûrs pile-poil le jour voulu. C’est pourquoi, des avocats, on en trouve toute l’année.

En prime, le fruit préféré des écolos est une calamité hydrologique. Sa culture siphonne 500 milliards de litres d’eau par an sur la planète, comme l’a récemment raconté France 5, dans « le Doc du dimanche » : « L’avocat, un fruit qui fait sa loi » (dont extrait vidéo sous cet article). Car l’avocatier est un boit-sans-soif : 1 000 litres d’eau pour un kilo de fruits, contre 130 litres pour 1 kilo de salade ou 180 litres pour 1 kilo de tomates. Au Pérou ou au Chili, les petits cultivateurs se retrouvent à sec, car la flotte est pompée par les exploitations géantes alentour. Et, comme pour les cultures de palmiers à huile, on déforeste à tour de bras.

Au Mexique, 1er producteur mondial, le gouvernement a donné pour consigne de ratiboiser les forêts de pins pour faire plus d’ « or vert », comme on l’appelle ce qui contribue au réchauffement climatique et menace d’extinction l’un des hôtes de ces forêts, le célèbre papillon monarque. Au pays du guacamole, l’exportation d’avocats est devenue tellement lucrative qu’on en trouve moins sur les marchés locaux, et parfois à des prix exorbitants. L’an dernier, entre janvier et juillet, le kilo a flambé de 80 centimes à 4 euros.

Pour profiter toujours plus du filon, une ferme géante, en Afrique du Sud, a eu l’idée de greffer des pousses d’avocatier sur des pommiers, ce qui permet de charger les branches comme un sapin de Noël. Ça fiche les boules…

Le Canard Enchaîné N° 5022 du 25 janvier 2017


Commentaires

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Sous la robe de l’avocat
vendredi 27 janvier 2017 à 11h59 - par  Roland M___

Sans compter ceux des colonies israéliennes, qui nous inondent sur les marchés et grandes surfaces, pour alimenter le nettoyage ethnique et l’armée de cet État qui a tué, pendant l’agression de 50 jours de l’été 2014, près de 2 200 Palestiniens, dont 577 enfants. « On estime que plus 12 620 maisons ont été totalement détruites [à Gaza] et 6 455 gravement « endommagées ».
Mehadrine a pignon sur "rue" dans les marchés nationaux.

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