Pourquoi je ne suis pas "poutinien"... ni poutinophobe

mardi 17 janvier 2017
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Par Pierrick Tillet

Critiquer la bêtise de la propagande occidentale anti-Poutine vous vaut immédiatement d’être classé d’autorité parmi les poutinophiles invétérés. Et pourtant non, je ne suis ni poutinophile, ni poutinolâtre, ni même simplement poutinien… mais pas davantage poutinophobe. Voici pourquoi.

Même s’il tire sa légitimité d’élections démocratiques, Vladimir Poutine se classe incontestablement parmi ceux qu’on appelle les dirigeants autocrates, c’est-à-dire autoritaires et ne supportant guère la contestation une fois leur pouvoir établi. Français jusqu’au bout des ongles et des traditions, je me qualifie comme “libéral égalitaire”, pour reprendre la terminaison employée par Emmanuel Todd dans sa typologie des systèmes familiaux dont découle naturellement tout système politique.

Selon Emmanuel Todd, la famille libérale égalitaire à la française — dont je suis — est un système dans lequel les relations entre parents et enfants sont de type libéral, et les relations entre frères et sœurs de type égalitaire (héritage réparti également entre les enfants). Elle est basée sur les notions de liberté et d’égalité, sur l’individualisme et le refus de l’autorité. Bien loin, on le voit, d’un autoritarisme russe jugé à juste titre par moi-même comme insupportable.

Le problème, c’est que le peuple russe, lui, s’accommode parfaitement de cet autoritarisme qui lui paraît naturel, au point de soutenir son actuel président à plus de 80 %. Car le système familial russe se classe par traditions ancestrales dans la catégorie de la famille communautaire autoritaire et égalitaire, d’où l’explication du passage par le communisme collectiviste, mais pas seulement : “autocrates”, c’est aussi le titre que l’on donnait jadis aux tsars et empereurs « de toutes les Russies ».

Si l’autoritarisme russe hérisse le Français “libéral égalitaire” que je suis, la tradition libérale inégalitaire en vigueur dans les pays anglo-saxons (États-Unis, Grande-Bretagne) ou l’autoritarisme communautaire inégalitaire de la famille souche allemande m’indisposent tout autant. On le voit, l’étude de ces différences entre structures familiales et politiques montre qu’il est bien difficile (et présomptueux) de juger une catégorie de cette typologie à l’aune des critères de valeurs d’une autre catégorie (et vice-versa).

Cela n’interdit pas de reconnaître les mérites (ou démérites) de tels ou tels dirigeants d’un autre système que le sien. Mais reconnaître l’envergure politique d’un Kennedy, d’une Thatcher, d’une Merkel ou d’un Poutine ne fait pas obligatoirement de vous un kennedyen, un thatchérien, un merkelien ou un poutinien. Cqfd.

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