À Rennes, demande d’enquête contre les violences policières

dimanche 5 juin 2016
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Par Karl Laske

Plusieurs journalistes ont été frappés par des policiers de la compagnie d’intervention, jeudi, en marge d’une charge contre un cortège de manifestants. Le Club de la presse de Bretagne a saisi le Défenseur des droits. Dimanche 29 mai, le porte-parole départemental de Solidaires a été agressé par la BAC.

Jeudi 2 juin, vers 15 h 30, la police ne voulait pas de témoins près de la rocade de Rennes. En tout cas, pas de journalistes. Les fonctionnaires de la compagnie d’intervention et de la BAC ont tenté, en voiture et en camionnette, d’empêcher plusieurs centaines d’opposants à la loi sur le travail d’accéder à la rocade de Rennes. Se garant en travers de la chaussée, ils ont chargé la foule à coups de tonfa, en la repoussant dans les fossés. Et les journalistes ont été ciblés et matraqués à leur tour. Vincent Feuray, photographe pour Libération, en est à la quatrième agression par la police depuis le début des manifestations, malgré son casque siglé “presse”. « J’ai reçu un coup de matraque sur la tête, raconte-t-il. C’est le quatrième coup que je reçois. On était plusieurs à prendre des images, et on a été pris à partie. Et pourtant la manif qui rejoignait la rocade était hyper calme. Dès que les policiers sont descendus des camions, j’ai été matraqué et je me suis retrouvé par terre. Ils ont tapé dans le tas pour faire peur aux manifestants. À un moment donné, ils n’ont pas envie qu’on montre ce qui se passe et comment. »

Mardi, le photographe avait déjà été frappé à la tête lors de l’évacuation de l’hôtel Pasteur, ancienne université dentaire, que les manifestants ont tenté d’occuper. « Les flics sont entrés dans le bâtiment, et tout ce qu’ils voyaient, ils tapaient dessus, j’ai reçu deux coups de matraque dans le dos, raconte un syndicaliste. Ils ont traîné des filles par les cheveux. Tout leur est permis, c’est un truc de folie. Tout est permis : il n’y a rien pour se protéger. Ils veulent tuer le mouvement comme ça. » Dimanche, à la suite de la seconde évacuation de la salle de la cité, le porte-parole de Solidaires 35, Serge Bourgin, avait été coincé entre deux voitures et frappé, puis menacé par un policier de la BAC. Face aux brutalités subies par plusieurs d’entre eux, des membres du Club de la presse de Bretagne se sont rendus au point presse du préfet, jeudi soir, afin de dénoncer l’attitude des forces de l’ordre. Tout en « déplorant » les violences, le préfet Christophe Mirmand a rétorqué que « 20 fonctionnaires de police » avaient été engagés sur l’accès à la rocade pour faire obstacle à « 300 manifestants particulièrement déterminés » – ce que la plupart des témoins contestent. « Ils ont été obligés de déborder les manifestants dans des conditions de rapidité qui ont pu apparaître à certains comme un signal d’agressivité à leur égard. Ça n’était pas le cas, a assuré le préfet. Il y a eu la volonté de s’interposer, pour ce faire il fallait bien passer, contourner les manifestants. »

« Les mecs sont arrivés à une vitesse, je ne sais pas à combien ils roulaient mais c’était de la folie, raconte un syndicaliste. J’ai même cru qu’ils allaient matraquer à partir des vitres, mais ils aspergeaient les manifestants de lacrymogène avec leurs gazeuses. » Selon les témoins joints par Mediapart, six camionnettes des compagnies d’intervention sont arrivées à vive allure, suivies par des véhicules de la BAC.

Trois personnes ont été accueillies à l’hôpital : une jeune fille en trottinette qui aurait été percutée par l’un des véhicules, puis rouée de coups ; un jeune projeté dans les ronces et légèrement blessé à l’œil ; et un troisième, pour une série de coups de matraque. « Ils voulaient bloquer coûte que coûte le cortège, commente un manifestant. Il y a eu trois tirs de Flash-Ball dans notre direction. »...

(Suite de cet article sur mediapart.fr


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Corrida pouah !

mercredi 14 janvier 2015

La liberté selon Israël

jeudi 16 octobre 2008

Mahmud Hams, photographe palestinien de l’AFP, auteur d’un extraordinaire cliché montrant un missile tiré sur un groupe de maisons dans la bande de Gaza, n’a pu inaugurer l’exposition consacrée à son travail.

Malgré le visa délivré par l’ambassade de France en Israël et les certificats attestant que son voyage était pris en charge par l’AFP et la ville de Bayeux, il n’a pas été autorisé par les autorités israéliennes à quitter la bande de Gaza où il réside.

R.B. for NouvelObs