Communiqué Street Medic Paris sur la journée du 26 mai 2016

jeudi 2 juin 2016
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Par Street Medic Paris

Face à la répression qui touche les mouvements sociaux. Face à la disparition progressive du Droit de manifester. Face aux yeux crevés par les tirs de Flash-Ball. Nous sommes plusieurs dizaines de manifestant-e-s à venir équipé-e-s de matériel de premiers soins pour aider toutes les personnes victimes des violences policières. Voici ce que nous avons vu !

Face à la répression qui touche tous les mouvements sociaux, que ce soit les mobilisations contre l’État d’urgence, celles de la COP21, les luttes des migrant-e-s de Calais et d’ailleurs, les ZAD de Notre-Dame-des-Landes et du Testet (qui a vu la mort de Rémi Fraisse sous les grenades des gendarmes mobiles), et, bien sûr, la bataille actuelle contre la loi Travail et son monde... Face aux assignations à résidence, aux poursuites judiciaires, à la disparition progressive du Droit de manifester... Face aux yeux crevés par les tirs de Flash-Ball, aux brûlures et aux contusions parfois très sérieuses des grenades lacrymogènes et des grenades de désencerclement. Face aux os brisés par les coups de matraque et les coups de tonfa...

Nous sommes plusieurs dizaines de manifestant-e-s à avoir décidé de venir équipé-e-s de matériel de premiers soins afin d’aider toutes les personnes victimes des violences policières durant les manifestations et les journées de mobilisations. Le bilan des violences policières recensées ce jeudi 26 mai ne prend en compte que les témoignages des street medics présent-e-s au débriefing post-manif’ effectué place de la République.

Bilan de la manifestation du 26 mai 2016

Tout d’abord, nous avons dénombré énormément de personnes victimes des gaz lacrymogènes dont les effets, particulièrement néfastes à moyen et long terme, ne sont plus à prouver. Nous avons également constaté les blessures suivantes :
1 plaie très profonde à la cuisse (4 cm de diamètre et 1,5 cm de profondeur) causée par une grenade de désencerclement. La personne a été dirigée vers des Urgences.
3 personnes victimes de blessures dues à l’utilisation de Flash-Ball (blessures à la mâchoire ou sur la région abdominale).
2 personnes ayant reçu une grenade de désencerclement au pied causant un hématome ainsi qu’un malaise.
23 personnes souffrant de plaies diverses et/ou d’hématomes (crâne, aine, cuisse, hanche, thorax, main, genou).
7 personnes ayant fait des crises d’angoisse.
2 personnes (en l’occurrence des street medics) ayant reçu des coups de matraque (au bras, à la jambe).
1 personne victime d’une brûlure à la main et dont le casque (qu’elle avait sur la tête) a fondu au contact du palet de lacrymogène.
2 personnes ayant reçu du gel lacrymogène au visage, à bout portant, nécessitant un rinçage abondant.
2 personnes avec une plaie à l’arcade sourcilière nécessitant des points de suture.
1 plaie (de 4 cm de diamètre pour 1 cm de profondeur) au niveau de la malléole.
1 crise d’asthme.
4 personnes avec une plaie au crâne nécessitant des points de suture.
1 personne ayant reçu des coups de matraques causant un hématome au poignet.
1 personne souffrant de deux blessures légères (au visage et au bras) causées par une grenade de désencerclement. L’explosion de la grenade a aussi entraîné une surdité à l’oreille droite ainsi que des acouphènes.
1 hématome avec plaie au pied et fracture possible.
1 brûlure au tibia.
1 cloque de sang au pouce due à un projectile de grenade de désencerclement.
1 personne âgée ayant fait une crise de panique suivie de troubles spacio-temporaux.
1 personne ayant fait une crise de panique puis un malaise entraînant une chute (possible traumatisme crânien).
1 personne ayant reçu une grenade de désencerclement entraînant une plaie à la tempe (de 3 cm de diamètre), un saignement important à l’oreille, ainsi qu’une perte de connaissance. Cette personne a été prise en charge par des street medics avant que des policiers de la BAC ne les évacuent avec véhémence. Il a alors fallu insister lourdement auprès de la BAC pour que la personne blessée puisse être de nouveau soignée par un groupe restreint de 3 personnes. Le blessé a finalement été évacué par le SMUR après une demi-heure d’attente, trois CRS sont montés avec lui dans le camion de réanimation.

Nous tenons, par ailleurs, à mettre en lumière un événement particulièrement marquant et choquant, à savoir un homme qui est sorti du cortège via une rue adjacente après avoir été désigné par une partie des manifestant-e-s comme étant un potentiel policier en civil. Il a alors, tout en faisant face aux manifestant-e-s qui l’avaient suivi pour s’assurer qu’il quitte bien le cortège, sorti une matraque télescopique, posé sa main sur un pistolet rangé dans son pantalon pour, ensuite, sortir l’arme en question et braquer à deux reprises les manifestant-e-s aux cris de : "Vas-y ! Venez ! Venez ! Vous allez faire quoi ?!"

Nous signalons aussi qu’un street medic a été interpellé à la suite d’une charge de CRS. Il était accroupi afin d’assister une personne blessée. Il a été embarqué et est sorti après un rappel à la loi. Nous rappelons que le bilan des blessures a été rédigé en fonction des informations transmises par les street medics présent-e-s au debriefing post-manif’. Il n’est en rien représentatif de l’intégralité des violences policières commises durant la journée. Nous ne sommes ni sauveteuses, ni sauveteurs, juste des manifestant-e-s qui se préfèrent debout plutôt qu’à genoux ! La solidarité est notre arme !

Des manifestant-e-s street medics, présent-e-s à la manifestation du 26 mai 201

(Pour prendre contact ou apporter un témoignage : street-medic@riseup.net)

blogs.mediapart.fr


Commentaires

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Communiqué Street Medic Paris sur la journée du 26 mai 2016
vendredi 3 juin 2016 à 20h16 - par  goucho

Mais dans quel pays sommes-nous ?
en Amérique latine aux temps des brigades de la mort entraînées par CIA et français, spécialistes du « maintient de l’ordre » ?

Nos polices dépassent largement les limites de la légalité.
Alors que reste-t-il de leur légitimité ?

C’est préparer, sinon une guerre civile, du moins de grands désordres que d’accepter de tels comportements de l’État à travers son bras armé.

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