La mondialisation heureuse... pour les 10 % les plus riches

samedi 30 avril 2016
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Par B. A.

Quand la mondialisation aboutit à une déstabilisation d’une économie instable. En août 1997, le banquier d’affaires Alain Minc publiait son livre le plus ahurissant : “La Mondialisation heureuse”. Quand on lit ce livre aujourd’hui, on se rend compte qu’Alain Minc a passé sa vie à écrire des âneries.

La mondialisation heureuse pour qui ? Réponse : La mondialisation heureuse… pour les 10 % les plus riches ! Mais c’est la mondialisation MALHEUREUSE pour 90 % de la population. Sur le site internet forbes.com, Panos Mourdoukoutas écrit :

Le rêve brisé : 90 % des Américains sont dans une situation pire aujourd’hui qu’elle ne l’était au début des années 1970. Pour la vaste majorité des Américains, l’économie de leur pays est dans un état de stagnation prolongée, bien pire que celui du Japon. C’est en tout cas le constat lorsqu’on prend en compte les revenus réels, c’est-à-dire ajustés à l’inflation. 90 % des Américains gagnent plus ou moins le même revenu réel qu’au début des années 70, d’après une étude récente publiée par le Levy Economic Institute. La stagnation économique du Japon remonte au début des années 90.

Aux États-Unis, la stagnation économique n’a pas atteint les 10 % restants, qui ont assisté à une augmentation conséquente de leurs revenus réels durant la même période. Ce constat tranche avec celui des décennies qui ont précédé les années 70, soit à partir de la fin des années 40, lorsque les revenus réels des 2 groupes ont fortement augmenté durant la même période. Même si les 90 % connurent une progression plus élevée de leurs revenus que les 10 % les plus riches. Pour faire simple, pour la grande majorité des Américains, le rêve d’une vie meilleure s’est évaporé au début des années 70.

Comment expliquer ce changement majeur dans la distribution de la richesse durant ces 4 dernières décennies ? Cette période a coïncidé avec l’ouverture grandissant de l’économie américaine au commerce mondial et aux investissements étrangers. La mondialisation est donc le premier suspect qui vient à l’esprit. L’ouverture économique a mis en concurrence les entrepreneurs et les travailleurs américains avec leurs pairs étrangers. Pour les 10 % les plus riches de la population, ceux qui disposent des compétences requises, l’ouverture de l’économie américaine fut une bonne chose, une source d’efficacité et d’opportunités qui se sont traduites par des revenus plus élevés. Pour les 90 % restants de la population, ceux qui ne disposent pas des compétences adéquates ou de compétence limitée, l’ouverture de l’économie américaine fut une mauvaise chose, une source de perte d’emploi et de revenus inférieurs.

Mais un autre élément peut expliquer cette situation. Ces changements dans la distribution de la richesse ont empirés après la Grande Récession, ce qui nous amène à la seconde suspicion : les politiques de taux planchers, qui ont dopé la valeur des actions et des obligations, profitant directement aux 10 %, les plus susceptibles de posséder ces actifs. Il ne faut donc pas s’étonner de l’énorme soutien dont jouissent Donald Trump et Bernie Sanders, qui accusent la mondialisation et Wall Street de tuer le rêve américain.

Panos Mourdoukoutas.

Regardez bien la figure ci-dessous, extraite d’une étude de Strategic Analysis sur l’évolution des revenus réels aux États-Unis :

(Photo en haut à droite : Enquête Associated Press : 80 % de la population américaine est pauvre ou en passe de le devenir)

yetiblog.org


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