La planète bientôt climatisée (3)

Les Risques de l’Application de ces Projets sur le Système Climatique et la Santé des Etres Vivants
vendredi 17 août 2007
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Hervé le Treut, directeur de recherche au CNRS, craint que « les aérosols modifient notre monde », et rappelle qu’ils génèrent des pluies acides. Le système climatique est très complexe et très fragile ; Il fait intervenir notamment l’atmosphère, les océans, les continents et la biosphère, via des processus chimiques, biologiques et physiques.

Le recours à l’injection d’aérosols perturberait « un phénomène naturel appelé oscillation arctique, ce qui provoquerait des réchauffements locaux en hiver dans certaines régions, le refroidissement se concentrant sur d’autres ». s’inquiète de son côté le climatologue Edouard Bard, PR au Collège de France, qui ajoute qu’avec « de tels dispositifs de géoingénierie globaux, ce n’est pas seulement l’atmosphère qui est en jeu, mais le système climatique dans son ensemble, c’est-à-dire un gigantesque jeu de dominos d’une grande complexité. Prévoir et évaluer les effets collatéraux à l’échelle mondiale requiert, avant tout, un travail scientifique considérable impliquant climatologues, océanographes, géologues, astronomes, biologistes, agronomes, etc. » (Le Monde du 30 octobre 2006). Ces manipulations ne sont soumises à aucune législation dans la plupart des pays.

Selon la NASA, le triméthylène d’aluminium et le baryum, métal qui a la propriété

d’absorber le dioxyde de carbone (CO2), seraient parmi les produits chimiques les plus utilisés. La toxicité de l’aluminium est aujourd’hui reconnue comme facteur favorisant l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Henri Pezerat, éminent toxicologue, directeur de recherches au CNRS rapporte que plusieurs études épidémiologiques menées dans six pays différents ont toutes conclu « à une augmentation notable de l’incidence de la maladie d’Alzheimer en relation avec une concentration trop importante dans l’eau de boisson » (cette relation est niée par l’Institut de veille sanitaire qui refuse de prendre en compte les risques liés à ce métal lors du traitement des eaux).

Le baryum est un élément dangereux. Les sels de baryum pénètrent l’organisme par voie pulmonaire et orale. Les sels insolubles inhalés peuvent se déposer et s’accumuler dans les poumons à la suite d’une l’exposition à long terme. Les sels solubles dans l’eau et les acides sont très toxiques lorsqu’ils sont ingérés. Le baryum entraîne des arythmies, des troubles digestifs, une asthénie intense et une hypertension artérielle. Les analyses de baryum sont très délicates et coûteuses. Les tests effectués au Canada auraient révélé la présence de ce métal à des taux anormalement élevés dans l’eau de pluie.

D’une manière générale, l’augmentation des aérosols en suspension dans l’air, d’origines diverses, pourrait contribuer à la multiplication des cas de maladies respiratoires, d’allergies, d’irritations oculaires, de migraines, de symptômes grippaux sans fièvre, de pertes de mémoire et de confusion mentale, d’insomnies et de dépressions. Les symptômes dépressifs dus à la baisse de la luminosité sont de plus en plus soignés par la luminothérapie, pratiquée jusqu’ici dans les seuls pays nordiques en hiver.

Des expérimentations sont-elles déjà en cours ?

Depuis quelques années, une polémique sévit sur Internet, au sujet d’expérimentations secrètes qui seraient déjà menées depuis plus d’une décennie pour atténuer le réchauffement climatique. Les tenants de la théorie des manipulations du climat justifient leur point de vue par les observations à travers le monde, depuis une décennie environ, de longues traces blanches persistantes laissées par des avions quadrillant le ciel. Les autorités interrogées répondent que ces tracés ne sont que des « contrails » (abréviation anglaise pour « tracés de condensation ») correspondant à la vapeur d’eau émise par les avions à très haute altitude, qui se transforme en cristaux de glace à des altitudes où la température de l’air est inférieure à -40°C. Ils insistent également sur l’intensification croissante du trafic aérien. Les tenants de la théorie des «  chemtrails » (« tracés chimiques ») leur rétorquent que les contrails disparaissent au bout de quelques minutes, alors que les « chemtrails » peuvent persister pendant des heures ; ils s’élargissent peu à peu pour former un voile laiteux, avant de se superposer et de se métamorphoser en nuages de plus en plus épais et foncés, qui finissent par former une chape de plomb au-dessus de nos têtes entre 24 et 36 h après ces épandages. Ils prétendent que de nombreux avions laissant des traces persistantes volent à des altitudes beaucoup trop basses pour que des contrails puissent se former, qu’ils volent souvent en dehors des couloirs aériens, et ont parfois des trajectoires anormales (comme des virages à 90°). En Amérique du Nord, des associations de lutte contre les «  chemtrails », et quelques personnalités dénoncent vigoureusement ces pratiques et leur dangerosité, parfois avant de se rétracter, comme le sénateur américain démocrate de gauche Denis Kuccinich.

Que des expérimentations aient déjà commencé ou non, le grand battage médiatique sur le réchauffement climatique, qui s’intensifie depuis plusieurs années au niveau mondial pourrait préparer les esprits à l’inéluctabilité du recours à la géoingénierie. Ainsi, en mars 2005, le Sénat américain a voté en « fast track » une loi officialisant les manipulations climatiques (U.S. Senate Bill 517, et U.S. House Bill 2995).

Les applications militaires de la géoingénerie

Comme toutes les nouvelles technologies (biotechnologies, nanotechnologies…), la géoingénierie est étroitement liée au secteur militaire. Dès 1970, le conseiller à la sécurité de la Maison Blanche Zbigniew Brzezinski avait prévu dans son ouvrage "Entre deux âges" que « la technologie donnera aux dirigeants des principales puissances les moyens de conduire des guerres secrètes mobilisant un minimum de forces de sécurité ». Ainsi, « les techniques de modification du climat pourront être utilisées pour produire des périodes prolongées de sécheresse ou d’orage ». En 1977, alors que les Américains dépensaient 2,8 millions de dollars par an dans des recherches militaires sur les modifications climatiques, les Nations Unies votèrent la convention « ENMOD qui interdit ces techniques à des fins "hostiles" » (la France et la Chine ne font partie des quatre-vingt dix signataires) ;

Cependant, ni les Etats-Unis, qui ratifièrent le traité en 1978, ni l’Union soviétique n’ont jamais cessé leurs recherches, alors que d’autres pays comme la Chine les développaient à leur tour. Un rapport de 1996 commandité par l’Air Force montre que les Etats-Unis ont prévu d’avoir la contrôle total sur le temps en 2025 (« Le temps comme démultiplicateur de force : maîtriser les conditions météorologiques en 2025)(3). Le PR Chossudovsky, de l’université d’Ottawa (Canada), affirme, dans une série d’articles parus sur son site, que le changement climatiques ne serait pas dû aux seuls gaz à effet de serre (GES), mais également aux manipulations effectuées par l’armée américaine à partir de sa base de Gacona (Alaska). Selon lui, il est en effet aisé de mettre sur le compte des seules GES les dégâts dus à ces expérimentations militaires clandestines. En février 1998, la commission des Affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense du Parlement européen a tenu à Bruxelles une série d’auditions sur les effets néfastes possibles sur l’environnement des manipulations effectuées par ce centre. Elle a déploré le refus de l’administration américaine de répondre à ses questions, sans aller plus loin, afin d’éviter de créer des tensions avec Washington(4).

De leur côté, les Américains rendent régulièrement les Russes responsables de la multiplication des phénomènes extrêmes aux Etats-Unis, comme des ouragans de plus en plus dévastateurs(5) . En 1997, William S. Cohen, Secrétaire à la Défense américaine de William Clinton, a accusé certaines groupes de « s’adonner à un terrorisme de type écologique qui aurait pour but "d’altérer le climat", et même de "déclencher des tremblements de terre et des éruptions volcaniques à distance par le biais et l’utilisation d’ondes électromagnétique »(6). Luc Mampey, chercheur au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP, Bruxelles) indique que le concept de « guerre environnementale » fait bien partie du langage et des manuels militaires.

S’il est difficile de prouver que ces technologies sont déjà utilisées aujourd’hui, que ce soit à des fins pacifiques ou militaires, le sujet fait l’objet de nombreux articles depuis les années quatre-vingt-dix dans les grands media étrangers, notamment anglo-saxons (CBS, CNN, le New York Times, The Guardian…) et russes (la Pravda, Novye Izvestia). Pour l’hebdomadaire américain Business Week, « une technologie capable de contrôler les conditions atmosphériques serait une puissante arme militaire et politique". C’est seulement depuis 2006 la grande presse française se fait l’écho ces débats (Cf. par exemple « La météo comme arme de guerre » dans Courrier International). Et le mot « géoingénierie » n’a fait son apparition dans le quotidien «  Le Monde » qu’en octobre 2006.

Joëlle PENOCHET

Publié initialement sur le site de Planète non violence
Photos © CNRS - NASA - Univers-nature.com

Notes

(1) Créé en 1998 par Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Site : http://www.ipcc.ch
(2) Cf. sierraactivist.org
(3) Col TAMZY J. House, Lt Col James B. NEAR, J, et al. : "Weather as force multiplier : Owning the weather in 2025", août 1996, 54 p.
http://www.au.af.mil/au/2025
(4) Cf. European Parliament, Committee on Foreign Affairs, Security and Defense Policy, Brussels, doc. no. A4-0005/99, 14 January 1999, et European Report, 3 February 1999.
(5) Ainsi, le célèbre météorologue américain Scott Stevens a démissionné de son poste à la CBS après avoir désigné l’armée russe comme responsable des conséquences de l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005 !
(6) freepressinternational.com

Principales sources

4e rapport du GIEC, Paris, 2 février 2007.
Académies des sciences morales et politiques, Académie des sciences, Conseil économique et social : Le changement climatique, 2006,
http://www.changement-climatique.fr
A Global Shield To Save The Planet, The Guardian, 11 janvier 2004, observer.guardian
BARD Edouard : La tentation de refroidir la planète (Interview), Le Monde, 30 septembre 2006.
BROAD William : Les apprentis sorciers du climat, in : Courrier International, n° spécial, 4e trim. 2006 (repris du New York Times).
BOVE Philippe et PLOYE François : Les apprentis sorciers du climat, Le Monde Diplomatique, juillet 2002.
China "world leader" in artificial rain, Reuter, 4 juin 2006.
Chinese conducting weather warfare research, East-Asia-Intel.com, 8 mars 2006.
CHOSSUDOVSKY Michel : Washington’s New World Order Weapons Have the Ability to Trigger
Climate Change, Third World Resurgence, 12 janvier 2001.
Climat : l’équilibre est rompu : dossier, Sciencs et Vie, n° 1 061, février 2006, pp. 48-68.
CONNOR Steve : “If we fail to act, we will end up with a different planet", The Independent Online, 1er janvier 2007.
De nouvelles preuves suggèrent que les USA et la Russie sont engagés dans une course illégale pour exploiter la puissance des ouragans et des tremblements de terre, The Daily Express, 16 juillet 2005.
Expert - U.S. Has Weather Control, Free Market News Network ,15 octobre 2005.
Goodbye Sunshine, The Guardian, 18 Decembre 2003, guardian
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HANSEN al : Efficacy of Climate Forcings in : Journal of Geophysical Research, septembre 2005.
Hansen James : Global Warming : Is There Still Time to Avoid Disastrous Human-Made Climate Change ? Discussion at the National Academy of Sciences, 23 avril 2006 (50 p). Minutes of the Testimony of Sir David KING, Chief Scientific Adviser to the British Government, before the House of Lords on 10 March 2004 publication.parliament
KOLBERT Elizabeth : Les apprentis sorciers du climat, in : Courrier International, 2005 (repris du New Yorker, 21 juillet 2005).
LAROUSSERIE David : Les aspirants de la guerre météo, Sciences et avenir, novembre 2001, n° 657, p. 82. Global warming ’past the point of no return’, The Independent, 16 Septembre 2005, independent.co.uk
LEWINO Frédéric : Les savants jettent un froid, Le Point n°1665, 12/08/04.
LIU Melinda : Climate Control, Beijing-Style, Newsweek International, 4 juin 2006.
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Modification artificielle du temps, Organisation Météorologique Mondiale (OMM), wmo.int
PARLEMENT EUROPÉEN : Projet de rapport sur l’environnement, la sécurité et la politique étrangère : stratégie en vue de l’utilisation de ressources militaires à des fins environnementales Commission des affaires étrangères, de la sécurité et de la politique de défense. Rapporteur : Mme Maj Britt Theorin, 23 juillet 1998.
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Le rapport Stern (2006) : hmtreasury.gov.uk (27 p.)
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Le Rapport secret du Pentagone sur le changement climatique, Paris, Allia, 2006. (en anglais : « An Abrupt Climate Change Scenario and its Implications For United States National” par Peter SCHWARTZ et Doug RANDALL, 2003, ems.org ou gbn.com
ELLER Edward : The Planet Needs a Sunscreen. The Wall Street Journal, October 17, 1997.
TELLER Edward, WOOD Lowell & HYDE Roderick : Physique applicable à la modification du climat, Lawrence Livermoore National Laboratory, avril 2002, llnl.gov

Quelques ouvrages sur le réchauffement climatique

BROWN Lester : Plan B 20, Rescuing a planet under Stress and a Civilization in Trouble, Earth Policy Institute, 2003.
HAUGLUSTAINE, Didier, JOUZEL Jean, LE TREUT Hervé : CLIMAT : Chronique d’un bouleversement annoncé, Paris : Editions Le Pommier,/Cité des sciences et de l’industrie, 2004, 186 p.
LE TREUT Hervé, JANCOVICI Jean-Marc : L’effet de serre. Allons-nous changer le climat ?, Paris, Flammarion, 2004.
LE TREUT Hervé, et al. : Climat : chronique d’un bouleversement annoncé.
MONBIOT George : Heat, Londres.
VIEL Dominique : Ecologie de l’Apocalypse, Paris : Ellipses, 2006.


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