La taxe tampon maintenue : "Je paye donc des taxes sur mon utérus"

samedi 17 octobre 2015
popularité : 2%

Par Amandine Schmitt

L’Assemblée nationale a rejeté dans la nuit de mercredi à jeudi la demande de députés socialistes d’appliquer, comme à d’autres produits de première nécessité, une TVA réduite à 5,5 % aux protections hygiéniques féminines. Une décision qui suscite bien des réactions sur les réseaux sociaux.

Ce ne serait pas "un produit de première nécessité". Cet amendement contre la "tampon tax", qui avait pourtant été accepté mardi en commission, était porté par la présidente de la délégation aux Droits des femmes de l’Assemblée, Catherine Coutelle. Le texte précisait : "Dans son article 278-0 bis, le code général des impôts précise la liste des biens et services sur lesquels est appliqué un taux réduit de 5,5 % de TVA. Il est actuellement mentionné que ce taux réduit s’applique pour l’eau et les boissons non alcooliques ainsi que les produits destinés à l’alimentation humaine (...)." Avant de poursuivre : " Produits de ’première nécessité’, les protections périodiques (tampons, serviettes et coupes menstruelles) sont quant à elles encore soumises à une TVA de 20 %.

Catherine Coutelle relayait la demande du collectif Georgette Sand, dont elle reprenait les calculs : "Les dépenses liées à l’achat de produits de protection hygiénique féminine représenteraient entre 1.500 et 2.000 euros dans une vie pour chaque femme. Ce collectif a estimé que l’application d’un taux réduit de 5,5 % pour ces produits entraînerait une baisse significative de leur coût, à hauteur, par exemple, de 60 centimes d’euros pour une boîte de tampons hygiéniques".

"Avoir ses règles, ce n’est pas optionnel"

Le collectif avait déjà lancé une pétition sur le site Change.org qui avait recueilli plus de 17.000 signatures. Il rapprochait les protections hygiéniques d’autres produits de première nécessité comme les préservatifs, par exemple. "Parce qu’avoir ses règles pour une femme, ce n’est pas optionnel", écrivait même la porteuse de la pétition. Las ! Le secrétaire d’État au Budget Christian Eckert a indiqué que "le gouvernement ne souhaite pas bouger sur les taux de TVA" dans le cadre du projet de budget pour 2016. La mesure était évaluée à 55 millions d’euros. Christian Eckert a relevé que "le débat est passionné" mais "pas simple" et qu’un taux de 20 % était appliqué aux mousses à raser pour hommes. Ce à quoi le collectif Georgette Sand a rétorqué sur Twitter que "les femmes se rasent aussi, s’épilent aussi". On ajoutera que le rasage - et donc l’achat de mousse à raser - n’est pas un impératif pour les hommes.

Sur Twitter, les internautes étaient énervés par le rejet de l’amendement et le faisaient savoir, avec le mot-clé #taxetampon parmi les sujets les plus partagés de la journée. "Je paye donc des taxes sur mon utérus. C’est cool hein ? T’as tes règles, tu le payes physiquement, socialement et financièrement", écrit notamment le site spécialisé Passion Menstrues. Beaucoup ne comprennent pas comment tampons et serviettes peuvent ne pas être considérés comme des produits de première nécessité : "On a nos règles tous les mois pendant 30/40 ans mais à part ça les tampons/serviettes ne sont pas des produits de première nécessité", s’exclame ‏@_invokeur ou "Donc on est censées s’arracher l’utérus avec les mains pour pas avoir nos règles ?". Même les billets de spectacles sont considérés comme première nécessité, ben ok, je vais récolter mes règles avec mon ticket pour vegastar.

Dans un communiqué, le collectif Georgette Sand dit "voir rouge" mais "reste optimiste pour demain". "De nouvelles actions sont dans les tuyaux : une action conjointe avec les pétitions sœurs en Europe – en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie – permettra de porter la taxe tampon aux portes de la Commission européenne", indique-t-il.

(Illustration : Tampons hygiéniques - Flickr.com/CC/sandro)

tempsreel.nouvelobs.com


Commentaires

Agenda

<<

2017

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

HLM, des locataires blindés

jeudi 2 décembre 2010

Plus de 50.000 familles parmi les plus riches de France bénéficient d’un logement HLM.

Fin 2007, quelque 53 000 familles parmi les plus fortunées de France étaient logées en HLM, selon des chiffres de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, révélés par La Tribune. (Mais ne vous précipitez pas sur le lien : l’article est payant bien sûr ! Ces gens-là ont investi le net seulement pour faire de l’argent) 37 000 familles logent en Ile-de-France, dont 18 000 à Paris, et 15 000 en province. Elles gagnent 11 200 euros par mois avec un enfant ou 13 500 euros par mois avec deux enfants.

bakchich.info