Polémique autour d’un partenariat d’Orange en Israël

jeudi 7 mai 2015
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Par Hayat Gazzane

Le groupe français est lié par un contrat de marque à Partner, l’un des principaux opérateurs du pays. Problème : ce dernier exerce des activités jugées illégales dans les territoires palestiniens occupés, affirment les ONG.

En Israël, le logo d’Orange est omniprésent. Et pour cause : le nom de l’opérateur français est utilisé par l’un des opérateurs historiques du pays, Partner Communications Company, qui opère sous ce nom en vertu d’un partenariat vieux de presque vingt ans. Avec 2,84 millions d’abonnés (sur une population totale de 8,3 millions d’Israéliens) et 28 % du marché des télécoms, Orange-Partner est partout. Y compris dans les colonies implantées dans les territoires palestiniens occupés, dénoncent aujourd’hui les ONG.

De quelle nature sont les liens entre Orange et Partner ? Contacté par Le Figaro, Orange a tenu à mettre les choses au clair : « Nous n’avons aucun lien capitalistique ou opérationnel avec Partner. Notre seul lien est ce contrat de marque qui fait que cet opérateur peut utiliser le nom d’Orange », précise un porte-parole. Ce partenariat remonte à 1998. Partner signe à cette époque un accord avec France Télécom l’autorisant à utiliser à titre gracieux la marque jusqu’en 2013. « Lorsque France Télécom a racheté Orange en 2000, nous avons hérité de ce contrat particulier qui ne rapportait pas d’argent et qui n’avait pas de date de fin. Après négociations, nous avons obtenu en 2012 le versement de redevances et surtout cette année, nous avons négocié une échéance de dix ans », précise le porte-parole. Autrement dit, en 2025, Orange pourra mettre fin à ce partenariat s’il le souhaite.

En attendant, l’opérateur reste muet sur le montant des royalties que lui verse la société israélienne pour pouvoir utiliser son carré orange et copier son site internet dans les moindres détails (« une somme tout à fait ridicule au regard des 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires du groupe », précise-t-on seulement). Dans son rapport annuel de 2014, Partner affirme que cette redevance correspond à « un pourcentage du chiffre d’affaires tiré de l’exploitation de la marque Orange », sans plus de précisions.

Violation du Droit international

Les ONG pointent régulièrement du doigt cette « liaison dangereuse » entre Orange et Israël. Un nouveau rapport, signé de cinq organisations non-gouvernementales et de deux syndicats, publié ce mercredi, tire la sonnette d’alarme : « Partner exerce des activités économiques dans les colonies israéliennes considérées comme illégales par la communauté internationale. Via la construction d’infrastructures impliquant la dépossession des terres et les services offerts aux colons notamment, Partner contribue indirectement à l’installation et au maintien des colonies israéliennes, dont elle tire par ailleurs un profit économique. L’accord conclu entre Partner et le groupe Orange contribue ainsi au développement d’activités de télécommunications dans les colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et par conséquent au maintien de celles-ci », dénoncent les auteurs de ce rapport.

Selon les ONG, Partner Communications disposait en 2011 de 176 antennes et autres infrastructures de communication en Cisjordanie et dans les hauteurs du Golan. Comme les quatre autres opérateurs du pays (Cellcom, Pelephone, HOT mobile et Golan Telecom), la société est aussi accusée de s’accaparer le marché des télécoms palestiniens au détriment des opérateurs locaux et surtout de ne pas payer d’impôts à l’Autorité palestinienne pour ses activités commerciales. Le tout en violation des Conventions de Genève et des Accords d’Oslo. Ces derniers jours, un nouveau scandale est venu entacher l’image de Partner. Selon une enquête du site d’information en ligne Electronic Intifada, confirmée par le propre site de l’opérateur israélien, Partner a participé à la campagne « Adopt a Warrior » (adopte un guerrier) qui, l’été dernier, consistait à fournir une aide matérielle et morale à des unités de combats de l’armée impliquées dans les attaques meurtrières contre Gaza.

« Orange n’a aucun droit de regard sur les activités de Partner » Un porte-parole de Orange

Dans ce nouveau rapport, les ONG et syndicats appellent donc Orange à rompre ce partenariat qui expose le groupe à des risques juridiques et des dégât importants en termes d’image. À défaut, « Orange doit mettre en place des mesures de diligence raisonnable, afin d’identifier, prévenir, atténuer et remédier aux incidences négatives sur les Droits humains directement liées à son partenaire commercial », affirment les auteurs. « Orange n’a aucun droit de regard sur les activités de Partner », répond le porte-parole de l’opérateur français, qui accuse au passage les ONG de « se servir d’Orange pour médiatiser leur cause ». Ce dernier rappelle qu’« il y a un contrat, qui a été modifié, et nous devons le respecter. Nous ne voulons pas nous engager dans un contentieux ».

« Si nous perdons l’usage de la marque Orange, nous perdons l’une de nos principales sources de compétitivité » (Partner)

Anticipant l’inaction de l’opérateur français, le rapport en appelle à l’État qui détient 25 % du capital du groupe. Le ministère des Affaires étrangères reconnaît sur son site que « les colonies sont illégales en vertu du Droit international » et qu’ « il existe des risques liés aux activités économiques et financières » dans cette zone. Pour les auteurs du rapport, la France, qui est par ailleurs engagée diplomatiquement en faveur de la création d’un État palestinien, « doit assurer la cohérence de ses politiques et aussi prendre des mesures de protection additionnelles vis-à-vis des activités des entreprises dont elle est actionnaire, comme Orange, et user de sa capacité d’influence pour veiller à la mise en œuvre d’une diligence raisonnable ».

Pour mieux faire passer leur message, les ONG et syndicats ont inondé de courrier Régis Turrini, le directeur de l’Agence des participations de l’État, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Ils espèrent un débat sur le sujet lors de l’assemblée générale d’Orange le 27 mai prochain. Partner, de son côté, s’inquiète de la poussée de la polémique. « Si nous perdons l’usage de la marque Orange, nous perdons l’une de nos principales sources de compétitivité. Nous devrons créer et positionner une nouvelle marque, ce qui nécessiterait un temps et des ressources financières substantielles. Nos résultats seraient négativement impactés », déplore l’opérateur israélien dans son dernier rapport annuel.

lefigaro.fr


Commentaires

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Polémique autour d’un partenariat d’Orange en Israël
samedi 9 mai 2015 à 13h31 - par  PHILIPPE

Eh bien impactons et sans regrets.
Quant à moi, si je n’habitais pas trifouillis les oies, je changerais
d’opérateur, je laisserais tomber orange et pas pour cette seule raison !

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Brèves

Annulation essais OGM de 2006

dimanche 30 novembre 2008

La Confédération paysanne vient enfin de se voir notifier à la suite des
recours déposés par le syndicat et d¹autres intervenants l¹annulation par
des arrêts successifs du Conseil d’État dans les dernières semaines de
toutes les autorisations d’essais OGM accordées en 2006.

Ainsi, Biogemma, Monsanto, Pioneer et Syngenta ont semé en 2006, 2007 et
pour certains en 2008 des essais aujourd’hui dépourvus de base légale.

Plus d’infos :
confederationpaysanne.fr

Le Collectif des Faucheurs Volontaires Rhône-Loire