Atterrissage

mercredi 18 février 2015
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Par Paul C.

L’avion s’est posé il y a deux jours, mais nous on n’a pas encore tout à fait atterri. Un voyage d’un mois en Inde du Sud, au Kerala en l’occurrence, ça secoue, surtout lorsqu’on s’est intéressé nettement plus aux dessous du pays qu’aux plages ensoleillées et aux luxueux « resorts » quatre ou cinq ou six étoiles. J’ai bien l’intention de vous raconter tout ça, mais je ne sais pas trop par quel biais je vais rentrer dans le vif du sujet. Je ne veux point d’un carnet de voyage classique, longue énumération de « clichés » sympathiques mais pas forcément pour ceux qui vivent ici et ont d’autres préoccupations que les vacances des autres.

L’histoire sociale et politique de ce pays est trop passionnante pour être esquivée, alors je vous conterai sans doute largement ce qui en fait l’un des plus évolués de la Fédération Indienne. Je vous parlerai de ce qui marche et de ce qui fait sourire : les coopératives, les grèves, l’agriculture traditionnelle, les affiches politiques sur lesquelles figurent encore les portraits des « papes » du communisme. Je vous parlerai de tout cela parce que c’est un domaine dans lequel je me sens à l’aise. Je laisserai à d’autres, en d’autres lieux, le soin de vous parler « religion », « ayurveda », « éléphants sacrés » et « méditation transcendantale ».

Je vous avoue que, même si je suis encore passablement désorienté, ce pas de côté m’a fait le plus grand bien, tant la situation politique ici, dans notre pays, devenait confuse et nauséabonde. Les sourires, les poignées de mains, les clins d’œil malicieux, croisés chaque jour au détour des rues m’ont quelque peu soulagé des visages fermés et grimaçants qui sont notre lot quotidien. Dans cet état minuscule où trois des religions majeures se côtoient, escortées par une multitude de croyances de toutes sortes, la coexistence pacifique et bon enfant semble encore la règle au quotidien. Combien de temps tout cela durera-t-il, je n’en sais rien, tant est grande la capacité de nos dirigeants et autres marchands d’armes à souffler sur les braises et à attiser la moindre haine.

Certes, il est difficile de se proclamer « non croyant » dans une ambiance pareille. Mais ce genre de propos prête plutôt au sourire et à l’incompréhension qu’à une quelconque volonté d’anéantissement de votre personne. L’essentiel c’est que l’expression de votre point de vue ne paraisse pas comme une critique blessante de celui d’autrui. Les Keralais sont fort jaloux de leur culture et ne tolèrent guère les critiques extérieures même s’ils semblent conscients de leurs problèmes intérieurs. En cela ils ne sont guère originaux : y-a-t-il un seul pays au monde où les habitants supportent que l’on lave le linge sale autrement qu’en famille ?

Je compte bien me remettre à l’ouvrage rapidement : vous distraire (je l’espère) par mes bavardages, mais aussi planifier mon jardin, brosser mes pantoufles et me plonger dans la lecture de quelques bons ouvrages roboratifs. L’interlude est bientôt fini : il y a tant à raconter !

lafeuillecharbinoise.com


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