(Mauvaise) humeur d’entre deux tours

samedi 29 mars 2014
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Par SuperNo

La branlée des “socialistes” était attendue. Elle est arrivée, elle est méritée. Point barre. Point barre ? Pas tout à fait. Car même si on peut se laisser aller à une joie mauvaise et puérile, sur le mode “bien fait pour leur gueule à ces sales traîtres”, on déchante très vite. Car ceux qui en profitent de cette claque, ce ne sont pas d’hypothétiques partis ou listes aux vraies idées de Gauche, qui auraient identifié les erreurs majeures de l’Union Européenne Ratée ou de la soumission aux banksters, et intégré les enjeux de l’avenir, notamment en matière d’écologie et d’énergie. Non, la grande bénéficiaire, c’est la clique UMP de Sarko-Bismuth, de Copé, de Balkany, de Woerth ou d’Estrosi. Et c’est surtout le FHaine, que l’UMPS utilise comme repoussoir, argument ultime pour convaincre l’électeur dégoûté de voter pour lui, quand il n’y a plus d’autre argument.


Oui, je sais, j’ai utilisé le terme “UMPS”, qui est désormais tabou car le FHaine se l’est approprié. Comme il s’est approprié la contestation de l’hégémonie de la finance, le rejet de l’UE et de l’euro, ou le lien de cause à effet entre l’ouverture des frontières des pays de l’Est et le déferlement dans un sens de pauvres hères et dans l’autre de nos usines. Mais le fait que le FHaine se soit accaparé ces problèmes, et que tous les autres fassent comme s’ils n’existaient pas, explique en grande partie le constat et le résultat. Bref, l’UMPS est une réalité incontestable, et depuis plus de 30 ans, les élections en France ressemblent à ça :


    1 - On punit ces incapables de l’UMP qui a trahi les électeurs en votant P”S”.
    2 - On punit ces incapables du “P”S qui a trahi les électeurs en votant UMP.
    3 - Retour en 1


Et pendant ce temps, la France s’enfonce dans une spirale de dettes, d’austérité, de chômage, que personne ne peut plus endiguer avec des idées traditionnelles, celles qui ont définitivement échoué. Ho, ça suffit, ces conneries. La première raison de la montée du FHaine, c’est la nullité de l’UMPS, ces minables, ces corrompus, ces traîtres qui se succèdent au gouvernement, qui font exploser le chômage, qui nous accablent de dettes, qui se foutent de l’environnement et de l’avenir, qui vont prendre leurs ordres auprès des banksters et des multinationales, sans oublier de se servir au passage, accumulant fortune, femmes et comptes dans les paradis fiscaux. Je ne suis évidemment pas en train de faire l’apologie du FHaine. Car il est évident que le FHaine, qui n’a jamais rien eu à gérer (sinon quelques villes du sud en 1995, expérience édifiante s’il en fut) a beau jeu de décliner un programme psychédélique et à géométrie variable, de proférer ses évidences, de s’engouffrer derrière toutes les colères plus ou moins légitimes sans avoir à assurer le service après-vente. La transformation du pouvoir en abus de pouvoir est tellement systématique que le FHaine s’y vautrerait naturellement comme les autres, et sans doute pire si c’est possible. Je n’ai aucune illusion à ce sujet.

Sur Twitter, quelqu’un a dit “Voter FN parce qu’on est déçu de la Gauche et de la Droite, c’est comme ne pas aimer ni la viande, ni le poisson et essayer de manger de la merde.” Et c’est un peu vrai. Mais ça ne masque pas le constat que la viande, c’est désormais du “minerai de cheval” roumain et congelé, quant au poisson, c’est de la pâte obtenue en pressant une purée de déchets de poissons dans une usine de Pologne. Et que c’est ça qu’il faut changer. Pour en finir provisoirement avec le FHaine, on m’a reproché de ne pas m’étendre davantage sur sa liste à Metz. Liste qui a fait plus de 21 %, un record alors que d’habitude son score était très inférieur à la moyenne nationale. Mais pourquoi diable en aurais-je parlé ? La candidate, Madame Grolet, a tout l’air d’une bonne mère de famille bien comme il faut et très pieuse. Mais il n’y a pas besoin d’attendre bien longtemps pour qu’elle s’anime, se lance sur les Arabes, les Roms ou les demandeurs d’asile, ces profiteurs… Et puis il suffit de considérer une mesure, une seule, une locale, pour bien prendre conscience de l’incohérence de cette idéologie : là où la liste Basta ! proposait la gratuité des transports en commun, elle propose la gratuité… du stationnement ! Argument propre à séduire le beauf qui râle contre les parcmètres, mais dont l’ineptie, la débilité totale apparaît en principe après deux secondes de réflexion…

La politique m’emmerde de plus en plus

Vous avez vu le “débat” entre les deux stars parisiennes ? Celles que les médias ont désignées depuis des mois comme les deux finalistes parisiennes, prophétie évidemment auto-réalisatrice. Une caricature de grand n’importe quoi, deux harpies qui s’envoient à la figure des saloperies et des chiffres ineptes et invérifiables, dans un brouhaha insensé qui empêche de comprendre quoi que ce soit, devant une Lolo Ferrari totalement dépassée et un Fogiel qui n’était là que pour confirmer qu’il s’agissait bien de téléréalité et non de politique. Avant-hier soir, révélation des nouveaux chiffres du chômage, toujours accablants, qui renvoient le blabla sur “l’inversion de la courbe”, blabla qui a tout de même occupé tout ce que la France compte de commentateurs appointés pendant toute l’année dernière, à une escroquerie du passé. Hollandréou a échoué, c’est un fait. Mais quand on voit qui veut prendre sa place ou les méthodes envisagées pour résoudre le problème… Avant-hier soir encore, on a pu voir cet aigrefin de Copé, l’air grave (les cours de théâtre sans doute) utiliser cet échec pour réclamer un changement de politique (sous-entendu davantage de libéralisme, tout le pognon aux banksters, aux patrons, aux actionnaires, à Copé et ses amis, et que les pauvres, ces losers et ces assistés, se démerdent) : un charognard qui n’a aucun scrupule à utiliser les chômeurs pour servir ses noirs desseins : beurk. Là-dessus, Pujadas envoie François Lenglet, qui ressort son bréviaire de “baisse de coût du travail”. En français : baisse des salaires et suppression progressive de toute prestation sociale, afin de mettre le salarié français au même niveau que son “concurrent” chinois, celui d’un para-esclave. Assurément une bonne idée.

Aucun de ces politicards et journaleux surpayés n’avouera jamais que tout ce qu’ils racontent depuis des années (gnin gnin gnin l’Europe l’Europe l’Europe, gnin gnin gnin baisser les charges, gnin gnin gnin sauver les banques, gnin gnin gnin rembourser la dette…) est précisément à l’origine du désastre. Et toute cette presse de caniveau, cette presse vendue aux multinationales, qui se met à bramer sur le “remaniement o-bli-ga-toire”. Bon, évidemment, son seul but, outre d’anesthésier l’esprit critique du lecteur et distiller sa propagande libérale, c’est de pouvoir vendre plus cher la pub pour les bagnoles, montres et parfums entre lesquelles on trouve quelques mauvais articles. Non mais franchement, un remaniement ! La manœuvre dilatoire et enfumatoire qui suit toute défaite électorale ! Le remaniement, c’est le lézard qui sacrifie sa queue pour se soustraire à son ennemi. Avec son corollaire, la plus grosse tarte à la crème journalistico-politique de la Vème République : le “gouvernement resserré”. Mais dans quel monde vivent-ils, ces journaleux ? N’ont-ils aucune intelligence, aucune culture, aucune mémoire ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre d’un remaniement ? Qu’on remplace cette buse (pardon à la LPO) de Zayrault par Valls (Bébé Sarko), Aubry (la tricheuse de Reims), Fabius (Non ?), Royal (Noooooooooooooooooooooooooooooooooon !), par Juppé, Copé, Bayrou ou Boutin, ou même par une chèvre, tant que le gouvernement sera tenu par le carcan européen, et entravé par le traité Merkozy, il ne pourra rien faire d’autre que ce qu’il fait actuellement, c’est-à-dire planifier le siphonnage des deniers publics au profit des banksters, jusqu’à l’asphyxie, voir Espagne, Portugal, Italie et surtout Grèce.

La France ne pourra commencer à sortir de sa spirale infernale que le jour où le détenteur du pouvoir se lèvera, tapera du poing sur la table, et dira : maintenant, ça suffit, on audite la dette, et on suspend les remboursements en attendant le résultat de cet audit. Alors que la seule perspective du premier ministre de la semaine prochaine - appelons-le Valls, c’est plus court - c’est de nous voler entre 50 et 100 milliards d’euros par an dans le budget d’ici 2017, pour rattraper le retard pris dans le calendrier de remboursement de la dette. Sinon, c’est dégradation de la note, hausse des taux d’intérêts, et envolée de cette dette. Et surtout de nous inventer des histoires pour que l’on ne s’en aperçoive pas. Au fait, avez-vous repéré la manip qui consiste à prévoir un plan B pour le cas assez improbable où les riches avocats de Sarko-Bismuth n’arriveraient pas à entraver suffisamment les procédures pour permettre au parrain de la mafia UMP de se présenter, toute honte bue, à la présidentielle de 2017 ? Et ce plan B s’appelle… Juppé ! Juppé, vous vous rendez compte ? L’un des barons de la pègre RPR parisienne qui avait mis la ville en coupe réglée, et qui a même été l’un des rares à être jugé et (très légèrement) condamné. Juppé, sa morgue légendaire, chef d’un gouvernement progressiste (Millon, Madelin, Pons, Goasguen, Raoult, et j’en passe beaucoup), le type foutu dehors par la rue en 1997 après ses tentatives de carnage sur la sécu et les retraites.


Ah, un petit retour sur Metz. Comme prévu, la droite la plus bête de France a réussi, dans une ville de droite, en étant “unie” contre un parti “socialiste” au fond du trou, à n’arriver que deuxième, 1,5 point derrière le maire sortant. Un véritable exploit. Et puisque le FHaine se maintient, il est fort probable que Dominique Gros soit réélu dimanche prochain, dans la rigolade générale. Attention, le score étant serré, ceci n’est qu’un pronostic et non une évidence. Mais vu la communication “à la Masson” de cette liste (Zimmermann, membre de “l’observatoire de la laïcité” qui fait de la retape avec un foulard dans une mosquée avant le premier tour (cf photo ci-contre), et qui diffuse des tracts (un marqueur de Masson), l’un farci de mensonges pour dénigrer le bilan de son adversaire, l’autre destiné à détourner les voix FHaine (enfin, de ceux qui ne l’ont pas vue à la mosquée) pour fustiger un afflux de réfugiés albanais. En attendant, la campagne se poursuit, avec ces ridicules “porte à porte” (qui suivent et précèdent 6 ans d’indifférence) et des débats de caniveau sur Twitter. La liste “Basta !”, dont j’avais vanté ici les mérites (et le programme, un modèle du genre), a fait un peu plus de 3 %. Les électeurs préfèrent nettement la merde aux légumes bio. Un peu plus de 3 %, c’est à peine moins que la liste “officielle” du FDG-PCF. Fini le conseil municipal, donc. Ça n’empêche pas Jacques Maréchal, le secrétaire du politburo local, d’appeler mécaniquement à voter P”S”. Tout en abreuvant Twitter de protestations bourrées de fautes d’orthographe (un peu comme Morano, mais en beaucoup moins drôle) contre l’utilisation par Dominique Gros du logo “PCF”, alors que les communistes de sa liste sont des dissidents.

Je ne sais pas si des responsables nationaux du FDG lisent ce blog, mais ils feraient bien de se pencher sur la situation à Metz, parce que c’est vraiment un gros gâchis… Dans le même style, il y a certes les “écolos” de Nantes qui s’allient avec les massacreurs de la nature du P”S”, promoteurs de l’Ayraultport. La honte totale. À ma connaissance, Basta ! n’a pas donné de consigne de vote. C’est sûrement ce qu’il y a de mieux à faire. Au risque de me répéter, je ne vote pas à Metz. Mais si c’était le cas, je m’abstiendrais certainement. Plus question de donner une voix à ces “socialistes”, qu’ils se démerdent. D’ailleurs, la météo dimanche est au beau fixe, et ceux qui comptent sur les abstentionnistes pour se refaire une santé risquent une grave désillusion.

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