Aux municipales de Metz, c’est le moment de leur dire Basta !

dimanche 16 mars 2014
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Par SuperNo

Allez, cela n’arrive pas si souvent, je vais parler un peu de Metz, et des élections municipales qui se préparent. Car à dix jours de l’échéance, on rigole déjà beaucoup. À l’origine de cette hilarité, la liste de droite. Il faut dire qu’en matière de comiques, elle compte un nombre de spécimens assez ébouriffant. Pour la plupart récidivistes, de surcroît. Car souvenez-vous, en 2008, après 37 ans ( !) de règne de Jean-Marie Rausch, Metz, ville de droite s’il en est, est passée sous la coupe des “socialistes” de Dominique Gros. À “gauche” pour la première fois depuis 1848 !!! Comment ce miracle a-t-il été possible ? Simplement à cause de pieds-nickelés putschistes dont l’ambition hors de propos s’accommodait mal de faire le pied de grue en attendant que le vieux Rausch prenne sa retraite, et qui ont décidé de le doubler. Un ratage total, qui a donc profité à Dominique Gros. 6 ans plus tard, si on excepte Rausch en retraite (il a 85 ans), ce sont les mêmes pieds nickelés qui se présentent. Et attention, unis ! Arrêtez de rire, bordel, ils sont u-nis, on vous dit. La fine fleur de la vieille droite ringarde : UMP, UDI, MODEM. C’est beau.


Juste pour mettre de l’ambiance, Rausch a fait savoir qu’il ne voterait pas pour eux. Mais sur le papier, il n’y a pas photo. Une ville de droite, une liste “unie” (arf !) qui rassemble à peu près tout le spectre de la ringarditude de droite, l’élection ne devrait être qu’une formalité : Marie-Jo Zimmermann devrait revêtir l’écharpe de maire de Metz. Il faudra qu’elle trouve une place sur son sempiternel tailleur à côté de son foulard Hermès et de celle de députée (vice présidente du groupe UMP à l’assemblée nationale, même), car Madame cumule. Avant d’aller plus loin, quelques rappels pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter la Lorraine. Pour comprendre la politique de droite ici, il faut savoir qu’elle est dominée par deux parrains locaux (je ne parle pas de Sarkozy et Copé) qui se haïssent d’une force à peine croyable. Le premier, c’est le sénateur-maire de Woippy François Grosdidier. Il était député, mais il a préféré démissionner pour se faire élire au Sénat, anticipant une branlée aux législatives. Ici comme ailleurs, l’ambition et le carriérisme et le nécessaire maintien d’un copieux train de vie prennent le pas sur les engagements et les idées. Le second, c’est un autre sénateur, Jean-Louis Masson, que les réseaux sociaux ont découvert avec ébahissement il y a quelques années quand il s’était mis en tête de pourfendre l’anonymat des blogueurs. Certaines de ces vidéos sont des morceaux d’anthologie d’anachronisme poussiéreux. Et je rappelle que ces gens-là sont censés nous représenter…

C’est là que même le plus naïf devrait se dire que si le Sénat ne sert qu’à nourrir des gens comme ça, on pourrait largement en faire l’économie… Masson, polytechnicien, a une idée de lui-même totalement boursouflée, et se voyait en toute simplicité président de la République. Sa haine de trente ans pour Grosdidier viendrait d’abord du fait que ce dernier est autodidacte. Voici le résumé qu’en fait Le Monde. Lisez aussi cet article de rue89, qui narre un épisode où Grosdidier a voulu coller un scandale sexuel sur le dos de Masson. Quand on sait que Grosdidier a été mis en examen pour “détournement de biens publics” et “prise illégale d’intérêts” en 2012, qu’il est un grand ami de Morano, et que de surcroît le plus Masson des deux n’est pas forcément celui auquel on pense, on jauge le niveau du gars. En octobre 2013, Masson a fait déposer dans toutes les boîtes aux lettres du coin sa “lettre parlementaire” intitulée : “Moselle Avenir”. J’ai compté, en 20 pages, il y apparaît sur 20 photos. Inauguration de plaque ou de rond-point, fête de la biquette, école, vieux, anciens combattants… La caricature de politicard local dans toute son horreur.

Parmi toutes ces foutaises, 3 pages de saloperies (probablement véridiques d’ailleurs) sur Grosdidier, qui est mis en examen pour corruption. Tiens, d’ailleurs on peut officiellement traiter Grosdidier d‘“affairiste”, puisque Charlie Hebdo vient de gagner un procès à ce sujet. Masson, lui, avait fabriqué un tract autodiffamant qu’il avait tenté de faire attribuer à Rausch lors des municipales de 1983. Son élection aux législatives de 1998 a été invalidée pour cause de financements douteux. Et il tire une grande partie de ses revenus d’un fumeux “micro-parti”, qui présente des candidats outre mer (alors qu’il s’appelait à l’origine “Metz pour tous” !) Bref, je n’insiste pas, nous avons là deux caricatures de politicards “à l’ancienne” dont on ne souhaite qu’une chose : qu’ils disparaissent du paysage politique. Voilà, il fallait parler de ces deux gugusses pour comprendre la suite et pouvoir rire de bon cœur quand on vous parle de la “droite unie” derrière Marie-Jo Zimmermann. Marie-Jo Zimmermann a été élue députée en 1998, alors qu’elle n’était que la suppléante de Masson, et constamment réélue depuis. Immédiatement, l’image de “marionnette de Masson” lui a été collée, et ne l’a jamais quittée. Elle est membre de l’UMP, le parti de Copé, de Balkany, de Dassault, d’Hortefeux, de Guéant et de Woerth, et avant eux de Sarkozy, Chirac, Pasqua, Tibéri, Carignon, Médecin… que des gens honnêtes, irréprochables et désintéressés qui ont toujours géré avec la plus grande rigueur les deniers du contribuable.

(Il faut être juste, Dominique Gros est membre du parti “Socialiste”, le parti de Cahuzac et Guérini, de DSK et sa clique, même si j’ai du mal à trouver autant de noms). Une curiosité, je la signale à chaque fois, mais n’ayant jamais eu de réponse satisfaisante, je la refais : je n’habite pas Metz, mais un petit village des environs. Je n’ai donc pas le droit de voter à Metz. Normal. Or il se trouve que Marie-Jo Zimmermann est ma voisine, elle habite le même village que moi. Mais elle se présente à Metz… Va comprendre. D’ailleurs dans notre village, elle se fait discrète, pas folle, ici il y a plus d’ennuis à gagner que d’argent et de notoriété. Et surtout, elle habite la plupart du temps à Paris. La liste de droite, c’est 100 % blanc, 100 % vieux (ou jeunes vieux), 100 % costard/tailleur. Une liste de droite, quoi. Ça fleure bon la poussière de sacristie et le conseil d’administration de PME. (C’est pour ça que Mme Zimmermann, grenouille de bénitier patentée, et grande pourvoyeuse de brouzoufs aux écoles de moinillons, est membre de “l’observatoire de la laïcité”. C’est à peu près aussi grotesque que si Francis Heaulme (autre célébrité locale) était membre d’un observatoire contre les criminels…) Pourtant, ce n’est pas que cela : c’est bien pire. Dès le lendemain du dépôt de la liste, un “socialiste” facétieux, qui a réussi on ne sait comment à se procurer le document, publiait sur Twitter le “pacte du diable” qui a présidé à l’élaboration de cette liste.

Première révélation, qui ne fera rien pour démentir le côté “marionnette” de Marie-Jo Zimmermann, ce papier est signé par… Jean-Louis Masson, et par le polycumulard Weiten, désormais à l’UDI, président du département de Moselle, celui qui veut y créer un accélérateur d’invasion des produits chinois vers la France… Ensuite, et c’est totalement ahurissant, outre la petite cuisine des positions sur la liste, ces messieurs et dames se partagent carrément les fromages à venir, sur le mode : la communauté de communes, c’est pour Bohl (le polycumulard maire de Montigny) et personne ne devra s’opposer au vieux repris de justice, polycumulard aussi, Jacquat. Quant à Nathalie Griesbeck, qui avait eu la naïveté de croire dans sa jeunesse que Rausch lui livrerait les clés de la mairie, elle s’est depuis lors consolée au parlement européen. Il faut dire qu’elle s’assure ainsi un train de vie et une tranquillité très supérieure à celle d’un maire de Metz… Bref, on croirait Al Capone et ses sbires qui se répartissent les quartiers de Chicago… Mais qu’on se le dise, ils sont u-nis. Il n’a pourtant pas fallu attendre bien longtemps pour voir de quoi ils sont capables.

Depuis 2008, il y a eu quelques changements. L’un d’entre eux, c’est Twitter. Je ne vais pas prétendre que ce soit fondamental, il n’y a pas de Twitter dans les églises ou les maisons de retraite, premiers viviers de voix de Madame Zimmermann. En fait, rien de ce qui se dit sur Twitter ne permet de gagner l’élection, par contre toute erreur se voit immédiatement amplifiée par une caisse de résonance disproportionnée. Gaffe, donc. L’une des candidates de la liste de droite s’appelait Nora Aline Herbet. Elle est membre du parti de Dupont-Aignan, “Debout la République”. Erreur de casting évidente, que viennent faire les idées anti-européennes de Dupont-Aignan dans ce troupeau de ouiouistes bêlant ? Mystère. Et Nora Aline Herbet, contrairement à Marie-Jo Zimmermann, twitte elle-même, et discute avec des vrais gens. Donc, tandis que le nègre de Marie Jo Zimmermann twitte de plates âneries comme ça :

Nora Aline Herbet se lâche. Et là, la boulette. Lors d’une discussion avec un centriste ouiouiste, elle twitte : “Soral n’est pas facho, Dieudonné non plus. Ce sont des adeptes de la polémique. les médias ne font que manipuler. Honteux !” On pourrait se demander ce que Soral et Dieudonné viennent foutre dans l’élection municipale de Metz, où leur influence est, il faut bien le dire, à peu près au niveau de celle de la Reine de la Mirabelle sur la politique énergétique du Tadjikistan. Mais en France, c’est ainsi, dès qu’il est question de ces deux gugusses, on devient dingue. Et c’est là que la puissance de Twitter se manifeste, transformant un hors-sujet sans intérêt en une affaire d’État. La France entière, enfin, la twittosphère entière se pousse du coude, jouant les scandalisées : Aussitôt, Marie-Jo Zimmermann, à moins que ce ne soit Masson, décrète un arrêt unilatéral des tweets de toute sa liste, amplifiant encore la publicité donnée à cet épisode qui aurait assurément gagné à rester dans l’anonymat. Sous les quolibets de ses adversaires pétés de rire devant tant d’amateurisme. Avant de se rendre compte de la stupidité de cette décision. Finalement, Nora Aline Herbet s’exclut elle-même de la liste. Enfin, c’est la version officielle. Je ne vais pas vous faire un descriptif détaillé des membres de cette liste de droite, mais au fil des tweets passionnants de Madame Zimmermann. Il y en a juste trois qui me font encore plus marrer que les autres.

Le premier, c’est Emmanuel Lebeau. Celui qui avait “surpris” (d’aucuns ont dit “trahi”) ses colistiers de 2008 en se ralliant à Mme Zimmermann au second tour. Malgré la défaite, il avait été le seul de sa liste à être élu au conseil municipal. Politicard c’est un métier. Lebeau est célèbre à Metz pour son égo très dilaté (même en prenant en compte les standards de la politique !), très bien rendu par le compte Twitter parodique E_Lepasbeau. Et surtout, son activisme forcené contre les impôts et les dépenses publiques en général l’amènent à s’opposer à tout ce qui coûte de l’argent, c’est-à-dire à peu près tout… Il y a aussi Jeremy Aldrin, c’est l’ancien chef des jeunes vieux pop de l’UMP. Un gars qui dès ses 15 ans baignait déjà dans l’idéologie patronale. Vous n’arrivez pas à comprendre ? Moi non plus, avant. Mais en fait, il suffit de réfléchir un peu. L’idéologie de Gauche est vaste, pleine de théories complexes. Alors que celle de droite, c’est simple, tellement simple qu’un gamin de 15 ans peut l’assimiler très facilement : yaka baisser les zimpôts, yaka baisser les charges, yaka baisser le coût du travail, yaka privatiser, yaka supprimer des fonctionnaires, yaka supprimer les règlements qui embêtent les zentrepreneurs (comme le code du travail et des trucs chiants du même genre) et voilà : tu obtiens le monde idéal. Bon, à condition de voir le monde avec les yeux d’un patron, évidemment. Et justement, c’est ce que font Jérémy Aldrin et tous les jeunes pops : se mettre d’emblée dans le camp de ceux qui ont l’argent et le pouvoir.

Je vous ai gardé la meilleure pour la fin : connaissez-vous Christine Singer ? En 9ème position sur la liste Zimmermann, elle est membre de l’UDI. On présente souvent l’UDI comme un parti modéré, un peu planplan, sans idées qui bousculeraient la baronne. Des disciples de feu Lecanuet ou Maurice Faure, en quelque sorte. C’est faire preuve d’assez peu de sens critique. Il faut voir les choses comme elles sont : l’UDI, ce sont d’abord souvent les ratés qui n’ont pas réussi à faire leur trou dans le panier de crabes de l’UMP. Mais c’est surtout un parti qui usurpe totalement son qualificatif de “centriste” !
De toute façon le P”S” est de droite, l’UMP est de droite, on voit mal comment le “centre” pourrait être autrement que de droite ;
l’UDI est donc un parti de droite, souvent même économiquement bien plus à droite que l’UMP. Et Christine Singer en est un exemple caricatural : au sein de l’UDI, elle est membre du PLD, le parti des libertarés, le parti le plus ultralibéral de France. Ces zozos, usurpateurs du mot “liberté”, reprennent les dogmes libéraux, c’est-à-dire tendre le plus possible vers la suppression de l’État, des fonctionnaires, des prestations sociales et (surtout) des impôts et règlements castrateurs de la liberté.

En période électorale, les politicards sont soudain pris d’une frénésie de contact avec la population, qu’ils ignorent avec la plus parfaite arrogance le reste du temps. Mais la “démocratie” a ce travers : il faut faire croire aux manants qu’on s’intéresse à eux pour qu’ils votent pour vous et que vous puissiez continuer à jouir du pouvoir et des confortables indemnités qui vont avec. Alors ils s’en vont “à la rencontre des messins”, sur les marchés, à la gare, ou carrément frapper aux portes. J’imagine que Jérémy Aldrin a bien potassé son bouquin “qu’est-ce qu’un pauvre ? Comment parler avec un pauvre ?”. Qu’Emmanuel Lebeau va expliquer que tout ce que Gros a fait a coûté trop cher. Et imaginez un peu la tête de la mamie qui voit débarquer Christine Singer (dans le civil “gestionnaire de patrimoine chez BNP Paribas à Luxembourg”, vous avez le droit de pouffer).
— Alors, ça va madame ?
— Ah ben non, je suis malade.
— Ça tombe bien, je veux supprimer la sécu !
— Et mon fils est au chômage
— Ça tombe encore mieux, j’aime pas les zassistés, et je veux supprimer les allocs chômage
— Heu…

(Lebeau arrive à la rescousse)
— Heu… Houlala, comment qu’il nous a augmenté les zimpôts, le Dominique Gros, hein, houlala !

Voilà ce que l’on pouvait dire sur cette liste de droite. Après cette volée de bois vert, n’attendez tout de même pas que j’aille vous ordonner d’aller voter pour la liste “socialiste”, hein ! Vu l’étendue de la monstruosité de leur trahison au niveau national, (lire par exemple le billet précédent) il est clair que pas une voix ne doit aller aux listes P”S”, où que ce soit en France ! D’ailleurs la liste n’est pas que “socialiste”, puisqu’elle rassemble aussi quelques communistes désireux de garder leur siège, quelques écolos autoproclamés, et même un Modem, le très spirituel Thierry Jean, qui a au moins compris qui étaient “ceux d’en face”. Circonstance aggravante, la deuxième de la liste n’est autre que la parisienne Aurélie Filippetti, dont j’ai récemment rappelé l’attachement par-fai-te-ment dé-sin-té-res-sé qu’elle voue à sa Lorraine natale, et à Metz en particulier. Elle espère clairement que Dominique Gros, qui aura 77 ans à la fin de son deuxième mandat, lui laissera la place toute chaude pour peaufiner son “ancrage régional” indispensable à toute carrière politique digne de ce nom. Ceci dit, pour moi qui aime dire du mal, je dois avouer que Dominique Gros n’est pas le pire “socialiste” ni le pire maire qu’on ait vu. On peut lui reconnaître de ne pas avoir d’ambition nationale, d’habiter à temps plein dans sa ville et de la connaître parfaitement. Et en étant toujours parfaitement objectif, que la ville est nettement plus agréable maintenant qu’il y a 6 ans.

Pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter Metz, sachez qu’au cours de ce mandat, la ville a vu l’inauguration du Centre Pompidou Metz (qui avait été décidé par Rausch, qui s’était résigné en toute fin de mandat à faire enfin quelque chose et à casser la tirelire qu’il gardait jalousement), et aussi la mise en route du fameux Mettis, le bus à haut niveau de service. Certains ont objecté que le Centre Pompidou, c’était le parangon de la culture élitiste boboïsante, et que les dizaines de millions dépensés faisaient surtout ressortir le peu d’intérêt pour la culture populaire locale. D’autres (moi par exemple) ont pu regretter que le Mettis soit avant tout un gros bus à mazout puant (il est en fait “hybride diesel”), qu’il ait coûté une fortune (le dada de Lebeau !) ou encore qu’il soit… trop large de 7 cm. Mais bon, depuis l’ouverture du Pompidou, on sait au moins où emmener les (rares) visiteurs courageux qui viennent nous voir jusqu’en Lorraine, et le Mettis, après des travaux longs et calamiteux, loin d’avoir défiguré Metz (comme le prophétisait Lebeau) lui a au contraire donné une image moderne, bien loin des enfilades historiques et surannées de casernes de troufions qui en constituaient jusque-là le marqueur. Et les “socialistes” ont bien fait les choses pour que les travaux s’arrêtent suffisamment avant les élections pour que ceux qui en ont subi les désagréments les oublient au moins partiellement… Il y a aussi d’autres vérités qui rendent les critiques de la liste de droite ridicules : par exemple, n’en déplaise à Lebeau, Metz était et reste une ville bien gérée et fort peu endettée (l’héritage de la rapacité du vieux Rausch !), qui en particulier n’est pas tombée dans le panneau des emprunts toxiques pour financer du bétonnage. Résultat, le troisième rang des grandes villes les moins endettées avec 88 euros par habitant, à comparer aux 1 000 euros par habitant du rival régional Nancy (pourtant gérée depuis des décennies par la même caricature de maire de droite) ou les plus de 2 000 de Saint-Etienne, Marseille ou Argenteuil… On peut même lire que Metz est la grande ville française où il est le plus facile de se loger ! Bon, laissons l’UMPS tranquille, et passons à la suite.

Par principe, je ne parlerai pas de la liste du FHaine, qui ne fait pas ici les scores hallucinants qu’elle fait dans l’est Mosellan, et dont on notera qu’elle est ici menée par une locale, et non pas comme à Forbach par une star du parachustisme. De toute façon, le FHaine profitera ici comme ailleurs mécaniquement de la nullité crasse du P”S” au pouvoir et des scandales affolants de la mafia Sarko-UMP, dont on est sans doute encore loin de connaître toute l’étendue. Les “socialistes” n’attendent d’ailleurs qu’une triangulaire qui constitue leur seule chance de gagner. Bon, SuperNo, tu dis qu’il ne faut surtout pas voter Zimmermann, qu’il faut sanctionner les traîtres “socialistes”, et bien évidemment ignorer le FHaine. Quoi, alors ? Le “Front de Gauche” ? Ben non. Même si le Parti de Gauche est sur le papier celui qui pourrait paraître le plus proche de mes idées, il y a une exception messine. En fait à Metz, le logo du “Front de Gauche” a été annexé par l’ancien Parti Communiste Français, variante stalinienne. Celui qui ne fait plus que 1.5 % sur son nom, alors tu parles qu’il essaie de récupérer un peu la lumière de Mélenchon. Désolé, sans moi. J’ai déjà eu l’occasion de constater que les valeurs nouvelles du Parti de Gauche, à commencer par celles de l’écologie et du refus de la croissance bétonnière, étaient ici totalement absentes. J’ai pourtant pu comprendre que cette liste était soutenue par Denis Robert, l’idole de toute la vraie gauche messine, celui qui s’est attaqué tout seul à la montagne Clearstream qui a failli le bouffer tout cru. Après avoir fait ses armes ici à Metz en s’attaquant au clientélisme de Rausch. On peut lui pardonner quelques erreurs de jugement, après tout, c’est Denis Robert, mais après son soutien à Kerviel (qui est certes un bouc émissaire, qui ne mérite certes pas la prison, et encore moins de payer 5 milliards à son ex-employeur, mais qui est surtout un petit branleur de militant UMP assoiffé de pognon et devenu trader en espérant la fortune et la gloire), cette nouvelle intervention en faveur du PCF messin me semble relever de la faute de goût.

Et puis le PCF, grande tradition depuis au moins Waldeck Rochet, se jettera au deuxième tour dans les bras de la liste “socialiste”. Encore une raison de passer son chemin. Alors quoi ? L’abstention ? Eh ben non ! Il y a toujours une solution. Dans le cas qui nous préoccupe, elle s’appelle Basta ! La liste de tous les gueux et les réprouvés, des habitants et des quartiers de Metz laissés à l’abandon. La liste du respect des différences. La vraie liste de la Vraie Gauche. Menée par Stéphane Aurousseau, ancien chef d’EELV à Metz, démissionnaire pour cause de magouilles de la clique à Placé et de la participation contre toute évidence à ce gouvernement de félons anti-écolo. Il avait osé mettre en place un tirage au sort pour désigner les candidats aux législatives ! Il récidive ici, les 51 dernières places ont été tirées au sort… On y trouve aussi Daniel Delrez, célèbre et brillant avocat messin, désormais à la retraite, et qui défendait notamment à l’époque Denis Robert… On y trouve le camarade Vinz, objecteur de croissance qui se bat pour obtenir une terre afin d’exercer son métier de paysan bio… Pendant que les autres listes ne pensent qu’à bétonner de nouveaux centres commerciaux hideux et ineptes, ou un nouveau “Palais des Congrès” parfaitement superfétatoire.

On y trouve des dizaines de militants de gauche sincères et engagés, des syndicalistes, des altermondialistes, des libertaires, des militants LGBT, des écolos, des décroissants, des bouffeurs de curés, des déçus des autres listes de “gauche” (notamment la FASE, membre du FDG, mais persona non grata auprès du PCF de Metz, et le NPA). Bref, des vrais gens. Vous verrez suffisamment de propagande pour les autres listes dans les médias, alors en voilà pour la liste Basta ! Qui ils sont. La liste. Le programme : lisez-le, et vous verrez que c’est bien plus qu’un vote de protestation ! Un véritable programme municipal de la Vraie Gauche, comme on a trop tendance à l’oublier lorsque les médias continuent contre toute évidence à nous faire gober que Hollandréou, c’est la Gauche !

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