La France des sénateurs cumulards

lundi 23 septembre 2013
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On peut, comme Mr Gaudin, être maire de Marseille et sénateur. On voit le résultat. De deux choses l’une : soit on ne gère une métropole en crise, confrontée à la dépression et à la violence, qu’à mi-temps ou à tiers-temps... Soit on est rétribué pour occuper une fonction parlementaire qu’en réalité on n’exerce pas. Dans les deux cas les électeurs sont arnaqués.

Qu’importe : il s’est trouvé une massive majorité de sénateurs pour refuser que soit mis fin au cumul des mandats. Et, parmi eux, une quarantaine de socialistes. Des socialistes de privilèges et de prébendes. Antiredistribution, antipartage, antirenouvellement. Monopolisation jusqu’à la caricature. Des socialistes en peau de fouine ! Mr Gérard Collomb est un bon maire de Lyon. Au sénat, en revanche, il ne sert à rien... Qu’importe : il ne lâchera rien. Pas plus qu’un fauve son morceau de bidoche. Pas plus que Mr François Rebsamen, maire de Dijon, qui a trompé son monde en soutenant à l’élection présidentielle un candidat, François Hollande, dont, en fait, il réprouvait le programme. Magnifique exemple de civisme : Tout pour moi. Pour ma pomme. Pour mon ventre.

Quant aux sénateurs UMP et UDI, c’est unanimement qu’ils ont scandé « Vive le cumul ! » Autrement dit, les mêmes, toujours les mêmes, trustant toutes les places, jusqu’à l’extrême-onction. Quatre fauteuils pour un et des tabourets pour tous : c’est leur idéal. Chirac, leur chef, était bien député de Corrèze et maire de Paris. Cela ne le gênait pas. À 75 %, les Français sont contre le cumul. Et alors ? Est-ce que les sénateurs ont l’habitude de prendre en compte l’opinion des français ?

Pendant trente ans ils on refusé le droit de vote aux femmes, les sénateurs, alors que l’Assemblée nationale en avait voté le principe. Ils ont renversé Léon Blum et voté les pleins pouvoirs à Pétain, les sénateurs. Longtemps, en particulier sous le second Empire qui récompensa leur servilité, ils trouvèrent normal d’être nommés à vie, les sénateurs. Et cautionnèrent, ensuite, le coup d’État de Mac-Mahon. À leur tête, de Poher en Poncelet et Monory, ils n’ont cessé de placer des grabataires. Les sénateurs, dans leur majorité, ont toujours rêvé d’une assemblée sans jeunes, ni femmes.

Ils n’ont jamais accepté le suffrage universel direct, les sénateurs, préférant se faire élire par des aréopages de notables achetables. Reflets confits de la France d’hier, ils n’ont été, les sénateurs, à l’origine d’aucune avancée sociale ou sociétale. Quand on s’est emparé d’une bonne place, aux coussins bien rembourrés, le plus sûr, c’est de ne rien changer. jamais. Ils ont tout compris, les sénateurs.

Marianne N° 857 du 21 septembre 2013


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