Miel alors !

dimanche 30 juin 2013
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Imaginez un pot de miel qui contiendrait pour moitié du sirop de sucre. Impossible ? À en croire le Cetam , le Centre d’Études Technique Apicole de Moselle, seul labo français indépendant dans le domaine, c’est l’une des fraudes les plus répandues. Jusqu’à 10 % des miels d’importation seraient trafiqués, notamment par ajout de sucre liquide !


On ne le sait pas assez, mais, depuis dix ans maintenant, les fabricants de miel peuvent tranquillement verser dans le pot jusqu’à 5 % de saccharose, de glucose et de fructose, sucre tiré de la canne à sucre ou de la betterave. Une fleur qui leur a été faite par Bruxelles. Mais, pour pouvoir dépasser ni vu ni connu la limite des 5 %, les margoulins ont trouvé une astuce : mélanger le miel avec un sirop de sucre d’amidon de céréales. Le maltose, obtenu par hydrolyse, est détecté non pas comme un sucre ajouté mais comme un sucre fabriqué par les abeilles. Du coup, certains miels importés, notamment de Chine, et contenant jusqu’à 50 % de sucre industriel passent comme une fleur les contrôles…

En quelques années, la Chine est devenue le plus gros producteur et exportateur de miel de la planète (300 000 tonnes par an). En 2002, le miel chinois avait été déclaré non grata par Bruxelles, au motif que les pots contenaient parfois du chloramphénicol, un antibiotique qui dope les butineuses, interdit en Europe depuis 1995. Depuis août 2004, les exportateurs chinois jurent que leurs abeilles ne carburent plus aux antibio, et ils ont de nouveau le droit d’écouler leur nectar en Europe.

De toute façon, il est impossible de repérer le miel chinois sur les étals. Tout simplement parce que le miel bon marché est ensuite mélangé avec du miel européen, ce qui lui vaut alors de bénéficier de cette mention anodine : « Origine UE et hors UE ». Au fait pourquoi fait-on venir du miel chinois en Europe ? Parce que chez nous les abeilles tournent de l’œil, notamment à cause des pesticides. La production des apiculteurs français affichait 33 000 tonnes il y a quinze ans : elle a fondu de moitié.

Et les importations, elles, ont grimpé de 7 000 à 26 000 tonnes par an. Outre le miel chinois, on se régale avec celui des pays de l’Est, même si l’on y trouve parfois des substances radioactives… Il y a trois ans, dans sa dernière enquête sur le miel, la Répression des Fraudes avait détecté du césium 131 dans un pot !

À l’époque, les Fraudes avaient aussi révélé que 41,9 % des échantillons analysés étaient « non conformes », dont 17, 2 % en raison des ajouts de sucre. Tout ça fiche le bourdon…

Le Canard Enchaîné N° 4835 du 26 juin 2013


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