Le supplice de la baignoire

jeudi 25 avril 2013
popularité : 1%

« Mémé Simone », comme aiment l’appeler ses proches, habite seule une petite maison isolée dans un hameau des Deux-Sèvres. Âgée de 93 ans, elle y coule une vieillesse paisible.


Seul hic, la baignoire de sa salle de bains : « Jusqu’à présent, j’arrivais à l’enjamber pour prendre ma douche, mais j’avoue ne plus avoir vraiment la force, depuis quelques temps, de renouveler cet exploit quotidien », confie la vieille dame. Des travaux d’aménagement s’imposaient. En octobre 2012, Simone décide donc de déposer une demande d’aide auprès du Pact des Deux-Sèvres. Ce réseau associatif départemental, membre, entre autres, de l’Agence Nationale de l’Habitat (Anah), « doit pouvoir vous aider à débloquer les fonds nécessaires à la réalisation de votre projet », lui explique-t-on alors.

Le 15 mars, la décision tant attendue arrive : « J’ai décidé de réserver pour votre projet une subvention estimée à 3 531 euros », annonce le chef de la délégation locale de l’Anah. Champagne ! Sauf que notre petite mamie s’est réjouie un peu vite. Condition exigée par l’Agence pour débloquer les fonds : s’engager à occuper personnellement le logement pendant six ans, sous peine de devoir rembourser les sommes perçues.

Pour Simone, c’est la stupéfaction. « Comment savoir, à mon âge, si je vais pouvoir vivre tout ce temps dans ma maison ? C’est absurde ! » s’indigne celle qui ne veut sous aucun prétexte imposer à ses enfants un éventuel remboursement. Par un courrier, à ce jour resté sans réponse, elle a donc fait savoir qu’elle déclinait l’aide.

Une fracture du col du fémur coûte moins cher à la collectivité ?

Emmanuelle Jacquet

Le Canard Enchaîné N°4825 du 17 avril 2013


Commentaires

Agenda

<<

2018

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Hopitaux en danger

jeudi 19 avril