Privilèges, acquis sociaux ou caste parasite ?

dimanche 18 février 2018
par  Patrick Mignard
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Par Patrick Mignard

Ça fait un moment que la calomnie traîne dans les allées du Pouvoir : il y aurait la France qui souffre et celle des privilégiés. Mais attention, dans l’idée des politiciens, les privilégiés ce ne sont pas eux, mais des salariés, des travailleurs qui bénéficient, généralement depuis la Libération de « statuts spéciaux », d’avantages qu’on leur a accordés, bref, d’acquis sociaux.

Quels sont ces avantages ? Stabilité de l’emploi, avantages en nature, retraites, tout ce que légitimement tous les salariés ont toujours demandé et pour lesquels ils se sont battus. Sont-ce des privilèges ? Il fut une époque, pas si lointaine, où ces avantages étaient considérés comme des avancées sociales pour les autres salariés et leur servaient d’exemples… ce n’était pas des privilèges, bien au contraire, mais des conquêtes sociales. On ne condamnait pas celles et ceux qui en bénéficiaient, on essayait de les imiter et d’arracher ces mêmes avantages au Capital, à l’État. Le capitalisme se mondialisant, le rapport de force entre le Capital et le Travail tournant à l’avantage du premier, les acquis sociaux sont devenus dans la bouche des patrons et des politiciens des privilèges scandaleux.

Alors qu’à une époque, pas si lointaine, on regardait vers le haut, on se battait pour améliorer ses conditions de travail, de vie, aujourd’hui nous sommes en pleine régression. Les politiciens et les profiteurs du Capital font appel aux plus bas instincts – la jalousie en particulier - pour dénigrer ce que fut le progrès social, ce pour quoi les générations qui nous ont précédés se sont battues. Au nom d’une vision complètement perverse de l’Égalité, le nivellement des conditions de travail, de protection sociale, de salaires, de congés, de retraites… se fait par le bas. On ne permet pas à celles et ceux qui sont le plus bas, de monter, mais au contraire on rabaisse les conditions de celles et ceux qui avaient conquis des avantages. On montre du doigt celles et ceux qui refusent d’abandonner ces avantages, on les culpabilise. Ce « on » c’est bien entendu les gestionnaires du Capital et leurs complices politiciens… Ils sont d’ailleurs les seuls à ne pas s’appliquer à eux mêmes la leçon de morale qu’ils nous font…

Précarité de l’emploi, stress au travail, baisse des salaires, allongement de la durée de vie active, retraites misérables, explosion des inégalités sont en train de devenir la règle dans un monde qui regorge de richesses mais qui sont réparties de manière aberrante au profit d’une caste parasite.

Patrick Mignard
27 février 2013

Lire aussi : Acquis sociaux, rien n’est jamais acquis
Acquis sociaux : la curée

(Illustration : Le 15 mars 1944 le Conseil National de la Résistance adoptait un programme militaire, économique et social...)


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