Le “compte 99999″ derrière l’affaire Villepin

au détour des dépositions de Gergorin : toujours les rétros commissions sur les ventes d’armes.
mardi 31 juillet 2007
par  Luc Douillard
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On ne comprend toujours pas pourquoi les médias dominants s’acharnent à réduire l’affaire Clearstream à une banale embrouille d’amateur villepinesque cherchant à couler Sarkozy avant la présidentielle, alors qu’il s’agit de deux enjeux bien plus importants [ce que la gauche de la gauche semble comme d’habitude incapable d’expliquer] :

1 - Le clearing, ou opacité criminogène des flux financiers mondiaux, dénoncée par Denis Robert,
2 - Les rétro-commissions sur des pots de vins gigantesques dans les ventes d’armes françaises, notamment à Taïwan, mais pas seulement.

Vendredi matin 27 juillet, au détour des fastidieux procès verbaux de Gergorin publiés par « Libération » (page 2 et 3), on apprend quand même que les fameux comptes bancaires plus ou moins bidonnés « faisaient partie d’un réseau financier distinct de celui des frégates » [vendues à Taïwan, explique Libération], ...même si ce réseau financier « lui était connecté par le mécanisme du compte 99999 et qui avait été établi à l’occasion de grands contrats de défense à l’exportation pas pendant la deuxième cohabitation. ».

Bref, voici apparemment un vaste système “connecté” de fausses facturations sur les marchandises de mort, destinées à corrompre les démocraties émergeantes et à financer des intérêts très privés en France. On comprend que tous les pouvoirs politico-médiatiques impliqués dans les dernières cohabitations droite-gauche aient intérêt que cet iceberg criminel soit ignoré au profit d’un feuilleton de péripéties subalternes à propos d’un coup tordu entre Villepin et Sarko.
Ah, le charme discret du compte 99999 ! Quand révélera-t-il ses secrets ?

(On se souvient que la gauche, l’extrême-gauche, et ATTAC n’ont curieusement jamais osé réclamer la levée du secret défense sur ces rétro-commissions, qui se trouvaient pourtant précisément localisées dans une chemise déposée au cabinet du ministre des Finances. Voir à cet effet mon blog à la date du 13 mai 2006. Déjà plus d’un an ! Ainsi que ma demande du même jour au CA d’ATTAC pour qu’ATTAC diffuse un communiqué réclamant la levée du secret-défense sur ces rétros-commissions. J’attends toujours une réponse. Cette inertie des dirigeants d’ATTAC sur ce dossier est d’ailleurs désormais objectivement effrayante : incompétence, négligence ou complicité ?)

Rappel du 13 mai 2006 :

Clearstream : Secret-defense et sanction pécuniaire possible de la France ?
Et si tout ce sac d’embrouille Sarkovillepinesque n’avait servi qu’à allumer des contre-feux pour détourner l’attention de l’essentiel, tout en tentant de piéger Denis Robert et des juges trop indépendants ?

SECRET-DEFENSE

Sur cette affaire, ATTAC ne peut pas être en deçà d’Alain Madelin, ancien ministre Parti Républicain, qui a déclaré dans Le Monde de ce samedi matin 13 mai, page 10 : « Il faut revenir à l’essentiel : l’affaire des frégates, dans laquelle le premier soupçon à lever est celui du scandale de la redistribution des 900 millions d’euros de commissions à des hommes politiques français et à des intermédiaires. Un seul moyen : lever le secret-défense sur les documents qui dorment dans les coffres de la République, signés par des ministres, avec les noms des bénéficiaires. »

A cet égard, il faut revenir à l’enquête de Nicolas Beau dans Le Canard Enchaîné du 3 mai. Il cite notamment l’intermédiaire Andrew Wang dans l’affaire des frégates, qui aurait reçu des vendeurs d’armes français 800 millions sur 900 à lui seul, sur 46 comptes qu’il possédait en Suisse. (Resterait donc 100 millions dans la nature ?).

Malheureusement, l’argent semble s’être envolé dans les paradis fiscaux, ou aurait disparu sous forme de cessions d’immeubles par des prête-noms (ah les charmes spéculatifs des mafias immobilières !). On ne connaît pour l’heure qu’un seul bénéficiaire français : un proche de Pasqua, aujourd’hui décédé.

C’est dans cet article qu’on apprend que la France de 1991 aurait corrompu la moitié du bureau politique du Parti communiste chinois, afin qu’il ferme les yeux sur les ventes d’armes à Taïwan ! Le nom d’une vingtaine de bénéficiaires de ces commissions ou rétro-commissions serait actuellement dans une chemise protégée par le secret-défense, placée dans le coffre du dir’cab’ de Thierry Breton au ministère des Finances. Pour combien de temps ? Ca dépend de nous. (…)

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