NOUVELLES DE FAMILLE

mardi 10 avril 2007
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Ou comment on attrape un coup de blues sévère un lundi de Pâques entre ami(es) sans aucune raison particulière. Si cela est un signe, c’est assez malveillant !

Nous étions Beaux. Beaux. Beaux. Nous rêvions d’un monde nouveau. Tout en couleur. Nous nous étions jurés de jamais nous quitter encore moins de nous séparer, ne serait-ce que l’espace d’une main tendue, et jamais, oui au grand jamais, de nous caser chez Mister Establishment.

Notre vaste maison au toit percé était souriante et toujours ensoleillée. Ils arrivait parfois aux murs de bouger et de faire chanter les masques qui les ornaient. Ça embaumait les vapeurs d’encens et le reste, les confitures chaudes, le pain frais cuit dans le four de la cuisinière, les caresses-câlines, la soupe au lait qui mijotait sur le réchaud, le pain d’épice qui l’été attirait les guêpes...

Nous nous étions baptisés comme étant La Grande famille Joyeuse, afin de remplacer celle que nous n’avions pas eu. Notre vie était simple et aimante. Et le peu que nous avions n’était jamais possession mais partage.

- Trop joli pour être vrai menaçaient les voisins... Doivent se droguer... Travaillent jamais... À coup sûr s’prêtent les femmes...

Nous écoutions Dylan, Janis, le Jefferson et bien d’autres, bien d’autres, tout en roulant et fumant d’étranges fleurs douces et suaves sur les routes de notre Imaginaire, tandis que nos parents, morale entre les dents, veillaient sur leur ligne Maginot.

Nous étions Beaux. Beaux et Sublimes. A côté de Nous, Narcisse était d’une laideur absolue ! Nous étions aussi Heureux et Fiers d’être les temps nouveaux. Nous avions des désirs insolents pleins les yeux qui illuminaient nos nuits sans lois ni propriétés sur nos corps. Sir Jimmy jouait souvent son « Voodoo Child ». Nous appelions alors Alice et le Lapin Blanc :

- Une grande fête se prépare ! /
Les enfants sèment le sable de nos rêves

Venez nous rejoindre /
Ne restez pas au pied de la colline /
Aidez nous à remplir de fleurs géantes /
Les greniers de nos maisons soeurs

Dans ce qui nous servait de bus bariolé – un antique H citron - c’était un peu l’univers qui visitait ses propres terres. À fond les manettes sur les routes de traverse, ZZ Top servait de GPS..., tandis que la chaleur ambiante et les rires faisait vibrer le Led.

« Ramble on... Ramble on... »

Le bonheur était aussi que nous ne possédions pas de souvenirs. Ça n’a pas duré. Nous n’avions pas prévu un coup de bambou majeur. Le temps s’est moqué de nous. Il nous a quitté vite fait pour de bon et nous a fané. Nous n’avons jamais vraiment - ou si peu - renié nos promesses. Mister Business a depuis longtemps brûlé nos fiches de pointage restées vierges. Et pourtant nous avons bossé, mais sans jamais nous trouver un patron. Un vrai miracle.

Nous avons toujours nos câlins, mais avec des larmes en plus.

Désormais, le monde dévore son propre monde. L’envers et l’endroit conjuguent la fin mes Ami(es).

Sur les trottoirs de nos villes, des enfant vacillent en secours de rumeurs défaillantes.

S’allonge Alice au pays des Enfers /
Et nos corps crédités d’alarme /
Par les financiers de l’An zéro /
Meurent de lois-jugements /
Signés en paragraphes mensonges /
Sue des livres obscènes

De nouveau la rue avec son cortège d’errances et de morts.

Alors, nous sommes heureux de n’avoir jamais grandi pour vivre dans ce que l’on nomme le monde des adultes composé de malveillances, de combines, et de guerres.


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