Notre longévité n’est pas due aux médicaments

mardi 20 septembre 2011
par  Sylvie Simon
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Par Sylvie Simon

Les pouvoirs publics ne cessent de rabâcher que nous vivons de plus en plus vieux grâce aux progrès de la médecine, qu’avant l’ère pasteurienne personne n’atteignait un âge avancé, et tout le monde les croit. Au point que le Dr Claire-Anne Siegrist, qui collabore avec l’OMS et s’est autoproclamée « meilleure spécialiste au monde des vaccins », a déclaré à La Tribune de Genève (20-21 décembre 2008) qui lui consacrait sa première page : « Laissez faire la nature, c’est la sélection naturelle : l’espérance de vie à 35 ans et la moitié des enfants qui meurent avant 5 ans. »


Il est consternant de voir qu’un journal dit « sérieux » ose imprimer de telles inepties, même si elles sont proclamées par une « autorité de référence » que personne n’a l’audace de contredire. Cette amélioration de notre espérance de vie par la médecine est l’une des plus grandes contrevérités de ce siècle et relève d’une manipulation des chiffres. Il est exact que la mortalité infantile, en bas âge et en couche, a fortement diminué grâce à l’hygiène, mais la mortalité prématurée, c’est-à-dire celle qui intervient avant l’âge de soixante-cinq ans, est à l’origine de 25 % des décès annuels dans l’hexagone. D’ailleurs, ce pourcentage est très supérieur à celui des autres pays de la Communauté européenne, excepté le Portugal. D’après l’Inserm, la mortalité pour le Français de 25 ans est le double de celle des Suédois ou des habitants du Royaume-Uni. De même, les Grecs de 25 à 65 ans sont en meilleure santé que nous, avec des dépenses de santé très loin d’égaler les nôtres.

Non seulement nous ne vivons pas plus vieux qu’autrefois, mais nous sommes de plus en plus malades et de plus en plus dépendants de l’industrie médico-pharmaceutique. Jadis, lorsque l’être humain atteignait des âges vénérables, il restait en pleine possession de ses capacités, tant physiques que mentales, et sans l’aide de drogues pharmaceutiques !
Certaines peuplades « non civilisées » ont des espoirs de vie très supérieurs aux nôtres, sans aucune assistance thérapeutique. Ainsi les Hounzas, qui habitent sur les contreforts de l’Himalaya, au nord du Pakistan, vivent jusqu’à cent vingt ans environ, tout en conservant la vue, l’ouïe, et les dents, ainsi que leur capacité d’effort. Il est évident qu’ils mènent une vie très frugale, mais l’hygiène n’est pas de règle et, pourtant, ils se montrent très résistants aux maladies. Quant au cancer, il est inconnu chez ce peuple.

Il en est de même des Indiens qui peuplent la « Vallée des centenaires » dans la cordillère des Andes, près de l’équateur. En 1994, selon son certificat de baptême, la doyenne avait cent dix-sept ans, et au cimetière, de nombreuses tombes attestent la longévité de ce peuple.
On relève les mêmes preuves de longévité chez les Abkhases du Caucase, les habitants de l’île d’Okinawa au Japon, et les Sikhs de l’Inde du Nord. Chez les Mormons, on trouve également de très nombreux vieillards en parfait état de santé à un âge très avancé. Tous ces peuples vivent dans des pays où les médicaments chimiques sont pratiquement inconnus, avec un environnement sain et non pollué par nos « indispensables » produits chimiques.

Dans Némésis médicale, Ivan Illich constatait que, dès le début du XVIIIème siècle, l’enfant français avait une espérance de vie supérieure à celle de ses parents et que cet écart s’est accentué entre 1899 et 1920 : « Ce serait une erreur grave que d’expliquer ces transformations des taux de mortalité globaux par un progrès global de l’efficacité de l’acte médical. La différence entre l’espérance de vie des générations successives apparaît sous l’Ancien Régime sans qu’il y ait eu pour autant de progrès thérapeutiques notoires à cette époque. »
Tous nos beaux parleurs ignorent-ils qu’il suffit de consulter un dictionnaire biographique pour constater le nombre de gens âgés et en excellente santé qui ont fait parler d’eux au cours des siècles, bien avant les « progrès » de la médecine. Pourtant, ceux qui sont cités ne représentent qu’une infime partie de la population, celle qui est devenue célèbre, l’autre n’ayant jamais été répertoriée. Mais cela n’empêche guère nos instances de santé de déclarer à tout bout de champ que notre « science » permet de vivre bien plus vieux et en meilleur état que nos grands-parents.

Il est de la sorte très intéressant de consulter un dictionnaire pour trouver de nombreuses personnes qui ont atteint un âge très avancé, à toute époque et dans tous les pays, y compris avant l’ère chrétienne, même si l’on a pas toujours la date exacte de leur naissance. Toutefois, dès le XVème siècle, les dates deviennent très fiables car des registres officiels étaient tenus et nombreux furent ceux qui dépassèrent 90 ans et même 100 ans. J’en ai ainsi cité plusieurs centaines dans mon dernier ouvrage sur la Santé, mais cette liste, longue mais non exhaustive et très vérifiable, concerne essentiellement des hommes, sans doute parce qu’elle est issue de dictionnaires, donc elle concerne des gens qui ont fait parler d’eux par leurs talents, scientifiques, artistiques ou politiques. Or, à ces époques, peu de femmes avaient des vies publiques, et leurs activités étaient plus discrètes. Cependant, il y en a eu certainement autant, puisqu’en général les femmes vivent plus longtemps à partir d’un certain âge.

Il faut tout de même retenir les noms de Madeleine de Scudéry, femme de lettres française primée par l’Académie, qui vécut 94 ans, Élisabeth Chavigny, canadienne qui mourut en 1748, à l’âge de 99 ans plus un mois, et Alexandra David-Neel, morte en 1969 à 101 ans.
Dans son ouvrage La Fin de la médecine à visage humain, Le Dr Petr Skrabanek cite le cas d’une certaine Pheasy Molly, morte à 96 ans pour avoir mis le feu à ses vêtements en allumant sa pipe dans la cheminée, et celui de Jane Gorbritt, qui n’avait jamais renoncé à sa pipe et mourut dans sa 110ème année en 1856.
En 1867, Mary Galligall mourut à l’âge de 102 ans, après avoir avalé son verre de gin et fumé sa pipe, comme elle le faisait chaque jour.
En 1883, Mary Murray, amateur de punch et de tabac noir mourut à 110 ans, comme le signale le Medical Press du 3 janvier, et en 1894, le Provincial Medical Journal du 1er août signalait le décès à 106 ans d’une galloise, elle aussi amateur de pipe. À croire que fumer la pipe serait un gage de longue vie.

Quant aux centenaires actuelles, Jeanne Calment, morte à 122 ans, faisait toujours de la bicyclette à 100 ans et a vécu seule jusqu’à son 110ème anniversaire. Elle attribuait sa longévité à l’huile d’olive qu’elle utilisait pour se nourrir et dont elle s’enduisait la peau, ainsi qu’à un verre de porto et à un kilogramme de chocolat par semaine. Eugénie Blanchard, morte à 114 ans, n’a jamais pris de médicament.
Quelques temps avant la disparition de Florrie Baldwin, décédée en mai 2010 à l’âge de 114 ans, sa fille Maisie âgée de 89 ans, déclarait : « elle est très, très en forme. Elle ne souffre de rien et ne prend jamais de médicaments. »
Le quotidien en ligne Sabcnews.com signale qu’une Africaine du Sud Moloko Temo, qui vient de fêter son 132ème anniversaire, serait la personne la plus vieille du monde. Bien qu’elle ne soit pas officiellement reconnue, des documents d’identité officiels émis en 1988 par le gouvernement local confirmeraient son âge. Cette doyenne devrait sa formidable longévité à ses nombreuses activités sportives.
Et pour en finir une fois pour toutes avec ces fausses affirmations reprises en chœur par tous les perroquets qui ont pignon sur rue, une étude de l’Inserm, réalisée en 1992 en collaboration avec le Haut Comité de Santé publique et publiée en 1996, démontre magistralement que les taux de décès des Français nés après 1938 sont très sensiblement supérieurs à ceux des pays voisins comme la Suède, mais aussi le Royaume-Uni et même l’Italie ! Ces chiffres peuvent surprendre étant donné que pour les personnes nées avant 1938, ils étaient inversés, la mortalité précoce étant largement inférieure en France que dans ces pays. Paradoxalement, cette étude, publiée très confidentiellement aux Éditions Le Monde, n’a pas fait l’objet de commentaires par les médias, ni par les pouvoirs publics. Comment ces derniers pourraient-ils, en effet, expliquer cette inversion qui dément leurs affirmations péremptoires ?

En outre, il est évident que les prochaines générations, intoxiquées par la pollution de l’environnement, la nourriture bourrée de produits chimiques, l’overdose de médicaments et de vaccins, subira l’augmentation des maladies dégénératives et auto-immunes et verra diminuer de manière spectaculaire cette espérance de vie dont on se réjouit, malheureusement bien à tort.

Sylvie Simon


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