La chute de la biodiversité se poursuit inexorablement

lundi 24 septembre 2007
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par Pascal Farcy

Selon l’édition 2007 de la Liste rouge des espèces menacées de faune et de flore, tous les grands singes, les coraux, les vautours et les dauphins sont en danger. Cette liste, qui fait référence au niveau international, est dressée par l’IUCN (1) et répertorie désormais 41 415 espèces dont 16 306 sont menacées d’extinction (188 de plus que l’an dernier). Le nombre total d’espèces éteintes a atteint le chiffre de 785 et 65 autres n’existent qu’en captivité ou en culture. Ainsi, l’IUCN considère qu’un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril.

Pour Julia Marton-Lefèvre, Directrice Générale de l’Union mondiale pour la nature, la liste rouge de cette année démontre que les efforts engagés pour protéger les espèces sont insuffisants. Considérant que ’Le rythme de l’érosion de la biodiversité s’accélère’, elle estime que seul ’…un effort concerté à tous les niveaux de la société’ permettra de mettre un terme à cette crise mondiale.

Avec un taux d’extinction au moins 100 à 1 000 fois supérieur au taux naturel, quasiment tous les grands groupes, qu’ils soient végétaux ou animaux, voient leur nombre d’espèces menacées augmenter. Aucune zone de la planète ne semble à l’abri, même en des lieux non-fréquentés par l’homme, on enregistre une baisse de la biodiversité, comme par exemple avec les coraux victimes du réchauffement des eaux et de la modification du rayonnement solaire à cause de la pollution atmosphérique. D’autre part, si depuis le début du XVIe siècle, l’immense majorité des extinctions se produisait dans les îles, depuis 20 ans, les disparitions d’espèces sur les continents sont devenues aussi communes.

Parmi les causes de cette chute de la biodiversité, c’est l’homme, directement ou indirectement, qui apparaît comme le principal responsable du déclin des espèces. La destruction et la dégradation des habitats continuent d’être les principales raisons de ce déclin, parallèlement à des menaces trop familières : espèces envahissantes introduites, prélèvement non durable, chasse excessive, pollution et maladies. Par ailleurs, le changement climatique est de plus en plus reconnu comme une menace grave susceptible d’amplifier le phénomène.

L’édition 2007 de la Liste rouge met plus particulièrement l’accent sur certaines espèces, comme les grands singes, les coraux, le gavial, certains vautours et l’abricotier sauvage.

Les grands singes révèlent un tableau plutôt sombre. Le gorille de l’ouest (Gorilla gorilla) est passé de la catégorie ’En danger’ à ’En danger critique d’extinction’. On a, en effet, découvert que sa principale sous-espèce, le gorille de plaine occidental, a été décimée par le commerce de la viande de brousse et le virus Ebola. Depuis 20 à 25 ans, la population a diminué de plus de 60 % et environ un tiers de la population totale présente dans les aires protégées a succombé au virus Ebola depuis 15 ans. L’orang-outan de Sumatra (Pongo abelii) reste dans la catégorie ’En danger critique d’extinction’ et l’orang-outan de Bornéo (Pongo pygmaeus) dans la catégorie ’En danger’. Tous deux sont menacés par la perte d’habitat due à l’exploitation licite et illicite du bois et au défrichage des forêts pour faire place à des plantations de palmiers à huile pour la production de biocarburants (2).

Alors que des coraux étaient évalués pour la première fois, dix espèces des Galápagos ont fait leur entrée sur la Liste dont deux dans la catégorie ’En danger critique d’extinction’. Pour ces espèces, les menaces principales sont les effets de l’augmentation de la température des mers, qui caractérise le phénomène El Niño, et du changement climatique.

Les tortues marines font parties des reptiles en danger d’extinction.
Le gavial (Gavialis gangeticus), le crocodile de l’Inde et du Népal, est aussi confronté aux menaces de la dégradation de son habitat et est passé de la catégorie ’En danger’ à ’En danger critique d’extinction’. Sa population est passée de 436 adultes reproducteurs en 1997 à 182 en 2006. Les barrages, les projets d’irrigation, l’exploitation du sable et les digues artificielles ont envahi son habitat, le réduisant à 2 % de l’aire de répartition d’origine.

En Afrique et en Asie, les vautours sont de plus en plus menacés et le classement de cinq espèces a été aggravé. Depuis huit ans en Asie, le déclin rapide de ces oiseaux est dû à l’utilisation d’un médicament, le diclofenac, pour traiter le bétail. En Afrique, la chute de leur population est due au manque de nourriture avec la réduction du nombre de mammifères sauvages herbivores, la perte d’habitat et la collision avec les lignes à haute tension. En outre, ces oiseaux charognards sont empoisonnés par des carcasses délibérément aspergées d’insecticide pour éliminer les prédateurs du bétail tels que les hyènes, les chacals et les grands félins…

Enfin, l’abricotier sauvage (Armeniaca vulgaris) d’Asie centrale, évalué pour la première fois cette année, fait son entrée directement dans la catégorie ’En danger’, l’espèce voyant sa population diminuer au fur et à mesure que son habitat cède la place à des infrastructures touristiques ou des cultures dédiées à la production d’aliments ou de bois.

Présentée tous les 4 ans, la prochaine mise à jour majeure de la Liste rouge de l’UICN sera publiée en 2008. Elle actualisera l’état de tous les mammifères (environ 6 000 espèces) et de tous les oiseaux (environ 10 000 espèces). Pour la première fois, tous les reptiles (environ 8 000 espèces) et tous les poissons d’eau douce (environ 13 000 espèces) seront évalués, alors que l’ensemble des amphibiens (environ 6 000 espèces) l’a été en 2004.

Notes :
1- La Liste rouge de l’Union mondiale pour la nature (UICN) classe les espèces selon l’éventuelle menace qui plane dessus. Pour faire une recherche sur la Liste Rouge des espèces menacées (en anglais).
2- A Bornéo, la superficie des plantations de palmiers à huile s’est faite essentiellement à partir de la déforestation de forêts anciennes. Elle est passée de 2000 km² à 27 000 km², de 1984 à 2003, ce qui réduit d’autant l’habitat disponible pour les espèces sauvages.

Source : univers-nature.com


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