Henri Nallet, Bernard Kouchner, Nora Berra et le Mediator

lundi 20 décembre 2010
popularité : 1%

Par Fabrice Nicolino

Le grand socialiste Henri Nallet, ancien ministre de la Justice, lobbyiste des laboratoires Servier, propriétaire du poison Mediator ? C’est possible. Il suffit de demander.


C’est de la pure folie, et ça ne fait que commencer. Un médicament criminel, le Mediator, a été accusé d’avoir tué 500 personnes en France. Une étude, dénichée par Le Figaro, et soigneusement dissimulée dans un placard, parle aujourd’hui de 2 000 morts possibles (ici). Or on sait maintenant avec certitude qu’une alerte limpide avait été lancée par de hautes autorités médicales dès 1998, soit onze ans avant le retrait du marché de ce poison (ici). Le scandale est donc patent, foudroyant, inassumable. Les courageux politiciens qui ont eu des responsabilités d’État vont fatalement se refiler cette patate brûlante de manière à pouvoir se défiler.

Comme Bernard Kouchner ? Je ne l’accuse de rien, soyons clair. Mais le fait est que cet ancien médecin, rallié à Sarkozy dans les conditions que l’on sait, a été secrétaire d’État à la Santé entre juin 1997 et juillet 1999. Il était donc en poste lorsque son administration étouffait une vérité gênante pour les laboratoires Servier, propriétaires du médicament miracle Mediator. J’ai le pressentiment qu’il va devoir s’expliquer. Notez que je n’entends pas m’acharner contre lui. L’actuelle secrétaire d’État à la santé de Sarkozy, Nora Berra, a travaillé de 1999 à 2009 pour l’industrie pharmaceutique, notamment Sanofi. La chose est en soi inouïe, caractéristique de cette époque de déréliction morale, mais ce n’est pas tout. Le 16 novembre dernier, alors que le scandale Mediator était pleinement établi, cette malheureuse dame a déclaré sur i>Télé : « Il faudra voir la relation d’imputabilité entre le médicament et ses effets », ajoutant même qu’il faudrait « un gros travail de compilation de données et d’expertise » pour vérifier l’éventualité d’un problème.

Tenez, voulez-vous un scoop ? Ce qui suit en est un. Jacques Servier est un homme de droite, d’une droite dure. Grand bien lui fasse, n’est-ce pas ? Mais le patron du laboratoire qui a commercialisé Mediator sait s’entourer. En 2000, il embauche un certain Henri Nallet, ancien ministre de l’Agriculture, ancien ministre de la Justice. Un bon socialiste, vous pouvez m’en croire. Nallet est recruté pour son carnet d’adresses - on s’en serait douté - et suit en particulier les procédures décisives des Autorisations de Mise sur le Marché (AMM). Il est toujours appointé par Servier, comme conseiller, au moment où j’écris. À 71 ans. Il est hautement probable que vous verrez sortir ces faits ailleurs, mais je signale que cette info figure dans mon livre Bidoche, publié en septembre 2009 aux éditions Les Liens qui Libèrent (LLL). Il faut bien que je me place. Si vous voulez voir la tronche de Nallet parler au nom de Servier, regardez donc ces bien belles images (ici).

Une conclusion ? Oui, une courte conclusion. En face de faits d’une gravité pareille, si nous n’étions pas tous inertes, passifs et même souvent indifférents, il se lèverait enfin un vent de véritable révolte contre l’infamie. Mais j’ai beau me mettre à la fenêtre, je ne vois rien venir. Et vous ?

fabrice-nicolino.com


Commentaires

Logo de Corsiglia
Henri Nallet, Bernard Kouchner, Nora Berra et le Mediator
jeudi 28 mars 2013 à 15h03 - par  Corsiglia

D’autant plus que Henri Nallet est celui qui a signé l’arrêté qui a prolongé de trois ans les dérogations de 1990 à 1993 sur l’utilisation d’un puissant herbicide sur les cultures à La Martinique, le Chlordécone : il était ministre de l’agriculture du gouvernement socialiste.
Cet herbicide avait été interdit dès 1976 aux Etats-Unis.

Agenda

<<

2017

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Protégez les loups

samedi 22 juillet

Protégez les loups
en vous promenant