Combien ça coûte ?

(une pandémie invisible)
dimanche 15 août 2010
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Par Fabrice Nicolino

La saisissante, effroyable, monstrueuse épidémie de grippe H1N1 a tué en France 176 malheureux, dont 28 personnes sans risque particulier connu. Antoine Flahaut, épidémiologiste gravement réputé et directeur des hautes études en santé publique de Rennes, déclarait le 12 mai 2009 : « Près de 35 % de la population française sera touchée par la grippe H1N1. Quand on prédit à l’avance l’arrivée d’un cyclone, on peut se tromper dans la trajectoire mais c’est quand même un cyclone. Est-ce qu’on saura l’arrêter ? Pas sûr ».

Quant à la bonne vieille grippe saisonnière, elle frappe sans demander la moindre autorisation de 2 à 8 millions de Français chaque année. Entre 1 500 et 2 000 en meurent, soit dix fois plus qu’à cause de la H1N1. Bon, et alors ? Et alors, cette dernière aura coûté 510 millions d’euros d’un argent public qui n’aura pas été affecté aux hôpitaux, au service public de la santé, aux innombrables oubliés du système. Mais quelque chose vient de changer, car l’on en sait un peu plus sur les experts près l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui ont emballé la machine en foutant la pétoche au monde entier.

Pouvons-nous rire ensemble ? Jusqu’à ces derniers jours, l’OMS refusait vertueusement de fournir la liste de ceux qui l’avaient si bien conseillée, s’abritant derrière un seul nom, celui du président de son comité dit d’urgence, l’Australien John Mackenzie. Mais la pression a été assez forte pour contraindre la vieille dame arthritique et sourde à changer sa position. Et voilà le tableau, tel que recopié de Radio-Canada. Parmi les 15 experts de l’OMS - je précise que nous ne savons pas tout, de loin -, on trouve :

    • Nancy Cox, une chercheuse américaine du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), dont l’unité a reçu une aide de la Fédération internationale des producteurs et associations pharmaceutiques (IFPMA) pour des recherches sur des virus grippaux ;
    • Arnold Monto, un professeur américain qui a été consultant sur les pandémies et grippes saisonnières pour des pharmaceutiques GlaxoSmithKline, Novartis, Roche, Baxter et Sanofi. Mr. Monto a déclaré avoir reçu une bourse de Sanofi pour des recherches cliniques sur des vaccins antigrippaux en 2007-2008 ;
    • John Wood, un expert britannique dont l’unité de l’Institut national sur les standards biologiques et les contrôles a déjà effectué des recherches pour l’IFMPA et des pharmaceutiques, dont Sanofi et Novartis ;
    • Maria Zambon, du Centre britannique de protection sanitaire pour les infections, dont le laboratoire a également reçu de l’aide de plusieurs fabricants de vaccins tels Sanofi, Novartis, Baxter et GlaxoSmithKline ;
    • Neil Ferguson, un professeur britannique qui a travaillé comme consultant pour Roche et GSK jusqu’en 2007.

    Non, non, non, aucun lien de cause à effet. Bien sûr. Il ne manquerait plus que cela, hein ?

    fabrice-nicolino.com


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