les producteurs de raisin réclament 500 000 euros au MDRGF

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dimanche 10 janvier 2010
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Par Agathe Chaigne

Une association écologiste, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), assignée devant le tribunal de Paris pour dénigrement par une organisation professionnelle, la Fédération nationale des producteurs de raisins de table (FNPRT) : l’affaire, déjà médiatisée à l’époque des faits, a été examinée, mercredi 6 janvier.

L’hostilité entre l’association présidée par François Veillerette et les agriculteurs conventionnels est déjà ancienne, mais c’est la première fois qu’elle se manifeste devant la justice. En novembre 2008, le MDRGF, qui est la principale association spécialisée sur l’utilisation des pesticides dans l’agriculture en France, publiait sur son site Internet les résultats d’analyses effectuées par un laboratoire allemand sur du raisin acheté en grande surface, en France. L’enquête, effectuée dans cinq pays européens par cinq associations, concluait à des résidus de pesticides sur 99,2 % des raisins testés.

En février 2009, la FNPRT attaquait l’association, lui demandant notamment des dommages et intérêts de 500 000 euros - soit cinq fois le budget annuel du MDRGF - au motif d’une baisse des ventes de raisins.

"Propagande"

"On ne peut pas véhiculer sur le Net tout et n’importe quoi, et surtout interprété n’importe comment !", s’est insurgé d’entrée Me Patrick Gontard, défenseur de la FNPRT. Brandissant un tract distribué à l’entrée du tribunal, il affirmait que la présence dans la salle d’audience de militants du MDRGF prouvait bien qu’il s’agit d’une "association qui a une énorme capacité de mobilisation" pour faire de la "propagande".

L’avocat a accusé le site de l’association de ne pas avoir montré clairement que les résidus de pesticides étaient inférieurs, pour les raisins français, aux normes nationales et européennes. "L’agriculture traditionnelle a toujours utilisé les pesticides, a-t-il poursuivi. La question n’est pas de savoir s’il y a des résidus de pesticides, mais si ces résidus dépassent les normes."

Quelques minutes plus tard, l’avocate du MDRGF, Corinne Lepage, lui répondait : "Mais le problème ce n’est pas ça : le problème c’est que ça se sache !" L’ancienne ministre de l’environnement, favorable à un statut pour les "lanceurs d’alerte", n’a pas accepté par hasard de défendre le MDRGF. Selon elle, ce procès relève de "l’intimidation à l’égard des associations qui disent des choses et, derrière, à l’égard de la presse qui les reprend".

Pour Me Alexandre Faro, qui défendait également le MDRGF, l’étude, publiée fin novembre 2009, ne peut pas être la cause réelle de la baisse des ventes de raisin, qui s’effectuent majoritairement d’août à octobre. Les avocats de l’association ont réclamé 5 000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive.

La décision du tribunal a été mise en délibéré au 10 février.

lemonde.fr


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