Les victimes des pesticides s’organisent pour faire reconnaître leurs maladies

mercredi 22 juillet 2009
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Par Rafaële Rivais

Le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures vient de lancer un Réseau des victimes des pesticides. Cette association, qui milite depuis quinze ans pour une agriculture sans pesticides, est sollicitée par « de nombreux particuliers qui constatent qu’ils n’ont aucun moyen de se défendre contre les pulvérisations, la législation étant quasiment inexistante », explique François Veillerette, président du Mouvement.

Bertrand Pouchin est l’un d’entre eux. Lorsqu’il achète sa maison au milieu des champs de blé de la Beauce, en juillet 2004, il pense avoir gagné un "petit coin de paradis". Il déchante vite. Un week-end, un énorme tracteur vient pulvériser des pesticides à l’odeur nauséabonde jusqu’à la haie qui sépare les champs de son jardin, où joue son petit garçon. Première confrontation, violente, avec le fermier. M. Pouchin fait appel au maire qui, dans un premier temps, temporise. "Le conseil municipal, composé de huit céréaliers sur onze élus, a fini par m’envoyer promener, raconte-t-il. Chez les gendarmes, même chose ! On m’a répondu que les agriculteurs étaient là avant moi, et qu’ils doivent travailler." Il ne trouve donc personne pour constater l’infraction qui consiste à pulvériser ces produits même par vent de force 3, soit 19 km/h. "C’est pourtant fréquent dans la Beauce, premier parc éolien de France !", observe M. Pouchin. "De mars à octobre, on vit un enfer !, poursuit-il. Les céréaliers déversent des herbicides, des insecticides, des fongicides, des hormones de croissance, des hormones de contrôle..."

En octobre 2008, Damien, son deuxième petit garçon, alors âgé de 3 ans, perd du poids, et les médecins diagnostiquent une hyperthyroïdie que M. Pouchin impute aux pesticides, considérés comme des perturbateurs endocriniens. "En guerre" contre cette pollution chimique, il lance des accusations dans la presse locale et reçoit des menaces de mort. Il s’estime pourtant légitimé dans son combat lorsque des "repentis" de l’agriculture intensive lui font part de leurs maladies et de leurs soupçons.

Agriculteur installé en Alsace, Patrick fait partie de ces "repentis". Il a toujours utilisé les pesticides parce qu’on lui a "appris à le faire à l’école", mais le regrette depuis qu’il a développé la maladie de Parkinson, à l’âge de 35 ans. "On nous disait que les pesticides n’étaient pas nocifs, alors on les pulvérisait en short et en chemise...
Un jour, un tuyau a éclaté et j’ai été douché aux désherbants à l’intérieur de la cabine de mon tracteur. J’ai dû être hospitalisé après une forte fièvre. Huit ans plus tard, les tremblements ont commencé. J’estime que j’ai été empoisonné, mais la Mutualité sociale agricole refuse d’établir un lien entre les deux événements et de reconnaître qu’il s’agit d’une maladie professionnelle
", explique-t-il. Patrick et Bertrand se sont retrouvés au sein du nouveau Réseau des victimes des pesticides.

Le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures réclame l’interdiction des pesticides en ville, dans les parcs, jardins et aires de jeux, "pour éviter que les enfants dont le ballon tombe sur la pelouse les touchent et les avalent". Il demande aussi l’instauration de zones tampons (cultures bio ou pâturages), entre les habitations et les lieux de pulvérisation. Et, "pour que la législation soit respectée, il faut qu’elle soit assortie de sanctions pénales dissuasives", insiste Mr. Veillerette. Il souhaite que le gouvernement saisisse l’opportunité de la transposition d’une directive européenne encadrant l’usage des produits phytosanitaires pour introduire ces dispositions.

Le Mouvement espère aussi venir en aide aux victimes professionnelles, en les aidant à faire reconnaître leurs maladies, "ce qui n’a été le cas que d’un ou deux agriculteurs pour l’instant", selon Mr. Veillerette. "De nombreuses études épidémiologiques montrent que l’exposition aux pesticides augmente les risques de cancers, de troubles de la reproduction et de maladies neuro-dégénératives", rappelle-t-il.

L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm) vient ainsi de confirmer, le 16 juin, qu’elle double le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs. "Nos adversaires répondent qu’on ne peut rien prouver, qu’on n’a jamais établi de lien de causalité entre l’exposition et la maladie, s’indigne Mr. Veillerette. Le fait de briser la loi du silence devrait les faire reculer." Comme cela a été le cas pour l’amiante.

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Risques accrus de Parkinson et de lymphomes

L’exposition aux pesticides double le risque de survenue de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs, selon les travaux menés par une équipe de chercheurs de l’Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (Inserm) et de l’université Pierre-et-Marie-Curie. Le risque augmente avec le nombre d’années d’exposition et il est principalement lié à l’usage d’insecticides, notamment de type organochloré. Une autre étude récente de l’Inserm montre que les agriculteurs exposés aux pesticides présentent des anomalies chromosomiques pouvant favoriser le développement d’un lymphome ou d’un cancer du système immunitaire. Dans le cas du lymphome, le processus de cancérisation débute par un échange de matériel génétique, ou translocation, entre les chromosomes 14 et 18. Or, le sang de 128 agriculteurs suivis par l’Inserm présentait une fréquence de cellules transloquées pouvant être jusqu’à 1 000 fois supérieure à la normale.

Sur le Web : pesticidescancer.eu

lemonde.fr

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Le MDRGF est attaqué, soutenez nous !

Après la publication d’analyses de résidus de pesticides dans des raisins vendus en supermarchés on nous fait aujourd’hui un procès pour nous faire taire, comme aux États Unis ou au Canada des entreprises intentent des "poursuites baïllons" contre leurs opposants depuis des années déjà !

Il est urgent de réagir ! C’est ce qu’on déjà fait plusieurs personnes regroupées dans une association de soutien : Ensemble pour les Générations Futures. Cette association a mis en ligne ce jour un site dédié au soutien au MDRGF : generations-futures.org

Sur leur site vous trouverez toutes les informations concernant ce procès et aussi comment faire pour nous soutenir. Vous y trouverez aussi les noms de ceux qui, de Jean Marie Pelt à Jacques Testard ou de Serge Orru à Pascal Husting ou Alain Bougrain Dubourg nous soutiennent déjà. Rejoignez les vite et signez et faites signer l’Appel à soutien sur le site.
L’ appel à soutien au MDRGF a reçu plus de 10 000 signatures en quelques jours !

Vous pouvez aussi signer la cyberaction sur la liberté d’expression à l’adresse : cyberacteurs.org

Vous pouvez aussi nous soutenir en adhérant ou en donnant au MDRGF. Renvoyez le bon d’adhésion ci dessous dès maintenant ou allez vite à la page soutien de notre site : mdrgf.org


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