G8 à L’Aquila : la dernière berlusconnerie

lundi 13 juillet 2009
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Par Roberto Ferrario

Huit ans ont passés depuis le tragique assassinat de Carlo Giuliani dans une manifestation contre le G8 à Gênes.
Non seulement, il a été tué à coup de pistolet, mais encore, la jeep des assassins eux-mêmes a, elle, roulé sur son corps, au moins deux fois.
Qui fut blessé alors fut également "enlevé" à l’hôpital et, ainsi que d’autres jeunes manifestants arrêtés, transférés à la caserne de Bolzaneto où ils furent torturés psychologiquement et physiquement.
Les condamnations des auteurs de ces actes furent légères voire, nulles.
Le gouvernement a mis sous pression les magistrats et est même arrivé à étouffer les faits, pour aller jusqu’à donner des promotions aux principaux responsables !

Ce sont les mêmes policiers et carabiniers qui, pour célèbrer cet anniversaire, sans doute, et d’une certaine manière, se venger de l’affront fait dans ce processus, se sont livré à des vagues d’arrestations "préventives" dans les jours qui ont précédé le sommet du "G8" à l’Aquila - près d’une centaine d’arrestations, dont il est vrai, beaucoup ont déjà été libérés à l’heure où j’écris, mais, bien sûr, après l’ouverture du "sommet".

Penser que tout ceci serait une opération autonome des forces de l’ordre serait d’une stupidité enfantine, car clairement tout ceci a été décidé, comme en 2001, dans les ministères romains par les plus hauts dirigeants de l’État italien, autant par le président de la chambre de style néo-fasciste Gianfranco Fini (grand supporter de Sarkozy) que par les fascistes de la populiste Ligue du Nord et que par tous les anciens chrétiens-démocrates qui ont, une fois encore, approuvé la politique liberticide de Berlusconi.

Le choix de faire ce sommet à L’Aquila, ville dévastée par un énorme tremblement de terre, (qui s’est manifesté encore une fois il y a six jours par une secousse qui a réveillé la terreur de milliers de gens qui ont déjà tout perdu et vivent sous des tentes des mois après le tremblement de terre initial), ce choix qui nous rappelle aussi la phrase mémorable de Berlusconi qui avait plaisanté que "prendre ça comme un week-end de camping" et que c’était "bon pour la santé", et ce choix sonne comme un énième "foutage de gueule" du Premier Ministre.

Il faut se souvenir aussi que quelques jours avant, à Viareggio, lors d’un accident ferroviaire, l’explosion d’un wagon contenant du gaz liquide avait causé la mort de 23 personnes à ce jour (on cherche encore les derniers corps)... Dans un rayon de 300 m, tout, maison, arbres, animaux et personnes, tout a brûlé, et cela, en raison d’une restriction budgétaire sur la sécurité de l’infrastructure ferroviaire, (l’enfer des privatisations) décidée par ce même gouvernement Berlusconi.

Et lors de cet accident, le premier jour de cette catastrophe, notre "cher Berlu", plutôt que d’aller rendre visite aux survivants et de consoler les parents des victimes, qu’a-t-il fait ? Et bien, il a préféré se rendre à une réception donnée en l’honneur des (je cite) "meilleurs napolitains du monde", où il s’est fait prendre en photo en train de s’amuser et de danser avec une des participantes (très "avenante") de cette fête...

Quand il se rendit finalement sur les lieux de l’accident, vous imaginez bien qu’il se fit huer et siffler aux cris de "dégage", "quelle honte, t’as rien à faire ici"... par une foule très en colère.

À L’Aquila, rien n’est fait, rien n’a bougé, les gravats sont toujours là, personne n’a déblayé les routes ni démoli les ruines, ni commencé à reconstruire les maisons.
Pour le moment les habitants commencent à se demander comment ils vont pouvoir passer l’hiver, extrêmement dur dans cette région, sous les tentes. La lenteur de la reconstruction d’un lieu sinistré par un tremblement de terre est, en effet, en Italie, de notoriété publique.

Dans les villes de la Sicile qui ont subi un tremblement de terre dans les années cinquante, il y a encore des familles qui vivent dans les pré-fabriqués de l’époque.
Mais, "miracle à l’italienne", un parcours guidé et soigneusement fléché, digne des meilleures dictatures du 20ème siècle, a été organisé pour les "responsables" mondiaux de l’économie capitaliste à l’intérieur de cette ville.
"Naturellement", quelques centaines d’ouvriers se sont déchaînés dans les derniers jours pour mettre en sécurité le parcours téléguidé.

La route a été déblayée des gravats, poussés plus loin, les maisons ont été étayées, bref, une belle parodie dans le style "Cinecittà", tout étant mis en œuvre pour, à la fois, impressionner les visiteurs devant les ravages du tremblement de terre et également, pour faire voir comme le gouvernement italien aide bien ses concitoyens.

La parodie continue même pendant le "sommet", où Berlusconi (et sa perruque ridicule) se contorsionne dans d’infinies justifications de l’importance de maintenir le G8, quand la Chine a déjà quitté les lieux et que d’autres "G" (12, 20 ...) sont bien plus à la mode.

On dirait que mêmes les sept autres nations doivent se soumettre à la fameuse "anomalie italienne" lors de ce sommet irréaliste...

Alors, si on imaginait que le prochain G8 aura lieu sur l’Ile de Lampedusa, où les représentants des pays du G8, pourront admirer la beauté de la plus grande prison à ciel ouvert italienne ?...

bellaciao.org


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