Clearstream : les pièces qui embarassent Villepin

de Manon
mardi 18 septembre 2007
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par Xavier Monnier

Tout beau et tout bronzé à la sortie d’un été fort ensoleillé pour lui – voyage à Tahiti entre sa perquisition et son audition – l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin pète la forme. Sa mise en pli s’est trimballée de la télé à la radio jusqu’à la presse écrite. Une tournée de Matamore où « apocalypse Doumé » s’est permis de critiquer son « non-rival » Nicolas Sarkozy tant dans sa politique que dans son utilisation du dossier Clearstream.

Mais comme l’a déjà annoncé Bakchich vendredi dernier, la fanfaronnade risque de tomber à plat dès demain. Et le sieur Galouzeau de se retrouver Gros jean comme devant.

Les juges D’Huy et Pons, en charge du dossier Clearstream, ont convoqué le mis en examen Villepin pour un petit tête-à-tête afin d’éclaircir son rôle dans la manipulation. « Zig et Puce », le doux surnom des magistrats, ont de quoi dégonfler son mitron.

D’abord en le confrontant aux sympathiques témoignages de ses « amis » le Général Phillippe « OSS117 » Rondot et Jean-Louis « Corbeau » Gergorin, de juin et juillet dernier.

Un peu marris d’être pris pour des dindons, les deux hommes de confiance de Villepin ont commencé à charger le beau Dominique. Missionné par le suspect Galouzeau pour vérifier la véracité des listes de compte Clearstream, le maître espion Rondot et ses célèbres carnets de note ont ingénument tuyauté les enquêteurs... Dialogue à peine inventé :

« OSS 117 : Ah bon vous cherchez des notes que M. De Villepin m’a demandé de détruire parce qu’elles montrent son implication dans la magouille ? Zig et puce : Ben oui OSS 117 : mais vous avez mon ordinateur, elles y sont encore Zig et Puce : Bien aimable. Mais diable vous ne les avez pas effacés ! OSS 117 : à mon âge, on a des trous de mémoire et puis la micro informatique et moi ça fait deux.. »

Tout aussi charitable avec son pote Villepin, Jean-Louis Gergorin, également mis en examen pour dénonciation calomnieuse, s’est décidé à partager le chapeau. Trop grand pour lui le galure : l’ancien patron d’EADS, selon toute vraisemblance, a tout juste joué le rôle de postier en transmettant les faux-listings à la justice.

Ô surprise, l’ami « Gergo » a assuré devant les juges avoir agi sur instruction du « mousquetaire » Villepin, lui-même actionné par Jacques Chirac. Plus vexant, le bon Jean-Louis s’est même amusé à décrire les infinies précautions prises lors de ses rendez-vous avec les membres du cabinet du ministre ou le ministre lui-même, comme la musique de fond pour empêcher les écoutes…

De fâcheuses mises en cause qui s’ajoutent au rôle fort trouble jouée par la Direction de surveillance du territoire (DST) dans la carambouille.

Tous les pontes du service auditionnés par les juges s’entendent sur un élément. « Il n’y a pas eu d’enquêtes sur le dossier Clearstream ». Une assertion assez troublante. Bon nombres de notes émanant de la rue Nélaton (alors siège du service) ont été découvertes et pour une partie d’entre elles déclassifiées. Des notes, notamment celle datées du 1er septembre 9 décembre 2004, cible même des manipulateurs possibles au rang des possibles manipulateurs. « Oui mais ce ne sont pas des notes d’enquêtes, seulement des remontées de sources spontanées », se défend un commissaire de la DST. La méthode paraît inhabituelle dans la maison : des notes tapées sur de simples rumeurs et que les flics n’essaient pas de vérifier… Léger pour un service de contre-espionnage. D’autant que ces notes ne passent pas entre toutes les mains et suivent un parcours très particulier. Un trajet éclair de leur rédacteur vers le patron du service, sans aucun autre contrôle.

Avidement consultées par Bakchich, les auditions des pontes de la DST attestent du bordel dans lequel l’affaire a plongé l’honorable administration, et dessinent un rocambolesque scénario.

Entre fin 2004 et début 2005, la fausseté des listings ne fait plus de doute. Panique dans les rangs : il faut trouver des coupables, voire en fabriquer si besoin est. Le patron chiraquien de la DST et ses affidés, dont un très souterrain commissaire, pondent note sur note, aussitôt déclassifiées, accusant à peu près tous les cabinets d’intelligence économique d’être à l’origine du bidouillage. Des vrai-faux !

Le canal offciel service, lui, réalise aussi des documents, mais eux « classifiés » et donc non consultables, qui remontent assez facilement jusqu’à la source de l’entourloupe, l’axe Villepin-Gergorin.

Comble de malchance, il semble que les notes découvertes dans les appartements de l’ancien Premier ministre, et alors inconnues des juges, obéissent à cette savante distinction entre création de faux-coupables et instigateurs de la carambouille.

Avec l’arrivée de Sarko à l’Élysée et de ses hommes à l’Intérieur, les deux juges d’Huy et Pons, ont pu –enfin ! – déclassifier ces précieux documents. Saine lecture dans le cabinet des juges pour Dominique.

Depuis règne à la DST une ambiance mortuaire, qui pourrait bien contaminer l’ancien Premier ministre au soir du 13 septembre.

Source : bakchich.info


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